• Autolouange Paris 5 juillet, Flora

    Hi ! Hi ! Hi !

    Je cours je trotte je file vite avec mes petits pieds

    Je crie je fais du bruit sur le parquet

    Avec ces deux pieds tout petits

    Hi ! Hi ! Hi !

    Et ça tapote sur le plancher, ça tambourine, ça asticote

    Ca réveille les puces du parquet on dirait !

    Parce que les moines là, les bouddhas, les méditants

    Ils ont la bougeotte aujourd’hui…

    Hi ! Hi ! Hi !

    Ils me font rigoler avec leurs tongs bien alignées

    Cet air de ne pas y toucher

    A se laisser bousculer par mes dix ribouis si petits !

    Hi ! Hi ! Hi !

    La joie de mes premiers pas

    Comme un caillou sous leur zafu

    Réveille leurs démons et merveilles…

    Dans la jolie salle de zazen

    Celui qui paraissait gentil m’arrache presque l’oreille

    Son voisin aux sourcils austères me flanque une tape sur le derrière

    Trois autres, assis bien droits, restent plongés dans leur prière, le crâne brillant sous la lumière

    Je cours pour y faire des bisous, je n’ai pas pu m’en empêcher, l’endroit paraissait si doux !

    Mais ils n’ont pas apprécié, ils se sont mis à hurler et tous les autres ont rigolé !

    Alors je vous le dis, pour devenir des bouddhas, la méditation ça vaut pas !

    Je préfère courir dans les bois

    Taper la terre de mes petons et me régaler de lumière

    Loin de tous ces bonshommes austères pas plus sereins que mon derrière

    Moi aussi quand je serai grande, je transmettrai ma vérité

    La voie zen de mes doigts de pieds

    Pour apprendre aux hommes à aimer

    La fraîcheur de la terre l’hiver

    La douceur de l’herbe en été

    Et le bonheur de glisser sur un parquet tout bien ciré

    Flora

     

  • Autolouange Paris 5 juillet, Flora

    A partir d'un masque de Côte d’Ivoire

     (Souffle :

     

     Chhhheeeee….chhhheeeee…. chhhheeeee

     

    Je suis le silence

     

    Je suis le silence  des mondes encore à naître

     

    A l’origine

     

    Je suis l’illimitée         l’étendue         l’espace

    L’ampleur d’air et d’eau avant qu’ils soient

     

    Je suis avant les mots

     

    Le rien qui est

    Le rien qui va

     

    Chuuuuutttttt !!!!!!!!

     

    Je suis celle qui ne dit mot

    Afin que cela soit

     

    Je suis l’                      l’ouvert                       l’appel d’air

     

    J’attends

     

    J’écoute

     

    Je porte la terre           la boue                        la lumière

    Cachée dans la forme, j’habite le tronc de l’arbre

     

    J’ai avalé le temps

    J’ai bu toute la lumière

     

    Je suis l’ombre            l’attente          le rêve du monde

     

    Je suis ce qui est là quand tout ce qui viendra s’est tu

     

    Flora

  • Autolouange, Paris 5 juillet, Trudy

     

     

    Je suis la partie anonyme, disciplinaire, religieuse

    détachée, humble, heureuse,

    Le calme qui descend en toi et qui te fait sentir chez toi.

    Je suis le sérieux de la beauté du rite,

    L'odeur des tatamis,

    Le temple qui attendait ton arrivée et qui t'accueille,

    Les parfums qui pressentent ta sensibilité

    et les coins secrets qui rient de ta curiosité.

    Je t'accompagne dans un voyage qui t'appartient,

    La quête de tout mystère.

    Je suis ta vie antérieure.

     

    Trudy

     

  • Autolouange, Paris 5 juillet, Jenny

    Je suis l’Absolu qui voudrait résoudre l’énigme de la vie dans une magnifique formule qui nous éblouira tous en chœur

    Pourtant je sais que les cœurs s’expriment chacun dans sa langue

     

    Je suis l’Absolu qui voudrait que chaque être trouve la clef de sa vie avant d’en arriver au seuil final

    Dans mon élan d’Absolu j’en oublie que la vie est construite d’une multitude de petites clefs disséminées à chaque tournant, comme ces petites chaussures d’enfant joyeuses, tout banales et normales et peu extraordinaires qu’elles sont.

