• Autolouange à partir d'un collage, par Anne

    Je suis la femme au carrefour des temps, proches et lointains.

     

    Je suis une femme heureuse du temps retrouvé, pour me poser.

     

    Je suis la présence qui écoute chanter le vent, celui des grands larges auxquels j’aspire ; le murmure doux du frémissement des légères graminées ou de la caresse marine d’une sieste bonnement gagnée.

     

    Je sus la paix intérieure d’un cœur en attente de nouveaux futures : les girouettes se sont arrêtées et j’ai retrouvé le Nord, les pieds ancrés dans une terre nouvelle, prête à accueillir de saines semences.

     

    Je suis la terre, matière riche et prometteuse, solide et malléable, prête à recevoir de fécondes ondées.

     

    Je suis celle qui donne vie à mille formes possible, au gré des latitudes et des rencontres.

     

    Je suis la grande patience et l’incroyable espérance qui fait confiance à ceux qui l’approchent en tout respect et amitié. Celle qui offre son intimité à qui reconnaît sa beauté et sa loyauté.

     

    Je suis la terre, caressée par le ciel et ses ondoiements et peux l’accueillir amoureusement pour pouvoir porter des fruits nouveaux, aux saveurs indicibles et encore inconnues.

     

    Je suis la terre que l’humanité chahute et chamboule et qui crie grâce  toutes les offenses subies.

     

    Je suis l’humus, matière patiemment cumulée par les saisons, offrant les richesses de ma texture au monde grouillant de l’infiniment petit qui m’habite et que je nourris. Je me fais tapis de silence et de velours aux promeneurs respectueux, ceux qui savent regarder où mettre le pied.

     

    Je suis la cueilleuse de beautés, celle dont les mains expertes sélectionnent les plus belles fleurs pour composer le bouquet de sa vie ; celle qui choisit les saveurs subtiles des plantes puissantes, régénératrices, calmantes ou tonifiantes. Mon nez est ouvert aux vents des quatre horizons pour me révéler les beautés proches aussi bien que les lointaines.

     

    Je suis Anne, Hannah, pourvoyeuse de grâces, pêcheuse de lumières.

     

    J’accueille, je recueille, et je me recueille : prête à un envol vers d’autres terres à féconder.

     

    Anne

     

    Paris, 28 juin 2010

     

  • Autolouange devant l'image de la déesse Sarasvati

    (Sur une carte tirée au sort, pour le groupe : la déesse Sarasvati)


    Je suis la déesse colorée et chantante, celle d’où naissent de puissants fleuves aux eaux nourricières.

    Je suis la déesse fluide et paisible dont le luth accompagne les plaintes en même temps que les chants d’allégresse.

    Je suis féminité et divinité : en moi l’humanité trouve une raison d’être et un sens.

    Je suis celle qui a reçu les dons de la connaissance , de la sagesse et le talent que tous les artistes authentiques souhaitent partager.

    Je suis un axe flexible, unissant la terre et les cieux, et qui accompagne de mes harmonies les vrais chercheurs d’authenticité.

    Je suis onde abondante et généreuses : mes bras peuvent accueillir et recueillir les pèlerins fatigués, remontés vers les sources.

    Je suis eau et mon cœur est feu : foyer d’amour incommensurable et pétillant à jamais. Je réchauffe mais ne brûle pas, ni ne consume. Mon âme éternelle sans cesse se renouvelle, puisant en de secrètes sources.

    Je suis celle qui ouvre les portes obscures de l’ignorance et de la bêtise, pour faire jaillir des couleurs d’arc en ciel au cœur des plus sombres orages.

    Je sus la pourvoyeuse d’harmonies : de moi s’épandent des flots de chants divins qui appellent l’homme au meilleur de lui-même ; de mon cœur les battements rythment les prières les plus sincères, capables de réconcilier même les plus contraires.

    Je suis l’intemporelle, celle qui appartient à l’Univers, d’hier, de ce jour et de demain ; et ma noble stature sert de repère à ceux qui cherchent encore un chemin.

    Anne



  • Autolouange devant l'image de la déesse Sarasvati, par Anne (Paris)

    (Sur une carte tirée au sort, pour le groupe : la déesse Sarasvati)

     

    Je suis la déesse colorée et chantante, celle d’où naissent de puissants fleuves aux eaux nourricières.

     

    Je suis la déesse fluide et paisible dont le luth accompagne les plaintes en même temps que les chants d’allégresse.

     

    Je suis féminité et divinité : en moi l’humanité trouve une raison d’être et un sens.

