18.11.2011
Habillée d'une robe de tafta, Anne
Habillée d’une robe de tafta et d’un collier de perle, je m’en vais nourrir les poules.
Parée de mes cheveux blancs de vieille dame, de mon sourire d’enfant et de ma baguette magique en forme de cuillère, je m’amuse à nourrir le monde de perle de sagesse.
Car oui
je suis une femme sage,
une chamane des temps nouveau…qui le vaut bien !
une sorcière à talon,
une cocotte parmi les poulettes.
J’aime mes cheveux blancs témoins de temps passés, des expériences acquises, des épreuves surmontées.
J’aime mon sourire enfantin, témoin de la beauté inaliénable de mon âme lumineuse.
Quel panache d’être grand mère !
Je peux tout me permettre maintenant que je n’ai plus rien à prouver…à me prouver.
Je suis une vieille femme. J’ai tellement vécu de vie. J’ai rencontrée tellement d’épreuve et de joie, que aujourd’hui, au seuil du grand passage, j’ose la dérision, la liberté et l’innocence.
Je n’ai qu’à vivre, rire et danser.
Je m’affranchie des codes, ose le décalage, écoute la pulsion de vie en moi.
Je suis une femme libre.
Paris, 25 septembre 2011
15:53
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13.11.2011
Pour V., Marc
Pour l’anniversaire de V.
Je suis, cheminant,
Dans la lumière de mes 60 ans,
Majesté debout,
Allant sans trêve,
Tenace et fière.
C’est l’Homme que je cherche,
Dans sa splendeur et sa richesse.
Tel un aimant, j’attire,
Les chercheurs de sens et les désemparés de la vie.
L’excellence est ma vision,
Pour l’Homme, debout, qui vient.
Le 9 novembre 2011
17:54
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Combats, Marc
Combats
Tonnerres de dieux,
Flots écumants,
Rochers abrupts,
Tourbillons aspirants,
Lointaine est l’île où reposer mon âme.
Fils de Neptune,
Lesté de mon poids d’Homme,
J’affronte en hurlant,
Ces tempêtes vengeresses.
Qui pourra me noyer ?
Qui pourra me vaincre ?
De tous les combats, je sortirais vainqueur,
Je le sais, je le sens.
Je suis l’Elément dans les éléments déchainés,
Je suis le gardien de la sérénité,
L’intériorité est mon épée et mon refuge,
En l’Amour seul mon âme se repose.
Le 9 novembre 2011.
17:51
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08.10.2011
Dans la nuit noire, Marie
Dans la nuit noire, je danse mes songes,
Tourmente mes draps, disperse mes atours,
Gesticule mes élans, trouble mes mémoires
Et reformate le disque dur de mon cerveau.
Saute en l’air allongée, je martèle l’obscurité
De la pointe de mes pieds aériens
Au bout de mes ongles griffus et préhensibles.
Au théâtre de mon inconscient,
Je suis l’acrobate aux milles prouesses
Pour dire par mes mouvements libres et déliés
Ce que je tais à la lumière du jour.
Je suis l’esprit des grands sauts,
La puissance d’évocation d’un corps tout entier propulsé,
Langage visuel d’un passé revisité.
Fille de Cendrillon, je mute le labeur en fête,
L’opprobre en dignité, les guenilles en nudité kayapos.
En moi alterne la lutte contre les fantômes pervers
Et la manifestation glorieuse de la lumière de mon être.
Je suis l’athanor divin où fondent les plombs de mon destin
Et s’élaborent les ors de ma destinée.
Humble et hautaine, je suis l’émergence de vérités universelles
Qui se donnent par le chenal du je, en toute humilité.
Je suis un manifeste à la gloire de la Création
Et de l’inépuisable résilience qui de chaque humain
Fait un quêteur d’essentiel.
Je danse et je joue, je fête et je jubile
Donnant à mes jours l’audace de mes nuits.
Marie
Lille 28 septembre 2011
17:40
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Je suis tourbillon d'écume, Bénédicte
Je suis tourbillon d’écume et volutes neigeuses,
Je suis mouvement puissant qui brasse et façonne,
Je suis repli, je suis ressac, je suis tumulte,
Je suis élan indomptable et sauvage,
Je suis force galvanisée, je suis lame de fond,
J’envahis, j’engloutis, j’éclabousse,
je suis secousse sismique qui se cogne aux montagnes,
je suis montagne stable et inaltérable,
je suis granit, je suis marbre, je suis solide,
mes flancs accueillent les flots déchainés sans frémir,
je suis arrête, je suis ravin, je suis tranchant,
je suis alliance du tranchant et du fougueux,
je m’éclate contre l’obstacle en ballet somptueux,
je suis blancheur éclatante et bleu profond,
je suis perspective large et apaisée,
je suis grands espaces ouverts sur l’horizon,
je suis nuée d’oiseaux volant en escadrilles,
je suis lumière immaculée,
je suis beauté époustouflante de la nature sauvage,
je suis tourbillon paroxystique vers un gouffre intérieur,
je suis mystère, je suis élément inspiré,
je suis fureur assourdissante et silence habité,
je suis la vie.
Bénédicte, Lille 28 septembre 2011
17:38
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Je suis un animal au poil doux, Céline
Je suis un animal au poil doux, tout en fouillis.
J'ai la tendresse sauvage.
Je peux être un refuge si on m'approche doucement.
Je ne veux pas qu'on m'attache.
Je ne suis à personne.
Je suis un animal blessé et je vous regarde attentivement.
Je regarde intensément.
Il y a de la tristesse dans mes yeux.