     

    J’adore passionnément et ardemment la simplicité et le rythme de cette monture noble qu’est le tong en paille et en velours

    Je les porte pour me recueillir devant le soleil qui se lève et se couche pour éclairer la vie

    J’adore avec toute ma coquetterie ces simples plateformes qui nous portent et nous protègent tout en nous révélant, en laissant l’air contourner chaque orteil, le re-sculpter pour en parfaire la forme

     

    J’ai besoin de cette répétition qui cache sa richesse par un semblant d’immobilité

    La danse immobile qui réjouit l’âme en contenant les nouveaux pas qui s’apprêtent à déferler

    J’en oublie trop souvent les petits baskets de bébé qui ont la force de tous les tongs d’homme réunis

    Je les honore, les prends avec délicatesse dans mes mains pour les toucher du doigt, de tous mes 10 doigts ; ils sont le moteur à 2000 chevaux de la vie des hommes, de la femme que je suis

    Ils rient de leur pouvoir sur la vie

    Des hommes

    Ils ont la chance avec eux

    Ils habillent mon désir, ils m’emportent jusque dans le jardin

    Jusqu’au bout du monde

     

    Mais je veux aussi vivre sans chausser ces pieds qui portent les stigmates de mes luttes

    J’ose aller nus pieds dans les plus belles chaussures, qu’aucune autre femme n’oserait porter

     

    Jenny

  • Autolouange, Pars 5 juillet, Geneviève

    Petit pied qui m'appelle, perdu dans l'océan des grands tu es porteur d'une histoire, petite histoire ou histoire du monde ?

    Petit soulier, puis-je te faire confiance ?  toi, petit,  insignifiant, tu ne connais rien aux galets de l'océan, aux précipices de la montagne ou aux pavés des villes.

    Petit soulier, au milieu de la marée des grands quelle audace ! Pour qui te prends-tu donc ?  Qui voudrait te croire ?

    Te voilà coloré dans le brouhaha des beiges obligés des grands.

    Tes lacets invitent à suivre des méandres inconnus, à voyager vers des terres imaginaires. Par hasard, serais-tu joueur ?  voilà bien un comble au centre de notre organisation réfléchie, longuement mûrie !

    Eh bien, moi, petit soulier,

    je demande la parole, je prends la parole.

    vous n'avez rien à dire sous l'aspect de votre présentation calculée. Moi, je suis de la couleur du ciel au bout de chacun de mes souliers, je porte l'éclat du soleil couchant, le rouge des violents orages.

    Pour autant, je ne vous veux aucun mal.

    Voilà une pressante invitation au voyage : quittez vos basses eaux, laissez vous prendre par l'aventure

    Et c'est moi qui vous guide !

     

     

    Geneviève

     

     

  • Autolouange, Paris 5 juilolet, Viviane

    Je suis et j’ai ces V multiples, vivants, qui entraînent sur le chemin de la vie.

    Pieds nus, pieds libres.

    Tous ensemble sur la plage, nous marchons.

    Je tire à la traîne une équipe d’explorateurs de la chaleur de la lumière et de l’impermanence du sable qui coule entre les doigts.

    Il n’est jamais trop tôt pour marcher vers le soleil…

    Nous musardons tant qu’il ne sera pas distancié.

    Nous jouons avec nos ombres qui s’allongent sur la plage ;

    En avant de l’équipe joyeuse, j’encourage chacun dans la course et serai relayée par d’autres pieds nus.

    Je suis brièvement à l’avant des fous de la vie, des ravis sans tête.

    Je reconnais bien ceux qui autrefois m’ont sacrifiée, ceux que j’ai rejetés, maudits : les prédateurs, les pervers, les sans scrupules…

    Désormais, nous sommes là pour célébrer, célébrer ensemble la brise légère, le cri des mouettes, l’écume de la vague, l’éblouissement du soleil qui, infiniment, embrase la surface de l’eau.

    Derrière nous les peurs petites, les rages intestines, les méfiances stérilisantes.

    J’emmène mes co-équipiers de tragédie se plonger dans l’allégresse, montrant comment laisser les bagages lourds, les moments sordides et destructeurs par derrière.

    Sans se retourner, avancer délibérément vers la joie de l’Etre.

     A trouver, à savourer, à partager.

    « En avant, le grand large nous attend ! »*

    Les perles d’eau éclatent en arcs-en- ciel.

    Je suis légère, dense et je danse dans la musique du vent.

    Je mousse avec l’écume étincelante, me roule dans les vagues puis saute sur ma planche ailée gonflée par le grand souffle.