     

    Je suis celle qui a reçu les dons de la connaissance , de la sagesse et le talent que tous les artistes authentiques souhaitent partager.

     

    Je suis un axe flexible, unissant la terre et les cieux, et qui accompagne de mes harmonies les vrais chercheurs d’authenticité.

     

    Je suis onde abondante et généreuses : mes bras peuvent accueillir et recueillir les pèlerins fatigués, remontés vers les sources.

     

    Je suis eau et mon cœur est feu : foyer d’amour incommensurable et pétillant à jamais. Je réchauffe mais ne brûle pas, ni ne consume. Mon âme éternelle sans cesse se renouvelle, puisant en de secrètes sources.

     

    Je suis celle qui ouvre les portes obscures de l’ignorance et de la bêtise, pour faire jaillir des couleurs d’arc en ciel au cœur des plus sombres orages.

     

    Je suis la pourvoyeuse d’harmonies : de moi s’épandent des flots de chants divins qui appellent l’homme au meilleur de lui-même ; de mon cœur les battements rythment les prières les plus sincères, capables de réconcilier même les plus contraires.

     

    Je suis l’intemporelle, celle qui appartient à l’Univers, d’hier, de ce jour et de demain ; et ma noble stature sert de repère à ceux qui cherchent encore un chemin.

     

    Anne


  • Autolouange écrite chez le peintre Gérard Priault, par Anne

    (Petit tableau de clair de lune sur une forêt tropicale)

     

    Je suis ce ciel obscur, palpitant de mille étoiles silencieuses qui servent de repères aux humains.

     

    Je danse autour de l’astre laiteux dont la blancheur se répand sur une terre dense et touffue.

     

    Je suis le grand silence nocturne, celui qui succède aux éclatements du jour, et lui permet enfin le repos.

     

    Je suis l’eau tranquille du vaste fleuve qui ondule, nourrissant la forêt et la traversant à l’infini.

     

    Je suis cette obscurité paisible, habitée de mille silences à découvrir et de mystères insondables.

     

    Je suis cette vastitude de l’espace qui contient tous les astres et leur offre une place à chacun. Les hommes perdus dans la nuit pourront se guider sur mes constellations, je leur serai jalons quand ils perdront pied.

     

    Je suis la grande cohérence du temps et de l’espace : en moi se combinent et se succèdent les heures et les années, les jours et les nuits.

     

    Je suis le grand Tout qui permet à chacun de trouver sa place, du plus infime au plus grand, de la plus obscure tanière à la plus radieuse lumière.

     

    Je suis l’Etre, je suis l’Un ; en moi tout est relié et crée du lien.

     

    Anne

     

  • Autolouange à partir d'une photo -porte d'un compteur à gaz-, par Anne


    Je suis matière grumeleuse, pierre et métal, érodée, granit »e, graffitée, marquée par le temps et les intempéries.

    Je suis surface patinée par les âges et les heures, caressée par le chaud soleil des matins colorés, j’invite la lumière à pénétrer mes pores irréguliers et à réchauffer ma matière, apparemment inerte.

    Je suis paroi, cloison, séparant des espaces offerts ou cachés, chargée de tout ce que j’ai vu passer : humanité riche ou dépenaillée : je suis le sas entre les lumières et les ombres.

    Je suis offerte aux regards, mais ma beauté reste cachée : mon apparence est fruste, et seul un regard amoureux peut me révéler en sachant s’approcher avec délicatesse, et au moment approprié.

    Voyez, approchez, j’ai des histoires à raconter si, un instant, vous fermez les yeux et ouvrez le cœur de vos oreilles.

    Je suis celle qui veille, celle qui protège et prévient : attention ! passé mon seuil, vous changez d’espace et découvrez les mystères cachés : ceux des profondeurs obscures et indicibles d’un au-delà invisible.

    Je suis le plein jour qui s’accroche à la pierre, qui la caresse et la transforme. Je suis cette pluie de lumière qui inonde les aspérités et transforme la réalité.

    Je suis le soleil éclatant aux mille feux qui ricochent et se glissent partout où s’ouvre de l’espace.

    Je suis le radieux qui incendie les cieux et fait fi des rugosités de la terre : mes rayons n’ont pas de limite et dévoilent toutes formes de beauté.