Il y a aussi de la douceur.
Je sais les blessures de chacun.
Je ne veux aucun mal.
Et je porte toujours un sourire.
Un sourire léger, bienveillant.
Je ne suis pas d'élevage.
Je suis lama des montagnes.
Je suis libre d'aller et venir.
J'épouse les saisons, les reliefs, les absences.
Je suis seul maître à bord dans ma vie d'aventure.
Je suis animal modeste mais j'ai le coeur fauve et je tiens bon, toujours.
Je suis seul souvent.
Je suis un peu farouche.
Et pourtant j'aime qu'on m'approche, qu'on me touche, qu'on m'encourage, qu'on me bouscule gentiment.
Je suis noble et plein de force en dedans.
Personne ne le sait, ne le reconnaît.
Mais moi, je suis droit, je me tiens debout, la tête dressée vers les airs, les oreilles aux aguets.
Et je vous regarde très fort.
Et je me nourris de vous.
Je suis le lama d'élevage qui s'est sauvé. A cassé la clôture, les entraves.
Je suis le lama blessé qui cherche en marchant à retrouver sa dignité.
Je suis digne et doux.
Je suis sauvage et farouche.
Je suis simple et humble.
Je suis là. Près de vous.
Je suis présent.
En secret, je veille sur vous.
Par mon sourire, mon regard et mon poil doux.
Céline, Lille 28 septembre 2011
17:36
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Je suis seule au monde, Bénédicte
Je suis seule au monde dans la pénombre étoilée,
Je suis face au rien, au désert, à l’inhabité,
Alors seule dans ce néant,
Je me redresse sur mon séant,
Et dans une attitude de parfaite rectitude,
Je m’installe en toute quiétude,
Et le nez en l’air en équilibre,
Je jongle avec la terre promise,
Je l’ausculte, l’observe, la retourne,
Fascinée de comprendre comment elle tourne,
Comment elle prend la lumière,
Si elle va en avant ou en arrière,
Et miracle, j’atteins ce point de stabilité,
Où d’un coup, tout me semble parfait !
Plus un souffle, plus un bruit, plus rien ne bouge,
Mon esprit se calme, s’apaise, s’unifie,
Et ce qui, il y a peu, me paraissait vide
Devient monde de grâce, de beauté et de vie.
Et moi, animal à quatre pattes, longues oreilles, fourrure blanche,
J’ai muté en pilier du monde comme par jeu,
attirant la lumière et le silence
dans une posture de sublime élégance,
honorant le monde tel qu’il est,
là où je suis, avec ce que j’ai !
Lille 28/9/11. Bénédicte
17:34
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Je suis le retour aux sources, Céline
je suis le retour aux sources
la pierre sèche, le lézard au soleil
qui apparaît-disparaît
je suis la fontaine de jouvence,
jeunesse éternelle,
celle qui garde le jus de l'enfance,
protège l'insouciance
je suis la fontaine inespérée
je suis l'eau au coeur du village assoiffé
je suis l'eau : fraîche, pure, généreuse
je suis le miracle attendu
l'oasis impromptue
je suis la source de joie
profonde où qui veut peut puiser
j'abonde
je suis le sourire rendu
le plaisir retrouvé
je suis la promesse ardente
d'un après-midi d'été
je suis partages, rires, éclaboussures
fous rires
je suis bonheur tout entier
je suis grâce
je suis source divine
je suis bénie des dieux
je suis noyau au coeur du village
je bats la mesure de chaque vie
je suis l'essentiel
je suis le pouls qui bat
je tends toujours mes bras
je suis ventre gonflé
je donne nourritures terrestres et célestes
je ne laisse personne assoiffé
abandonné
je suis plaisir sensuel absolu
par chaleur de mois d'août
je suis celle qu'on ne croyait plus
je suis promesse tenue
je suis la cascade qui palpite
je suis le ruisseau qui gargouille
je suis la rivière au repos
je suis la fontaine du village
je suis le village tout entier
je suis chaque porte, chaque fenêtre, chaque maison
je suis toutes les pierres, taillées, usées, touchées
je suis toutes les traces des ancêtres
je suis l'ombre et le soleil
je suis le ciel bleu sans nuages
je suis le mur blanc bombardé de soleil
je suis l'homme qui se repose derrière les volets clos
je suis le silence bienveillant
je suis la transparence,
l'inaudible
je suis le subtil
je suis le talent à naître
je suis la beauté à déposer
je suis la joie à transmettre
Céline, Lille 28 septembre
17:32
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Je suis une drôle de tête, Bénédicte
Je suis une drôle de tête comme une bouche ouverte,
Je suis cette béance, cet appel, ce cri,
Je suis grande ouverte pour aspirer à fond
Le souffle de la vie qui nourrit mes cellules.
Je suis poterie bleue, œuvre d’art unique,
Je suis bizarre, étonnante, excentrique,
Je suis stable et au sol bien calée,
Je me pose comme un triangle sacré,
M’offre au regard dans ma bizarrerie,
Simple, nature,sans forfanterie,
Je suis regard perçant, oreille percée, oreille cassée,
La vie de coups ne m’a pas épargnée,
Et ma couleur au soleil est passée ;
Dans ces aspérités , je trouve beauté, unicité,
D’objet bizarre, je deviens trésor,
Qui me projette dans un monde à part,
Où je trouve des dimensions nourricières,
Sans rien faire !