    Coup d’œil panoramique :

    Tous ils sont venus. Aucun n’a renoncé. Nous cinglons droit devant.

    Le tout petit rayonne de bonheur.

    Mission accomplie

    Voyage de l’enfer vers le paradis du grand Je(u)

     

    Viviane

     

     

     

     

  • Autolouange, Paris 5 juillet Marie

    Je suis comète éclaboussant le ciel de rires étoilés.
    Sur mon sillage, vos visages ont souri.

     

    Je suis l’impromptu, l’inattendu,

    L’enfance au royaume de la rigueur,

    Le spontané au pays du normé,

    Les minis pompes entre les guettas disciplinés

    Le friche lis coloré dans un monde

    De beige cistercien strié de noir régulier.
    Je chavire les rythmes,

    Chambarde les alignements,

    Cacophonie la musique.
    J’apporte le pair aux impaires éberlués.
    Je désoriente les flèches du temps et des lieux.
    Je suis saveur d’inattendu,

    Audace humble et absolue

    De celui qui ne sait être que soi et l’est avec panache.

    J’apporte la couleur là où je passe.
    Je boute le feu aux conventions,

    M’immisce dans vos alignements

    Et perturbe les plus beaux arrangements.


    Je suis cette fleur de l’instant,

    Ce délice du sourire,

    Ce David parmi les Goliath.
    Les conventions les plus raisonnables,

    Les préceptes les plus autoritaires,

    Les règles les plus absolues,

    Les pratiques les mieux suivies

    Tout est en place pour éviter

    La perturbation que je suis.


    Mais Me voici – Je suis moi.
    Je suis.
    Je suis Marie.
    Je suis OtteÏ, le vieux rieur,

    Porteur du ciel et d’un grand sac

    Gorgé de trésors pour ses amis les petits.
    Je suis Petit Prince,

    Ami du renard rusé, du désert et de l’instant.

    Je suis la danse de Peter Pan,

    La fée Clochette qui illumine

    Nos chemins de myriades d’inattendus.
    Je suis Mary Poppins au cœur de Marie Curie.


    Je connais les lois des nombres,

    Les préceptes de l’ordre et de l’algèbre,

    Les théories des groupes et des ensembles

    Les propriétés de la médiatrice,

    Les fondements trigonométriques.
    Je revendique leurs pouvoirs au

    Service du jaillissement inaltérable

    D’une étincelle de génie.
    Je manifeste pour l’enfance de l’art

    Et proclame que la beauté est soeur du précaire.
    Zen mind, beginner’s mind

    Esprit Zen, esprit neuf.

     

    Marie

  • Autolouange, Paris 5 juillet, Charlotte

    Je suis la différente, la pas pareille ...

    l'autre mais aussi celle qui fait lien

    qui permet aux autres de se reconnaître comme semblables.

     

    Je suis l'étrangère ...qui questionne, qui interroge, qui remet en question...

    qui bouscule les certitudes et permet de relativiser...

    de voir que tout est possible

    qu'il y a de la place pour tous dans son originalité, sa différence...

    de forme, de taille, de couleur, de sens...

     

    Je suis la chaussure humble qui épouse le pied,

    le protège contre les cailloux de la route, qui le suit partout..

    prête à découvrir de nouveaux chemins, a partir sur de nouvelles routes, à l'aventure..

     

    Charlotte

  • Autolouange, Paris 5 juillet, Viviane

    Je suis le fennec du Petit Prince, si craintif et si désireux de lien.

    Je vais dans le monde avec ma burqa.

    Je pourrai m’y replier à tout moment.

    Je ne crains rien, je crains tout.

    J’ose, je risque, puis je rentre dans mon monde clos.

    Maintenant, cette mise à l’écart est magique, invisible, reposante, toujours disponible.

    Généralement, si l’autre m’appelle, je sors de moi, me décale pour lui, je perds mon centre, je l’entends, je le vois, le comprends, je sais ce qu’il ressent, ce qui est bon pour lui…

    « Stop, stop, mon cerveau gauche en surchauffe, tu interprètes, tu fantasmes ! Arrête tes mots ! »

    Alors, merveille, cela s’arrête.

    .

    Ma respiration stoppée se rétablit.

    Les peurs et les devoirs se dissolvent aussi ;

    Contemplation.

    Je suis en mode « cerveau droit »

    L’effervescence n’est plus de moi.

    S’installe une jubilation, une allégresse.

    Mon antenne ouverte en parabole fait couler de la Joie.