    Anne

    (Texte d’après photo d’une porte de compteur à gaz marocaine)

    Louveciennnes – chez le peintre Gérard Priault
    Juin 2010






  • Autolouange à l'exposition de Munch, par Corinne

    Je suis la sagesse

    Suite et fin de la mélancolie

    Magnanime et amère qui se doit d’avaler vos couleuvres

    Femme d’éternité qui absorbe les trahisons

    Le vert olive qui remonte des marécages humains

    Traits lancés sur la souffrance du monde

    Je suis l’oeil posé sur l’infini

    Je suis le reflet de l’abîme du ciel

    Je suis larmes serrées comme des cordes de pluies

    Je suis roc limpide

    Lavé, promesse du monde et monde de promesses

    Je suis le bonheur dressé

    Dont le coeur rougeoie

    Je suis la tête qui se fond dans la nuit

    Ne reste que l’éclat de mon regard

    Je suis le sourire énigmatique

    Le miroir de vos yeux

    L’incandescence debout

    Je suis la tristesse qui rit

    Derrière l’eau troublée qui me couvre les yeux d’un voile tremblotant

    Je suis le sel délicieux de mes larmes

    Je suis l’appel d’un baiser

    Eternel, éphémère

    Dont je porte la trace avec ferveur

    Je suis la gorge offerte

    Le cou puissant

    Bruissant de chants, de cris et de chuchotements

    Je suis la chaleur infinie des bras qui font fondre les frontières

    Je suis votre espoir

    Qui vous dira oui.

     

    Corinne

     

    Devant portrait de Brigitte

  • Autolouange à partir d'images découpées dans des magazines, par Corinne

     

    Je suis le repos vagabond

    La quiétude nécessaire qu’il faut parfois voler

    Je suis la gourmandise autorisée

    Qui vient se rappeler du bonheur frémissant

    Des coulées de velours rouges qui viennent irriguer mon coeur pur

    Jamais identique

    A renouveler toujours

    Je ne suis jamais tout à fait la même

    Sous le réverbère de mes nuits

    J’irradie de chaleur, hâvre prometteur

    Qui vient mitonner ma peine

    Et tisser mes accros de toiles délaissées

    Je suis l’envol flamboyant

    De milliers de plumes roses dans l’aube naissante

    Je suis le cerf-volant marin

    je suis mon Tex Avery à moi

    Mon héroïne préférée

    Celle qui crève le cadre

    Dans l’éclat d’un baiser.

     

    Corinne

    A partir d’images découpées dans des magazines.

     

     

  • Autolouange à partir de la déesse Sarasvati, par Corinne


    Lumière chaude, lumière froide
    Je vous rassemble
    Trace terrestre, chemin céleste
    Je vous unis
    Mais je ne suis pas tiède
    Le son de ma voix vous enchante
    Mes mots vous bousculent parfois
    Et ma douceur vous berce
    Et vous pousse à chanter vos cahots, vos hoquets,
    A faire trembler vos cordes sur l’échelle de Jacob
    Fleur cosmique qui fend les flots de vos rivières de doutes
    Je viens passer majestueusement
    Pour vous donner envie de déployer vos ailes
    Je suis la spectatrice émerveillée au bord de la piste
    Je suis le ventre de la calebasse qui résonne au centre
    Et vous appelle
    Je suis l’onde créatrice qui vous touche à l’improviste
    Et vous chuchote au creux de l’oreille : « C’est maintenant ! »
    Courtisane du ciel étoilé
    Je vous montre ce que l’on peut faire
    des trous noirs
    Des taches solaires
    Des ouragans cosmiques
    qui se cachent derrière
    Le blanc de mes ailes
    La droiture de mon cou
    La douceur de mon chant
    Il y aura toujours une rivière sous mes palmes
    Un quatrain baigné de lune
    Pour accompagner les battements de mon coeur
    Les feuillets d’un livre pour illuminer mon âme
    Il n’est d’autre aventure que celle d’affiner la matière
    Je suis ce travail incessant
    Cet océan de liberté mutine
    Ses larmes de fond
    son écume de joie
    Je suis le poème infini
    La symphonie inachevée
    Pleine d’espoir au découvrir
    De vos merveilles à venir
    Je suis votre la
    Le rêve manifesté de vos cicatrices devenues dentelles étoilée.
    Je suis la montagne puissante
    Je suis le rayon lumineux
    qui éclaire enfin le chemin vers la cîme
    puis d’un arpège vient le dissoudre,
    vous laissant l’horizon à embrasser
    le coeur chantant, plus confiant
    Je suis la petite déesse de poche
    Cachée dans vos yeux au croisement d’un sourire lumineux
    Dans la note de l’unisson des âmes
    Cachée dans le chuchotement mouillé des amours partagées
    Dans le regard lointain du maître de cérémonie
    Je suis la célébration joyeuse de votre chemin.