Lille, 28/9/11. Bénédicte
17:29
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Je suis entrée dans l'outre-mer, Céline
Je suis entrée dans l'outre-mer
J'ai ouvert grand ma gueule et avalé tout ce que j'ai pu de sels, de bleu, de force
Je suis devenue un monstre géant, un pied sur chaque continent
Mon corps est suspendu au-dessus de l'Atlantique
Je suis tout et rien
Je suis une mythologie nouvelle
Fille d'Europe et d'Amérique
Je charge les bateaux d'amertume
Je souffle le désordre
et malmène la mer étale
Créature légendaire encore méconnue
Je cherche le point d'équilibre
où plus rien ne comptera que le bleu
Quand je suis seule, je ferme les yeux
J'attends mon heure comme les anciens ont attendu l'âge d'or
Ce jour-là, les dieux m'accueilleront sur l'Olympe
Je n'aurai plus à chercher ma place
Je connaîtrai mon rôle
Je le jouerai corps et âme
Mi-dieu, mi-femme
Dans un équilibre parfait
Je rendrai les armes
et serai en paix.
Céline
Lille, 28 septembre 2011
17:26
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10.09.2011
Je suis le tissu protecteur - Jenny, juillet
Je suis le tissu protecteur,
Ouverture d’or.
Je suis l’ampleur du coeur dans le monde,
La route d’ici à là-bas
Qui emmène au loin.
Je suis la montagne haut-perchée,
La pente du monde.
Le ruban sacré qui entoure l’autel,
L’auberge qui acceuille le pélerin
Au soir de sa marche,
L’événement qui s’offre, à l’aube d’un nouveau jour,
Le compagnon de voyage,
A l’aller comme au retour.
Je suis le roi du matin,
Le chevalier de la nuit,
Je réunis les opposés.
Je suis l’âge de la terre
Et la fraîcheur de la matière nouvelle.
Je me donne sans compter,
Je porte sans peiner,
La récolte du jour.
12:46
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Je suis une montagne - Jenny, juillet
Je suis une montagne trempée de couleur.
Une couleur qui transparaït selon l’humeur, selon l’odeur du jour.
Je suis l’immensité de l’Unique
Qui s’insère dans la matière qu’elle trouve.
Je suis l’œil de la Vigilance,
Le brillant de l’intelligence
Qui se pose comme un papillon d’un jour.
Je suis l’accident de parcours
Qui restaure le hasard au centre.
Je suis la richesse du fond,
La banalité de la surface,
La perfection de l’audace
De moi.
Je suis la rupture du rythme
Qui éclaire la faille
Qui révèle le désir d’abandon.
Je suis la jonction, la frontière, la réalité d’aujourd’hui qui contient la lumière de demain.
Je suis la peau de la fleur
La surface de la glace… du miroir qui révèle mon visage.
Je suis la profusion du vert,
La vertige du solitaire,
Le rassemblement des morceaux du tout.
Je suis la fée ET la reine, et le dragon, dont la dégaine fait rire.
Je suis une femme du moment, femme de mon temps,
Femme de toujours, de toutes les tentatives, de toutes les aventures.
Je suis Une.
12:44
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Sans tête ni queue - Jenny, juillet
Sans tête ni queue,
Je poursuis ma route.
La loi me traverse, me connaît, me chamboule.
Je tends verd le haut, je plonge vers le bas,
Je me baigne de lumière.
Je me teins de toutes les couleurs, pour en sortir, les cheveux gris perle.
Je suis l’indifferencié du nacré de la mer,
L’indescriptible d’une vie.
Je suis l’envers de moi-même qui se cache sous mes pieds,
L’autre côté du mur.
Je suis le renversement, le retournement, le bouleversement, le soulèvement populaire.
Je suis le coeur qui se lève pour faire entrer l’émotion,
Pour la fêter, la guêtter, lui faire une place d’honneur.
Je suis la suspension de la matière dans les eaux nourricières du mouvement,
Et la suspension du mouvement,
Lorsqu’il n’y a plus de chemin.
Je suis l’attente, et l’absence de tout mouvement,
Lorsque le moment suivant n’est pas encore,
Et le moment passé n’est déjà plus.
Je suis entre chien et loup.
Je suis le sommet de l’insaissisable
Au tréfonds des bas fonds de l’inconnu.
Je suis la perle noire qui brille la nuit
Et le joyau transparent qui dévoile la vie dans toute sa splendeur.
Je suis l’autre côté de mon miroir,
La plongée dans les zones de danger,
L’expérience limite
Qui me complète.
12:29
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Je suis le grain de sable - Jenny, 18 juillet
Je suis le grain de sable sous le pied de l’enfant,
Le caillou dans la chaussure de la vie.
Je suis le sérieux,
Serré dans mon costume,
Et le rire qui chatouille par derrière.
Je suis celui qui avance sans savoir
Et celui qui parle.
Je suis l’écoute hésitante,
L’apprentissage de la parole ouverte.
Je suis le passage entre bouche, oreille et nez,
Qui sait me montrer le chemin.
Je suis la promenade du dimanche
Qui se glisse vers lundi
Dans l’espoir de se réaliser aujourd’hui.
Je suis le courage d’y aller,
De passer le cap d’hier vers demain,
De m’éloigner, pour revenir au centre.
Je suis l’étonnement du toucher sans regarder,
Et l’amour du pied pour le sol,
La joie de l’oiseau, en vol
Vers son arbre.
Je suis le fruit de l’arbre qui respire sous la pluie,
Qui s’étire dans le matin frémissant.
Je suis le frémissement de l’arbre qui résistera à l’ennui, à la frayeur
pour s’abandonner aux aléas de la vie.
Je suis l’exemple du noir, le cadre du devoir,
L’ombre de l’avenir inouïe.