    Je sais arrêter mon cerveau du monde.

    Je remets ma burqa fictive pour une seconde.

    Intériorisation.

    Puis je gambade à nouveau à l’air libre ! J’adore l’alternance !

    Jouer du bouton de gauche ou du bouton de droite selon les circonstances.

    Mitiger aussi, mettre mon hémisphère du monde au service de mon hémisphère du ciel…

    Valider les émissions reçues, les intégrer ;

    Le haut, le bas, dehors, dedans. Un jeu infini de burqua amovible que je peux jeter par dessus les moulins…

    et qui, plus jamais ne servira à me cacher honteusement.

    Je suis une étincelle de Vie, ViViane, vivace, vive, vivante

    Une flamme recevable.

    Délicieusement recevable.

     

    Viviane

  • Autolouange Paris 5 juillet, Marie

    Je suis l’humour de celui qui sait,

    Le rire initial, primitif, ontologique.
    De mes yeux ruissellent des perles de joie

    Jaillies d’une source intarissable.


    Je suis le son du cosmos,

    La saveur de la béatitude,

    La parole de l’accomplissement ultime :

    Enfantin, ludique, aléatoire, précaire.


    Je suis la fête de la vie et la vie me fête.


    Née du mariage de la puissance et de l’âme

    Je suis la jubilation infinie, de toujours et pour toujours.

    Mon regard est pupille où se révèle ta grandeur.
    Par ma bouche je murmure ton nom et le chante

    Illuminant la vibration de ta présence éblouissante.


    Je suis l’amie des êtres et des animaux.
    Dans mes bras les bébés retrouvent

    Leur bonheur cellulaire :

    La paix de la confiance,

    La sécurité sans « il faut »

    La certitude que tout est bien,

    L’amour inconditionnel de l’immense en mon cœur.


    Je n’ai pas d’atours, point d’artifices.
    Ce que je vois m’illumine plus que parures,

    Ors et rubis, joyaux et perles fines.
    Je suis discrète, je passe inaperçue

     

    L’essentiel est invisible pour les yeux 

    Je vois, je suis contemplée, méditée,

    Aimée. J’aime.

    Mon regard sur le monde est le regard

    De l’amour, de l’essentiel d’où je viens

    ET vers où tout retourne.

     

    Je suis l’incarnation du mystère,

    La pétulance du point d’interrogation

    L’impertinence du point d’exclamation,

    La saveur des parenthèses,

    Le toupet d’un point sur les i

    D’aimer, de cueillir, de plaisir, de jouir,

    De lire, de boire, de voir et de respirer,…


    Je suis respirée.
    Je suis vue.
    Je suis bue.
    Je suis lue.
    Par moi s’épanche l’infinie grandeur

    De l’innommable plénitude qui nous a fait naître.


    Je suis ces larmes de tendresse

    Qu’épanchent la coupe surabondante.
    Je suis le tumulus des secrets

    Où se maintiennent enfouis

    Les trop et les trop peu, les affres et les armes.


    Je contiens l’humanité

    Et souffle vie sur le monde

    Je suis gratitude et lumière.

     

    Je suis le rire de la vie

    Qui répand son amour par un sourire.

     

    Marie

  • Autolouange Paris 5 juillet, Trudy

    Je suis la douceur, le sourire, le gâteau, la rose et la rosée perlée. 

    Je suis la fluidité avec ma robe longue et légère qui flotte musicalement dans la vie en l'expérimentant.

    Je suis à prendre, à cajoler, à boire et à manger.

    Je suis une reine qui demande d'être servie.

    Servie, aidée, respectée dans l'espace dont j'ai besoin pour créer.

    Ma vitalité et mon appétit doivent me servir pour fleurir, rayonner, faire du bien.

    Je n'ai plus de temps à perdre, à sacrifier ma sensualité avec ceux qui ne comprennent pas son besoin, 

    Pour être celle que l'on a nommée actrice tant j'avais hâte de jouer toutes les grandes scènes de la vie.

    Cette haute sensibilité dont on m'a bénie doit être dirigée, canalisée, accompagnée encouragée, reconnue pour tout le pouvoir qu'elle m'offre.

    Où est mon « repos du guerrier" à moi?

    Là dans ce joli refuge de femme qui cherche sa nouvelle maison!

    Ce soleil qui, yeux fermés, me montre ma place.

     

    Trudy

     

     

     

     

     

     

  • Autolouange Paris 5 juillet, Jenny

    Je porte des yeux dans mon poitrail, ils me viennent des fins fonds de ma lignée.