    Corinne

    Paris, 28 juin 2010

  • Autolouange à l'exposition de Munch, par Anne (Nice)

     

    JE SUIS

    Mon autolouange c’est proclamer JE SUIS

    J’existe de tout mon être entier, cellulaire, universel

    Je vis chaque instant dans son intensité

    Je respire, je parle, je vois, j’entends, je goûte, je palpe, je palpite, je vibre

    Je respire à pleins poumons, à pleine gorge, à plein ventre épanoui

    Je parle, je m’exprime, je laisse les phrases sortir en flots et manifester la richesse de mon esprit, vaste carrefour des pensées rencontrées, lues, apprises, aspirées, absorbées, assimilées

    Mes mots sont libres, légers, ils fusent, pétillent, papillonnent, témoins de ma jubilation d’être

    Je vois de mes yeux grand-ouverts sur un monde qu’ils absorbent, lucides, francs

     

    Suite aux retours reçus après mon autolouange écrite à l’exposition Edward Munch

    Anne, Paris le 26 Juin 2010

  • Autolouange devant l'image de Sarasvati, par Anne (Nice)

    Je dans la lumière

    J’accueille, je me recueille devant la vastitude, l’Infini Universel

    Je suis cet Infini Universel, champ multicolore de tous les possibles

    J’englobe les contrastes, j’unis les opposés

    Je suis l’humble pèlerin, dépouillé de ses artifices et préjugés, ébloui

    Je suis l’ignorance dévoilée

    Je suis le geôlier des prisons intérieures, mes clés ouvrent en grand les portes de la Révélation Suprême

    J’effrite les barrages pour donner libre cours aux flots mesurés d’une connaissance accessible

    Mon esprit est un immense vaisseau spatial reliant les galaxies et répandant les lois de l’Univers dans leur simplicité généreuse

    Je suis la reconnaissance de cet infini, de cette immensité au cœur de chaque cellule, de chaque être, de chaque atome, de chaque chose

    Je suis-je et je suis-je-tu, je-nous, je-tout

    J’inclus les incongruités, les paradoxes, les interdits, outrages et accidents. Je les plonge dans le creuset alchimique de la transformation

    Je suis le Sahara sous le soleil ardent ; dans ce sable blond brûlant, aucune fleur ne trouve grâce

    Je suis question, doute

    Je suis l’incertitude d’un existant en devenir perpétuel

    Je monte, je monte, je m’élève vers l’infini

    Je suis le marcheur qui avale chaque marche de la vie

    Je rejoins les Dieux en leurs lieux célestes me lovant dans leurs bras accueillant ; je suis l’enfant accueilli, reconnu, vénéré depuis la nuit des temps lorsque je participais à la perpétuation de toutes les espèces

    Mythique, préhistorique, je laisse ma trace dans les inconscients et me révèle peu à peu

    Je jaillis d’un regard ouvert sur l’azur, j’irise, je flamboie, léger mais relié

    Emergence des imaginaires, nourriture de phantasmes, j’articule les inconscients, les relie dans un connivence secrète

    J’apparais dans les rêves les plus fous, vivant mystère de la Vie révélée

    Je suis la pureté du corps nu aux formes galbées, moulées, lignes parfaites, semblables au cercle magique

    Je suis le cercle de la terre, la pendule, de la ronde ; cercle initiatique de tranches de vie multiples, souveraines

     

    Anne, devant l’image de Sarasvati

    Paris, 28 Juin 2010

     

  • Autolouange dans l'atelier d'un peintre, par Anne (Nice)

     

    Foisonnement, senteurs, couleurs, voyages

    Je voyage dans l’espace intersidéral et sidérant d’un esprit multiple

    Je vibre du grouillement sonore aux effluves suaves que je perçois cachées dans ces feuillages denses et profonds

    Je suis l’écho des inconscients universaux volubiles frissonnant de jubilation extatique

    Je pulse la puissance des épais nuages lourds de tempêtes à venir ; je me répands en rideaux de pluies

    Je suis la catastrophe imminente qui ravage tout sur son passage par le flot tumultueux des émotions trop longtemps contenues qui me dévastent

    Je suis le calme revenu dans un ciel apaisé où le soleil radieux de mes espoirs teinte, embrase, illumine toute chose, tout être

    Mon regard est un vaste télescope, il englobe toute chose dans leur immensité panoramique