Je suis la tête levée vers le nouveau,
La main tendue vers autrui.
Je suis le noir, le gris, le blanc, la naissance de la couleur.
Je suis l’éternité de l’humanité qui se dessine dans mes yeux.
Je suis l’espoir de voir,
La finesse du regard d’aujourd’hui.
12:24
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Je suis la malhabile - Lara
Je suis la malhabile
Celle qui est
Sans être utile
Futile
Mes racines sont marquées
Du sceau de la révolte
Mes ongles sont écorchés
Sans fard ni vernis
Je suis
En vie
Envie de légèreté
Frivolités
Féminité fleurie, épanouie
Ma paume quémande
La clémence du ciel
Ma paume vibre
Et mon cœur et mon ventre
Une lumière chaude efface toute souillure
Grand-mère, mère et arrière grand-mère
Reposez en paix
Il est temps de fêter la légèreté retrouvée
10:39
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Je suis l'indicible - Lara
Je suis l'indicible
L'horreur absolue
La souillure taboue
Je suis le fruit pourri de cet arbre malade
J'accouche du cri des ces femmes muselées honteuses galeuses
Je suis là
Et je dis
La fleur à peine éclose et bafouée
Je dis l'indicible
Je suis un titan qui fracasse les chaînes de ce putride silence
Je suis le torrent de larmes
Je suis une rumeur sourde et puissante
J'arrache tout sur mon passage
Rien ne me résiste
Je purifie chaque cellule des femmes souillées
Les cœurs chantent une mélopée
Je suis en paix
De mon cœur pousse un souffle d'or
Le souffle lent et chaud monte en sinuant
De mon cœur dans le bleu de la nuit
Et touche une étoile
Je suis le frisson de joie
Je suis le cœur qui s'emballe et saute à tout rompre
Je sors de ma cage
Je bondis
L'herbe sous mes pieds
Je suis aspirée en apesanteur
Doucement
Une étoile caresse ma tête
Descente
Légère
D'une bulle
Mon ventre
touche l'herbe
Je suis le souffle divin
10:36
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Je suis la clé des plaisirs des dieux - Lara (Suisse)
Je suis la clé des plaisirs des Dieux
Du bout de mes lèvres charnues
J'aspire avec délicatesse
La corolle humide et gluante
Ma langue souple et large
Accueille et promène la divine bouchée
Contre la voûte céleste de mon palais
Illuminée de milliers de Papilles émoustillées
Mes dents éclosent la bouchée
Le goût explose en mon antre magique
Mes glandes salivent à grands torrents
Bouchée et bouche
Se fondent
Un frisson mélodieux grimpe de mon échine jusqu'à mon âme.
10:13
Écrit par Marie Milis
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Je suis la clé des plaisirs des dieux, Lara
Je suis la clé des plaisirs des Dieux
Du bout de mes lèvres charnues
J'aspire avec délicatesse
La corolle humide et gluante
Ma langue souple et large
Accueille et promène la divine bouchée
Contre la voûte céleste de mon palais
Illuminée de milliers de Papilles émoustillées
Mes dents éclosent la bouchée
Le goût explose en mon antre magique
Mes glandes salivent à grands torrents
Bouchée et bouche
Se fondent
Un frisson mélodieux grimpe de mon échine jusqu'à mon âme.
Lara (Suisse, 3 septembre 2011)
10:11
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28.08.2011
Application de l'autolouange durant mes stages, Laurence Moniotte
Durant mes stages, j’ai eu l’occasion d’expérimenter l’autolouange avec des élèves d’écoles très différentes. En effet, ma première expérience se déroula dans une école réputée et dite élitiste. J’avais plusieurs classes de premières et deuxièmes secondaires générales, dont une classe où cela m’intéressait plus particulièrement d’expérimenter l’autolouange. Cette classe était une première année secondaire constituée uniquement d’élèves doubleurs. Au sein de l’école, elle était réputée faible et très remuante. D’ailleurs, l’enseignante responsable accepta de me donner cette classe uniquement pour mon activité d’estime de soi.
Dès que je pris contact avec ces élèves durant des heures d’observation, je compris très vite qu’ils étaient en totale démotivation et dévalorisation d’eux-mêmes pour la simple et bonne raison que pour tous les enseignants c’était la classe des « mauvais élèves » dans tout le sens du terme. Sans doute, avaient-ils contribué à cette image. Je suis donc arrivée dans cette classe avec mon activité, ma surprise fut qu’ils étaient très attentifs (contrairement à leur habitude) et très curieux et avides de savoir en quoi cela consistait.
La présentation que j’ai faite de l’activité était assez simple. J’ai écrit au tableau des pistes possibles dont ils pouvaient s’inspirer pour écrire leur autolouange (famille, surnoms, origines, événements…). Dans un premier temps, j’ai pris le mot autolouange et je leur ai demandé à quoi cela leur faisait penser. Très vite, j’ai eu les réponses attendues à savoir faire une louange de soi.
Je leur ai expliqué qu’il s’agissait de parler d’eux en « sortant la grand-voile », en amplifiant leurs qualités, leurs dons, pas pour se mettre en avant, mais retoucher à ce que nous sommes vraiment en chacun de nous. Au début, ils ont eu une réaction un peu réticente, ils avaient l’impression que je leur demandais de se vanter et, effectivement, dans notre culture, ce n’est pas bien vu. Ils avaient également très peur de parler d’eux-mêmes, de se dévoiler et de devoir lire devant toute la classe.
