• Autolouange été 09, Anne

    Bien sûr, jouer, je sais !

    Mais comment arriver à ce « Je »

    sans me jouer de moi, sans me jouer de vous ?

    Comment habiter ce « Je » qui précède le, suis

    Je Suis !

    Au secours ! qui suis-je pour affirmer cela, sans faire semblant ?

    Dire  - Je suis -  en vérité

     

    Quoique vous m’ayez dit, je suis toute petite et ne trouve pas les mots

    Pour dire le très grand….de moi, le très haut …de moi, le tréfonds …de moi.

     

    Et puis il y a toi, Marie

    Tu plonges ton regard au plus profond des mots.

    Tu fais fleurir les friches, (les jachères),

    accoucheuse de printemps.

    Au plus profond des Etres tu visites l’intime, et,

    de l’obscur magma tu extrais le diamant.

    Tu  approches l’humide et vas sonder les fonds,

    au milieu de la vase et, sans rien écorcher,

    tu sépares les fibres vives de leur bois déjà mort.

     

    Je sais aujourd’hui, que je vais aller vers,

    Les couleurs qui toujours m’intimident.

    J’habiterai tour à tour, le rouge, le bleu, le vert

    et puis, m’installerai au creux de l’une d’entre elles, pour,

    ainsi contempler l’arc en ciel au zénith.

     

    Je suis cet arc en ciel.

    Anne

     

  • Autolouange été 2009, Alexandra

     

    Je suis la douceur de mille plumes envoyées du ciel par des anges bienveillants. Pour m’admirer, des mages, des prêtres, des sorciers mais surtout des femmes ont cheminé longuement.

     

    Je suis la complexité du monde incarnée et révélée pour qui saura déchiffrer les rainures de mes pétales. Dans mes sillons plus longs que le Nil et tout aussi puissants se trouve l’essence de la Vie.

     

    Mais attention, je ne révèle mon secret qu’à qui saura m’approcher avec respect et humer les mille parfums s’exhalant de mon cœur. Chaque regard doit plonger un peu plus loin…encore un peu plus loin…oui, c’est cela. N’ayez pas peur de venir au contact des poussières d’étoiles qui se sont agrégées pour former la constellation de l’origine du monde en mon sein.

     

    Alexandra

  • Autolouange été 2009, Karine

    Je suis la mer, les vagues, je suis l’écume

    Je suis tempête

    Tempête de rage, lame de fond qui brise arrache et broie

    Je suis vague de colère face à la brutalité du monde

    Face à l’injustice, l’hypocrisie, l’ignorance

    Rage écumante devant les brimades, l’asservissement, le mépris

    Je suis l’océan qui gronde

    Et je suis celle qui parle aux vagues

    Qui doucement les apaise par son chant

    Je suis sirène

    Je suis la femme dauphin qui cabriole, bondit, plonge, tournoie, ondule

    En liberté

    En jeu, en joie

    Je suis baleine, majestueuse, sereine

    Maîtresse des eaux

    Je suis baleine, mère du monde

    Mère protectrice attentive aux jeux insouciants du baleineau

    Guide, maître, transmettrice de sagesse

    Je suis la beauté du petit matin sur l’océan tranquille

    Le scintillement de la lumière à la surface des eaux

    Je suis la paix dorée de fin d’après midi

    Jeux de mille pépites

    Dorure à l’or fin

    Je suis la danse des sardines

    Je suis la caresse du vent

    Je suis l’enfant qui joue sur la grève

    Et qui s’émerveille de la beauté du monde.

     

    Karine à partir de la vague d’Hokusaï

  • Autolouange été 2009, Dominique

     Je suis une peinture de carte postale.

     

    Mon pas assuré est souple et harmonieux.

    Mon corps se déhanche sereinement dans un mouvement de danse gracieux.

    Élégante et sûre de moi, je m’avance vers vous en confiance.

    La lumière qui m’embrase de l’intérieur et me donne vie irradie au-dehors. Sur mon passage, les ombres s’évaporent.

    Pourtant j’éclaire sans éblouir.

    Fière, mais pas hautaine, ma dignité vous fait dignes.

    Et nous partageons des sourires sincères, nous faisons quelques pas joyeux ensemble.

    Et je poursuis ma route, avec la calme assurance de celle qui se sent… à sa place.

     

    Dominique

  • Autolouange été 2009, Dominique

    Je suis cet arbre.

     

    Profondément établi dans la mère qui me nourrit généreusement, je suis puissance indestructible. Du fond de mes entrailles, un torrent traverse mon tronc noueux et explose en une myriade de fontaines de jouvence.

    Tandis que la Mère Divine se fait séductrice et me caresse de ses voiles aguicheurs et voluptueux, mes mille bras s’éclaboussent en cascades de rires.

    Tout est jeu, tout est séduction.

    Les papillons me font la cour, les feuilles s’abandonnent légères, autour de mon corps.

    Et je danse, je danse avec les Cieux.

    Je suis LA danse.

     

    Dominique