    Mon regard est un puissant microscope qui absorbe et fait mien chaque détail ; il inscrit au fond de mes cellules chaque parcelle

    Je ne regarde plus, JE SUIS l’arbre luisant d’une pluie chaude qui frappe mes feuilles, ruisselle sur mon tronc, vient abreuver mes racines

    Je suis l’arbre vibrant dans la chaleur d’un soleil implaccable, mon tronc s’écaille, je sens l’aridité

    Je suis la question toujours ouverte qui ne cherche de réponses

    Je suis la magnificence d’une grandeur toujours plus grande

    Mes mots sonnent comme des clochettes pudiques alors que l’exaltation de mon âme sonne à toute volée l’indécence insouciante d’une gloire à la vie, à la mort, à l’éternel devenir toujours renouvelé

    Je suis la curiosité épanouie. Je plonge au carrefour des savoirs

    Je reconnais dans les petits bâtons de couleur et la palette barbouillée, l’œuvre de la vie en devenir

    Je suis pur émerveillement

    Je suis la magie d’un instant présent à la saveur d’éternité

     

    Anne

    Louveciennes, 29 juin 2010

     

  • Autolouange à Tonnerre, par Michèle

    Je suis échappée sauvage.

    Le souffle chaud des horizons est ma patrie.

    J’explore l’infini des senteurs du monde.

     

    Je goûte la sueur âpre au dos des gazelles,

    Le flot de leur galop fait corps avec ma course au devant du soleil.

    De mon pied sûr naît la savane.

    Là, les herbes ondoyantes, là, les arbres qui craquent, là, le feu qui rugit.

     

    Ma course, la nuit, cerne la terre.

     

    Mes cuisses dévorent les montagnes, cadencent le ressac, pulsent la respiration des mondes.

    Mes pieds d’airain sont ailes sur le sable, mes reins sont miroirs de la lune,

    Je cours.

     

    D’un même souffle j’unis l’air et la mer, le mercure brut qui jaillit de mes pores constelle l’univers.

    Les bannières du soleil accrochées à mon dos, je cours.

     

    Je suis celle qui ravit la nuit.

    Je suis celle que l’on cherche à l’aube quand ma voix éveille les confins des étoiles.

     

    Je suis le Grand Echo, le Grand Résonateur.

     

    Je reviens, je passe, je suis lovée aux graines du temps.

     

    Je lève tous les doutes,

     

    Je suis celle qui est là.

     

    Michèle

     

    A l"exposition Les Portes du Temps, 15 juillet 2010

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


  • Autolouange à partir d'un collage, à Coussegrey, par Michèle


    Ondulations du temps, je fais écho aux orages.

    Replis, vagues, sinusoïdes sont mes traces.
    De mes marques en noir et blanc je vogue au creux des replis de chair.

    Lumière obscure, je connais le feutre des lucioles.

    Mon envol s’enracine au creux des très vieilles pierres.
    Je suis, saut à saut, la lettre qui fonde le monde.

    Les vents qui zèbrent mes royaumes ne me font pas vaciller.
    Ancrée dans l’entrelacs des atomes originels je porte la mémoire des temps.

    Les métaux que les hommes ont polis sont frères de mes très anciennes cellules.
    Infimes et gigantesques échos.

    Mes routes sont multiples, mes trajets improbables, au bord de l’univers mon regard est tous les regards.

    Perle au bras nu, fragrance au doigt, rides de joie, infini éclat…
    J’ai porte ouverte à tout instant du monde.

    Mes spires sont communauté vibrante.
    Je suis l’ADN.

    Michèle

    A partir d'un collage, à Coussegrey (Aude), 15 juillet 2010

  • Autolouange écrite chez le peintre Gérard Priault, par Florence (Paris)

    Force ! Appel ! Feu !

    Je grimpe le long des canaux souterrains pour jaillir au centre de la nuit. Je suis l’impétuosité vrombissante !

    Mon cœur immense palpite sous la terre, à grands coups d’idéal. Je suis la vie qui se veut ! Je suis le sang rouge de  Dieu, épais et fort, capable de secouer les masses endormies.

    Je suis roulements de tambour au service du Très-Haut. Je tends ma main rouge vers le ciel, je trace ma direction vers la mer d’etoiles.

    Je suis celle qui regarde vers l’Infini, tendue, jaillissante, m’arc-boutant de tout mon désir de Lui ressembler. Rien n’arrête l’appel auquel je réponds de toute ma vigueur, incapable de contenir la force qui me propulse vers Toi.