Très vite, j’ai calmé leurs craintes en invitant leur enseignante à faire le même exercice, en leur montrant que moi-même je me prêtais au jeu et surtout qu’il s’agissait de lire et d’écouter dans un très grand respect. J’ai donc instauré une sorte de contrat éthique, comme vu dans la partie théorique, qui permettait à chacun de se sentir respecté et sécurisé. Pour ce faire, j’ai simplement expliqué « les règles de jeux » avant de nous lancer dans l’écriture. Je leur ai également expliqué qu’il ne s’agissait en aucun cas de se vanter, mais plutôt d’aller chercher l’or qui est caché en chacun de nous. Je leur confiais que j’étais certaine qu’il y en avait en chacun d’eux.
Petit à petit, chacun se prêta au jeu et finit par contagion (comme l’avait expliqué Marie Milis dans son ouvrage) à écrire son autolouange. Quelques fois, les élèves venaient me voir en me demandant de lire et de leur dire si c’était bien cela que j’attendais. C’est une très grande preuve de confiance de leur part sachant que je n’étais que stagiaire et que je ne passais que quelques heures avec eux. Je les rassurai donc et parfois je les invitais à exagérer beaucoup plus, car cela ressemblait trop à un simple portrait qu’à une autolouange. Durant l’activité, les élèves ont respecté la lecture de chaque texte, même si j’ai dû à quelques occasions rappeler à l’ordre l’un ou l’autre.
Au final, j’obtins de chacun une autolouange et chaque élève lut son texte, ainsi que l’enseignante et moi-même à la fin. Les réactions furent fabuleuses. Chacun était surpris de la beauté de ce qu’il avait écrit (même l’enseignante) et curieux de découvrir les autres sous un nouvel angle.
Ce petit groupe d’élèves qui avait été très divisé par diverses tensions forma une véritable cohésion. Leur évaluation de l’activité démontra d’ailleurs ce fait et l’enseignante me confia avoir changé l’image qu’elle avait d’eux.
Pour ma première expérience, j’avais été vraiment touchée par cette classe et ses élèves qui étaient en grande difficulté scolaire et relationnelle. J’avais senti que cette classe était l’endroit rêvé pour tester l’autolouange. Ces élèves qui n’avaient plus aucune estime d’eux-mêmes à cause de leurs multiples échecs avaient enfin retrouvé un peu de motivation et d’estime. Malgré le peu d’heures que j’ai passées dans cette classe, j’ai senti que j’ai eu un rapport privilégié de confiance avec chacun des élèves.
J’ai retenté l’expérience de l’autolouange dans une école où les sections professionnelles, techniques de qualification, techniques de transition et générales se mélangeaient. Durant ce stage, j’ai eu des classes de premières et deuxièmes secondaires générales et des quatrièmes professionnelles. J’ai pu alors comparer les classes qui se mettaient plus facilement à l’écriture et celles qui émettaient plus de réserves. Mes classes de premières et de deuxièmes se mettaient plus vite au travail, mais avaient plus tendance à faire le strict minimum alors que ma classe de quatrième professionnelle avait plus de réticences, mais lorsque ces élèves se sont livrés à l’exercice, ils ont écrit de très belles choses.
Les réactions fréquentes que j’ai pu avoir étaient souvent liées à l’évaluation : est-ce que l’exercice va être côté, est-ce que l’orthographe compte ? Je ne fus pas vraiment étonnée de ces réactions. Le système scolaire pousse les élèves à la course aux points, et souvent les parents aussi ne s’intéressent qu’à cela. Ce fut l’occasion pour moi de leur rappeler que les points avaient une valeur indicative dans leur parcours scolaire, que c’était une manière de se situer dans leur développement cognitif, mais que ce n’est pas une finalité en soi. Je leur ai également expliqué que l’activité n’était pas évaluée et que le but n’était pas vraiment scolaire. De cette manière, je leur permets de laisser libre court à leur imagination, ils peuvent écrire ce qu’ils désirent du moment qu’ils respectent la consigne de l’amplification du « je ».
Bien sûr, certains élèves ont vu l’absence d’évaluation, comme un « repos », il a fallu que je les pousse plus à se lancer dans l’écriture.
L’autolouange m’a permis d’avoir un autre contact avec mes élèves, j’ai gagné leur confiance et leur respect en peu de temps. J’ai d’ailleurs gardé des contacts avec quelques-uns de ces élèves. Au sein des groupes classes, les rapports était beaucoup plus sains et agréables. Je me suis évidemment frottée à une classe plus réticente que prévu. J’ai alors amené au cours suivant la signification de chacun des prénoms des élèves en y ajoutant une phrase de louange que j’avais écrite moi-même sur chacun d’entre eux. L’effet fut très positif, les élèves ont eu beaucoup plus de facilités à se lancer dans l’écriture et ont gardé ma phrase comme un joyau sur la feuille.
