PARIS JENNY mars 2009



Je suis née lapin de la garenne, dans la Grande Nature qui nourrit les tripes d’un être, pour qu’il soit animal-homme-femme à la fois.

Vous n’avez peut-être pas eu l’honneur de connaître un vrai lapin de la garenne, dont les sens sont si vifs que personne ni rien ne lui échappe. Il connaît tout, il sait tout, avant que cela ne se passe.

Je suis lapin et chat à la fois. La délicatesse du chat est mille fois plus reconnue. Tout le monde reconnaît sa superbe majesté, donc il a tous les droits. Qui lui interdirait de circuler, là où il y a besoin de présence ?

Je suis issue d’une mère montagne, qui contient tout et ne montre rien - que sa forme, silhouette contre le ciel découpée pour l’éternité, visible et magnifiquement énigmatique.

En quête de complémentarité elle a épousé un tornade atomique, dont la vitalité explosive jouait, avec une malice massive, les maîtres du monde. Risque puissance maximum, risque de vie, risque de mort….

Une médaille brille de deux côtés, pile et face, recto-verso. Le frottement de ces deux faces m’a produit.
Nous sommes trois sœurs à avoir jailli de cette rencontre, catapultées dans l’espace vital, trois Princesses femme-animale, s’aimant majestueusement et fièrement, médusées par notre ressemblance et notre différence totale, acceptant avec dignité et indépendance de jouer notre rôle dans le grand monde, et dans le cercle sibyllin de
la FAMILLE.

La plus grande est un bœuf-tigresse, qui a toujours joué la puissance et la « splendid isolation », une capacité féroce à tout faire, le compromis ne la connaît pas.

La plus petite est la Reine du Monde qui s’ignore, une girafe gracile et étonnée, ignorant sa propre grâce, cœur sauvage qui imbibe l’air de désir…. désir d’aimer, désir de jouer, désir de vaincre.

Je suis « celle du milieu », dont la tâche monumentale est d’oser être ni la première ni la dernière, une place sans mesure ni forme qui contient tout mais ne sait le montrer.

Je suis la Princesse au petit pois qui ose réclamer qu’on lui change le matelas.
Je suis aussi Cendrillon qui chantonne en balayant la cuisine pendant que les autres vont danser.
Retrouver ma chaussure à la fin de la nuit est la tâche de ma vie.

Vous pouvez compter sur moi comme sur les doigts de votre propre main qui vous suit jour et nuit.
On peut me demander la lune, je vous la donnerai après avoir soufflé secrètement dessus pour m’assurer qu’elle brille.
Je vous chanterai ma joie et la vôtre dans la même chanson.

J’ai deux enfants par procuration, que ma sœur girafe a bien voulu nous donner - trois Princesses mais une seule mère, qui a su nous faire ce don : du désarroi d’une lignée qui dérivait vers une fin précoce ont rejailli deux jeunes hommes nés le même jour, même mère même père, venus sauver l’honneur et apporter une joie plus forte que tout.
MERCI, MA SŒUR.

 

Jenny












 

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