    Ils ont vu des choses qu’aucune bouche ne peut dire, leur forme de diamant contient et recueille la terreur, la berce, lui siffle à l’oreille pour la rappeler à l’ordre.

    Leurs pupilles percent la membrane du quotidien pour me laisser voir, me laisser vivre dans ma vie à moi, Jenny, ma petite part de cette histoire terrifiante.

     

    Le restant est traité par la vie, réuni et trié, donné à l’esprit, aux dieux, à l’insondable.

     

    Je m’occuperai de ce qui me regarde.

     

    Ma bouche a été cousue. Au berceau. Par des esprits égarés, des monstres qui ont vécu des vies entières emprisonnés sous le poids de la terre, et qui ont vu en moi une jolie proie facile.

    Petit être anodin et fragile j’ai avalé leur poison, leur cadeau d’accueil à la vie,

    J’ai bu jusqu’à la lie.

    Je ne connaissais pas d’autre goût.

     

    Mais mon poitrail contenait le fer et le génie. En m’appelant Jennifer ils ne pensaient pas me donner les armes pour combattre. Ou ils le savaient, et c’était le test ultime. 

    J’ai mâché mes mots pendant des siècles interminables pour former les mots « Salut la vie, OUI JE VEUX, OUI JE PEUX, OUI JE SUIS ET JE SERAI ENCORE ! »

     

    Mais cette petite bouche blanche est bordée d’estuaires que j’ai dû apprendre à naviguer ; j’ai dû me construire ma barque et apprendre à lire le vent.

    Aujourd’hui les commissures mystérieuses de mes lèvres ne me font plus peur. J’y navigue pour fuir les tyrans qui voulaient me sucer le sang, je leur ferai un pied de nez en prenant mon pied à naviguer dans la liberté de l’affranchissement.

     

    Jenny

     

  • Autolouange Paris 5 juillet, Charlotte

    Je suis ce trou immense, cette grotte qui accueille la vague

    Celle-ci se déroule et grandit et roule, roule, roule

    je suis ce trou immense d'où sort plein de possibles...

    comme d'une corne d'abondance...

    ce trou rond d'où sortent les enfants,

    ce bassin fertile où mûrissent les fruits

    ce bassin puissant, solide.

     

    Je suis ce bec de canard qui fouille dans la vase les coquillages petits et fins

    qui vont le nourrir. Il les cherche sans arrêt avec détermination et constance.

     

    Je suis cette selle de cheval, compagne de voyage confortable ou l'on peut s'asseoir en confiance, se reposer, se laisser porter.

     

    Je suis ce fer à cheval qui protège le voyageur et sa monture

    et permet de folles galopades.

     

    Je suis cette couronne, cette aura qui s'ouvre sur la nuit étoilée,

    entoure et délimite, protège et accompagne.

     

    Je suis ces bras qui accueillent, embrassent

    et puis ces mains qui se rejoignent en prière.

     

    Charlotte

  • Autolouange Paris 5 juillet, Ghislaine

                                                                                                                                 uillet

     

    Je suis un Pierrot lunaire dont le visage se cache

    sous les oripeaux de tous les carnavals,

    figure derrière laquelle tout est permis et interdit à la fois.

     

    Je suis ces yeux exorbités cherchant au delà du visible,

    cette interrogation d’enfant où rien n’a encore de sens,

    cette peur des mots qui abolit la bouche.

     

    Je suis cette bouche effacée devenue trompe

    pour ne pouvoir capter que le nectar,

    tel le papillon, ou telle une paille pour faire des bulles…

    Mots légers, mots sans poids, mots ailés.

     

    Je suis ce visage caché sous un chapeau de lune,

    je suis la mer à boire avec tous ses poissons,

    les requins en tous genres et leurs dévorations,

    les algues aussi et leur douceur gluante.

     

    Je suis l’éclat de lune qui rythme les mouvements,

    qui tel Polichinelle met du rythme aussi dans mon temps.

    Je suis le fond du rire si proche du néant,

    la danse désarticulée qui contient tout mon goût de la vie,

    où la musique de l’eau rejoint celle du vent et mon chant

    de sirène scie les emmerdements.

    Je suis la réversibilité de chaque affirmation,

    l’inconnue au cœur de la dualité,

    personnage burlesque à moi même tel un patchwork de la tête aux pieds :

    exit… l’idéal désir d’unité !

     

    Ghislaine