Évaluation de l’activité d’autolouange
Évaluation de la classe de première générale composée uniquement d’élèves doubleurs dans une école dite « élitiste »
J’ai aimé cet exercice parce que :
- cela fait du bien de parler devant les autres
- on peut livrer tout ce qu’on pense sur le papier sans jamais s’arrêter
- cela nous a permis de développer notre imagination
- grâce à celui-ci, on peut se remonter le moral
- cela nous fait réfléchir sur nos points positifs
- c’était un exercice très chouette et on pouvait partager des choses ensemble
- il m’a permis de découvrir que je n’avais pas que des défauts
- cela nous a fait réfléchir à ce que l’on pensait dans notre tête
- cela nous a permis de nous exprimer et de mieux nous connaître
- on comprend mieux les gens
- comme cela, on peut se connaître
- on a pu dire ce qu’on avait sur le cœur, nos malheurs et nos bonheurs
- parce que les poèmes je les adore, j’aime les mots
Je n’ai pas aimé cet exercice parce que :
- il faut lire notre autolouange devant la classe et parfois on a un texte qui est difficile à comprendre et qui peut être interprété autrement
- cela en dit beaucoup sur notre vie (mais j’ai aimé)
- mon autolouange ne ressemblait à rien
- on devait passer devant la classe
J’ai découvert :
- que sous le sourire des autres, on ressent leurs douleurs, leurs peines et que dans la vie de chacun, il n’y a pas que du bonheur
- que c’était difficile d’écrire ses qualités
- ce que les autres ressentaient
- que j’avais beaucoup de talent et peu de défauts
- que beaucoup de gens qui ont un sourire en vérité souffrent
- que les autolouanges leur appartenaient
- qu’on est soulagé lorsqu’on écrit
- les pensées des autres
- les autres, leurs hobbies et leur vie
- qu’il y a des gens biens dans la classe
- plein de choses sur les autres
- que les autres ont aussi des malheurs et qu’on n’est pas les seuls
- rien, j’ai l’habitude (de l’écriture)
Cet exercice m’amène à penser que :
- les vrais amis ressentent vraiment ce que vous lisez comme si c’était leur vie
- je suis très/trop négative
- nous ne sommes pas rien
- je ne suis pas bête
- qu’il faut beaucoup réfléchir car vous nous avez demandé de surmonter nos souffrances et cela fait que nous les surmontons
- les autolouanges des autres étaient mieux
- la vie n’est pas si sombre
- à ce que j’ai dans la tête
- les autres enfants sont plus sympas que je ne le pensais
- tout le monde a déjà eu des souffrances
- je suis quelqu’un de bien
- j’ai beaucoup de qualités et je ne m’en rendais pas compte
J’estime qu’il est important ou pas important de prendre conscience de sa valeur parce que :
- c’est important de prendre conscience de cela car les gens doivent exprimer leurs émotions
- on peut découvrir ce que les autres ressentent et on peut dire ce que nous ressentons aussi
- si on se rabaisse, on se croit nul, on se sous-estime, après, on ne saura jamais utiliser ses capacités
- pour vivre vaut mieux avoir conscience de sa valeur mais faut pas être vantard non plus
- on n’a pas que défauts
- dans la vie, on a tous de la valeur
- on n’est pas mieux que les autres, on est comme eux.
- nous avons plus confiance en nous et on comprend la souffrance
- on a eu des moments de bonheur, on sait ce que cela fait de l’avoir dans le cœur
- vivre dans l’ombre ou le négatif nous détruit, sans prendre conscience de ce qu’on est vraiment
Ces évaluations permettent de comprendre que certains élèves saisissent toute l’importance et les bienfaits de l’activité et d’autres sont encore dans le jugement d’eux-mêmes et dans la comparaison. J’ai pu remarquer, durant mes stages où j’ai fait l’autolouange avec les élèves, que ceux-ci sont souvent subjugués de voir la beauté des textes de leurs camarades et ils se disent alors que leur texte ne vaut rien. La plupart du temps, ces élèves se trompent. Nous n’avons pas tous la même facilité à écrire, mais face à cet exercice, cela ne compte pas vraiment au sens où on peut écrire très simplement des choses très belles. Ce sont les images qui nous touchent, et j’ajouterai même que, souvent, ce sont les phrases les plus simples qui nous émeuvent le plus. Ce qu’il y a de génial dans cet exercice, c’est que non seulement on apprend à se donner des signes de reconnaissance positifs à soi-même, mais en plus en lisant face au groupe, on reçoit des signes de reconnaissance positifs de la part des autres.
Les élèves qui écrivent dans l’évaluation de l’activité que leur autolouange ne ressemble à rien n’ont pas encore appris à accepter les signes de reconnaissance positifs, cette activité est pour eux le premier pas. Je pense d’ailleurs qu’il est utile de réitérer l’expérience plusieurs fois dans l’année à des moments clés (période avant les examens, période de tensions ou de stress…).
À côté de cela, nombre d’élèves écrivent le bien-être qui est ressorti. Il explique leur étonnement face à ce qu’ils ont écrit et que les autres ont écrit. Ils se rendent compte qu’ils valent quelque chose et qu’ils sont dans un groupe classe où les autres sont intéressants à connaître.
Certains parlent également de leur sortie de l’obscurité, ils reviennent petit à petit vers des choses plus positives. L’élève qui dit : « si on se rabaisse, on se croit nul, on se sous-estime, après, on ne saura jamais utiliser ses capacités » comprend tout le sens de l’autolouange. Le but dans les milieux scolaires est de redonner goût d’apprendre et de faire des efforts. Souvent, les élèves ne voient plus l’intérêt de faire des efforts pour réussir puisqu’on leur renvoie des images négatives d’eux-mêmes.
L’élève qui explique : « on n’est pas mieux que les autres, on est comme eux » donne aussi du sens à l’activité, car le but n’est pas de se vanter, ni de se mettre avant. Ces élèves de premières ont découvert que leur classe n’est pas une classe « poubelle », qu’ils avaient de la valeur et les moyens pour réussir à condition de le vouloir. Ils ont aussi compris que souvent on est victimes du regard de l’autre sur soi et également que nous sommes très mauvais juges de nous-mêmes.