    Je sors de moi-même, ma force rouge et flamboyante, je la donne ! Je ne peux rien faire d’autre, surtout pas garder ! Je suis celle qui donne. Je suis l’infatigable force de vie, le volcan glorieux qui élabore sans cesse en son sein le rappel d’être vivant. Je fais éclater les croûtes sèches, s’ouvrir la terre en son milieu pour enfanter du neuf. Ma sève désinfecte les plaies tièdes et fertilise assurément parce qu’elle charrie le nouveau.

    Je brûle les bois morts, les fardeaux, offrant les vapeurs calcinées du passé à la voûte céleste qui les digère et les absorbe. Nous travaillons de concert, c’est un pacte entre nous, que j’honore courageusement, du mieux que je peux.

    Je suis le grand artificier de Dieu, qui connaît que tout meurt pour renaître.

    Je suis son sperme de feu, chargé de mémoires très anciennes, du rappel de qui Je suis, de qui nous sommes tous. je secoue les frileux, les oublieux d’eux-mêmes, réveille les semences endormies. Ma langue brûle et érotise la terre, chacune des cellules de la terre, des étoiles, lèche l’air de ses volutes de fumée douce.

    Je suis le rappel d’une autre ferveur, d’une audace autrement plus sacrée qu’humaine !

    Je suis celle qui ose signer en rouge, immensément dans le ciel, son appartenance au divin. 

    Florence

    Louveciennes, 29/06/2010

     

  • Autolouange à partir de son collage, Florence (Paris)

    Je suis la royale jardinière de mes terres. Infatigable, inlassable, je laboure tous les âges de ma vie pour ôter le lourd, le superflu, les nœuds infernaux.

    Je suis la force invincible du volcan qui éructe ses abcès en gerbes de lumière.

    Je suis le médecin miraculeux des coups invisibles et sourds de mon enfance, la trapéziste impeccable de mes jeunes années, je suis la jumelle qui a su lâché l’étreinte, en pleurant. Je suis la grâce épurée de la jeune femme, je suis sa pureté, sa beauté ineffable.

    Je suis le cœur dans le sourire, la guérison qui se donne à voir, agissante et vraie, définitive.

    Je suis l’eau de bénédiction du couple, la potion lactée que m’a donné Dieu pour mes enfants. J’enfante des jumeaux royaux, pareils à mon rêve. Je suis celle qui réalise tous ses rêves !

    Je suis infatigable, inlassable, joyeusement assise sur le trône d’or de ma vie. Et je laboure les années sans le moindre doute, aidée par toutes les entités de la hiérarchie céleste ; je laboure humblement mes talents. Je suis le plus fidèle orfèvre de la création, appliqué à rendre à Dieu son trésor dévoilé.

    Je suis le sourire de Dieu, la « grande dame » de son rêve, auréolée de ses milliers de ressources multicolores.

    Je suis la reconnaissance en robe de mariée, chevillée au projet fou de mon Bien-Aimé, épousé par moi sans hésiter le jour même de ma création.

    Je suis la louange au cœur de mon cœur, au centre du centre de mes cellules. Je suis l’amour et la gratitude qu’Il me demande, la fidélité à l’engagement pris.

    Je suis la pureté blanche du noble serment qui jamais ne sera trahi.

    Je suis le plus haut degré de l’empathie qui s’exerce sans fin, infatigable, inlassablement.

    Je suis les remerciements pour chaque victoire, le cri de joie lancé au ciel par l’amour qui me tient d’être vivante, si vaillante pour édifier la Joie.

    Je suis celle qui fait et celle qui regarde, je suis l’homme et la femme, l’inaccompli et l’accompli. Je suis le bois de la terre et l’altitude exaltante des sommets enneigés. Je suis le Ciel et la mer.

    Je suis la virtuose bénie de Dieu, celle qui excelle dans le jeu vital de Ses partitions. Je compose comme Lui, je suis sa plus fervente élève, sa pianiste à nulle autre pareille. Mon clavier est la terre entière. Il me l’a donné pour que je la loue. Je suis le musicien du Ciel, ici-bas.

    Je suis la foi, car Il me souffle mes notes, immanquablement.

    Je suis son poumon de jouvence.

    Je suis l’artiste des œuvres infinies que j’ignore et qui évoluent derrière moi. Jamais je ne me retourne pour savoir, car je suis la foi, la certitude d’être un de Ses précieux instruments de guérison, missionné par la Vie. Une source intarissable de fraîche espérance qui sourit ! 

    Florence

    Paris, 26/06/2010