Je conclurai de ces évaluations que la majorité des élèves se lancent à l’aveuglette dans cette activité sans trop savoir où cela va les mener et en ne comprenant pas tout à fait les tenants et aboutissants. Ils sont ensuite agréablement surpris des bienfaits que cela leur apporte et beaucoup gardent leur texte comme un trésor de découvertes sur eux-mêmes. Il reste une minorité qui a plus de difficultés à se lancer et qui reste malheureusement plus dans la comparaison des autres et dans la peur du jugement. Ceux-là seront peut-être plus tirés la prochaine fois par le groupe. Tout le monde ne peut être réceptif à l’autolouange, il s’agit aussi à l’enseignant de l’accepter. Certains élèves refusent même d’écrire ou sont absent leur jour où il faut lire le texte, ces manœuvres d’évitement, il faut les accepter, car une autolouange forcée n’a pas de valeur.
18:49
Écrit par Marie Milis
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22.08.2011
Je suis le voile, Saint-Didier été 2011
Je suis le voile déposé au petit matin de mes noces.
Des anges s'éveillent à mes côtés.
Pleine de gratitude pour la douce rencontre avec l'aimée,
Comblée par tant de merveilles déterrées.
Je suis pluie fine à faire germer les semences de mon pré-fleuri arc-en-ciel.
Les multiples facettes de mon être, jusqu'ici éparses, s'assemblent pour former
ma couronne de mariée.
Je suis la complice de mes forces vives,
L'alliée de mes ancêtres,
L'amie de mes âmes sœurs.
Révélée peu à peu à moi-même,
Reconnue dans les musiques de mon cœur,
Je proclame ma noblesse, revendique ma singularité, confirme mon existence.
Je suis barque qui s'élance dans la mer,
Confiante et consciente.
Toujours reliée,
Connectée à la lumière du firmament.
Je demeure dans une île luxuriante et habitée.
J'en détiens la clé.
Nathalie
15:27
Écrit par Marie Milis
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Je suis liberté enfantine, Saint-Didier, été 2011
Je suis liberté enfantine.
Je saute dans les flaques, me remplit la bouche et les poches de framboises juteuses.
Les champs et les chemins sont mes terrains d'explorations.
Dans la savane aux mille dangers, j'y suis Tarzan éloignant les tigres affamés, Daktari au chevet des éléphants. Les forêts sont mon univers et j'en suis Robin le Roi.
Les arbres me parlent leurs ancêtres, leurs épopées, leurs secrets, leurs rêves.
J'enlace leurs troncs de mon corps et me fonds dans leur énergie.
J'accueille leurs plaintes, leurs chuchotements, leur respiration.
Je leur rends leur dignité et leur ouvre la lucarne des possibles.
Je suis chair ronde et ferme. Femme dans l'épanouissement de sa vie.
De moins en moins pudibonde, de plus en plus pudique.
Mes instincts femelles resurgissent du fond des âges.
Je pare à l'essentiel, à la survie de mon humanité.
Je me dirige vers mon Nord, avec la précision de l'arc de Guillaume Tel.
Une décision sans concession.
Un pacte signé de mon sang avec le Seigneur de l'Univers.
Je suis calice ramené des mes voyages d'Orient.
Ma coupe contient la tendresse virginale, la douce compassion fraternelle, la chaleur d'un cœur en éveil, l'assurance d'une présence bienveillante, le pardon incarné, l'union des forces vives de l'homme et de la femme.
Je suis Ying et je suis Yang.
Nathalie
15:26
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Je suis un chardon, Saint-Didier été 2011
Je suis un chardon des champs oublié par les lames effilées de la tondeuse.
Une échappée de la course aveugle et détermine de l'engin.
Je suis une chance pour les abeilles.
Je leur accorde un laisser passer pour accéder à mon nectar.
Mes fleurs ont la couleur des gerbes de lavande.
Petites collines rondes retenues par des colonnes végétales,
Elles se dressent avec fierté vers le soleil.
En capter la lumière, la chaleur, la majesté pour parfumer le miel à venir.
Mes fidèles sentinelles me protègent des prédateurs et des esprits malins.
Qui parvient au matelas de mes pétales s'offre une couche soyeuse et sûre.
Juchée sur une solide tige, je brave les pluies froides et les vents hostiles de l'hiver.
La souplesse de ma forteresse me fait ployer à la fraîcheur de la brise les soirs de canicule.
Ma robustesse est gage de longévité.
Ma simplicité, un premier pas vers l'humilité.
Nathalie
15:25
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Je suis les mains, Saint-Didier été 2011
Je suis les mains qui brassent les eaux du Gange,
le corps drapé de voiles pourpres et safrans.
Je suis Venus sous la cascade de lierre.
Je suis le plongeon des chutes du Niagara.
Je suis le vent qui épouse le tonnerre
Le vitrail qui vole en éclat.
Je suis l'étole sur les épaules de l'humanité.
Je suis l'enclume de la forge souterraine.
Je suis faite d'eau et de chair
Hélène qui s'abandonne à Ulysse.
Je suis l'éclaircie qui déchire les nuages anthracite
L'âme sœur des cœurs sincères
Je suis la félicité des ondulations de ma vie
La gratitude à l'éclosion de ma lumière.
Nathalie
15:24
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Je suis petite fille de forgeron, Saint-Didier été 2011
Je suis petite fille de forgeron. La masse de son corps s'abat en rondes répétées sur les socles rougeoyants, aiguisés et tranchants du glaive du Zeus. Son épouse, légère et fine, est un papillon. Sa voix est souffle d'ange. Sans le savoir, elle m'a transmis cette capacité à ressentir les vibrations des chants sacrés.
Je suis aussi petite fille d'un créateur de sillons droits et de jardins sans frontières. Il règne sur ses terres et veille sur une abondante progéniture. De sa tour, il rêve de l'immensité des espaces du Grand Nord. Son épouse à lui, femme solide et bien plantée, est surtout enfant rieuse, insouciante, insaisissable enfant de liberté.
Je suis fille d'un mécanicien hors pair. Son ouïe de lynx décode les accros les plus fins des moteurs qu'il ressuscite. Mon père est Mozart et Vivaldi. Grave dans les parties de cartes, jovial et taquin dans les rencontres. Il a le don du mouvement et du rythme. Il est tango et valse de Vienne. Ses lèvres sont alouettes au sommet des cimes. Sa jeunesse est fouge, escalades fébriles pour dénicher les Edelweiss. Mon père est baobab qui héberge les palabres du village. Ses paroles, ses poignées de mains parcourent les maisons et les marchés. Tard l'été, ses pas le conduisent auprès des moissonneuses à l'arrêt. Il est le sauveur des récoltes.
Je suis fille d'une femme nourrie par une terre d'adoption. Déracinée, délaissée, humiliée. Une résiliente. Une dure à cuire. De l'or dans les mains, et caméléon, ses talents se multiplient au gré des besoins. Ebéniste, couturière, chef coq, artiste peintre, maîtresse d'école, infirmière, paysagiste, femme d'affaires. Je suis l'héritière d'une lignée qui a connu les départs aux Amériques, l'évitement du fracas du Titanic. Je suis une langue dont la poésie se découvre au fil du temps.
Nathalie
15:22
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Je suis le temple vivant, Saint-Didier été 2011
Je suis le temple vivant du Seigneur,
La jouissance du premier baiser
L'aube qui s'ouvre à son soleil
La parure des reines du Nil.
Je suis l'encens qui purifie les âmes,
L'éclosion du printemps de ma vie.
Je suis nourriture pour l'homme,
Mes mains ensemencent la terre
Ma volonté épouse les contours de l'invisible.
Je suis brasier sur le rivage,
L'ancre de mon voilier
La toile de mes rêves.
Je suis le berceau de mon royaume,
L'offrande confiée à la Croix
L'enfantement du nouveau monde.
Nathalie
15:19
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Je suis l'enfant de Dieu, Saint-Didier été 2011
Je suis enfant de Dieu déposé dans le berceau de ses bras
Signature de mon abandon.
Je suis fille de Dieu présentée à l'eau du baptême
Reconnaissance inconditionnelle de son amour.
Je suis main de Dieu tendue dans les moments de désespoir,
Levier pour accomplir mon royaume.
Je suis cœur de Dieu déposé à la croix du sacrifice,
Lumière vivace et ardente de mon éternité.
Nathalie
15:17
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Je suis l'arbre aux mille branches, Saint-Didier été 2011
Je suis l'arbre aux mille branches, refuge pour les oiseaux.
Les étoiles s'y suspendent en corolles étincelantes.
Je suis l'humus dans lequel puisent les racines de mon ciel.
Je suis l'enceinte des pierres monastiques, elles seront mon tombeau.
Je suis le chef d'œuvre des compagnons bâtisseurs.
L'offrande de millions de vœux à exaucer.
Je suis le temple vivant du Seigneur.
La jouissance du premier baiser.
Nathalie
12:21
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Je suis pépites de chocolats, Saint-Didier été 2011
Je suis pépites de chocolats sur des gâteaux improvisés
Chants initiatiques des veillées nocturnes
Eclats de rires aux beaux jours.
Cracheur de feu pour éloigner les mauvais esprits
Je retiens ainsi les plus valeureux des compagnons.
Je suis l'eau des oasis
Nénuphars posés sur les marais
Goût d'aventures et de rencontres
Mère adoptive des exilés de leurs terres.
Je suis l'invisible flamme
Mon point cardinal
Souffle de ma liberté intérieure
L'Evidence du sens de ma naissance.
Nathalie
12:20
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Je suis un vague à l'âme, Saint-Didier été 2011
Je suis un vague à l'âme dont les remous éprouvent les dentelles de la vie,
Un voyageur sans but et sans horizon avec pour bagages des rêves en latence et la frustration du temps qui s'écoule.
Je suis le regard éperdu qui cherche en vain une éclaircie, une voie, son filon d'or.
J'ai les pieds écorchés par ce voyage sans fin dans les jardins d'Alice,
Les poings ficelés par les barbelés de mes peurs.
Je suis prisonnière de mes idéaux, châteaux de sable d'un jour.
L'apathie me grignote centimètre par centimètre.
Le flot de mes larmes noie le courage et l'audace de ma jeunesse.
La tristesse gagne le niveau de mon cœur exposé à livre ouvert.
Je suis l'au secours qui tente d'éviter le court circuit fatal des regrets, de la démission et de l'amertume, signes de vieillesse.
Nathalie
12:19
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Je suis le sable..., Saint-Didier été 2011
Je suis la voyageuse des espaces habités
La foudre qui brise les chaînes
Le fracas des vagues de l'Atlantique
Le drapeau dressé au clairon de la victoire
La falaise qui porte le regard au lointain.
Je suis le sable sur lequel reposent les châteaux forts
Le cristal des glaces millénaires
Le sourire qui s'échoue sur les joues
Le linge frais doux au sommeil
La grotte secrète des pirates.
Je suis le silence des chapelles endormies
Le velouté de la pêche dorée par le soleil
La rose du bouquet de la mariée
La prière qui s'échappe de mes lèvres closes
L'ultime jouissance des amants enlacés.
Nathalie
12:03
Écrit par Marie Milis
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