• Autolouange, Manuela

    Je suis les tourbillons en teinte charbon, les spirales sombres de cheveux ébouriffés par les tempêtes, lavés par les mers et les océans, salés par les larmes de toutes les femmes mettant au monde leurs enfants.

    Je suis les sombres nuits aux cauchemards effrayants, charriant dragons, monstres et démons sur les rives exsangues de tous les êtres meurtris.

    Je suis les crayons de geai, les courbes affolées, le souffle saccadé, la biche aux aguets, les yeux écarquillés dans la nuit.

    Je suis la branche d’or sur laquelle le vagabond s’accroche, la lumière brillant dans toutes les âmes, l’espérance immortelle au fond de chaque cœur.

    Je suis la main tendue au plus profond des désespoirs, le printemps dans le cœur de l’hiver, l’étoile guidant l’aveugle ;

    Je suis la vie, injuste, amorale, infidèle et pourtant si chérie et si belle.

     

    Manuela

    A partir d’un tableau

    Crissier, 23 juin 2010

  • Fleur jaune, Manuela

     

    Je suis de la couleur du soleil, mon cœur orangé parsemé de pistils érigés invitent l’abeille et le bourdon au festin sucré de mon nectar.

    Balancée par la brise matinale, je danse avec mes copines, jouant sans résistance au gré des caprices du vent.

    Ma corolle est une œuvre d’art, la couleur d’abord, un dégradé d’orange et de jaune est ma robe. Partagée en 4 pétales parfaitement égales, ciselées finement dans leur bordure, je suis coquette et élégante.

    Je frémis, bercée par ce souffle aérien, Râ pour témoin m’inonde de sa généreuse lumière, me réchauffant de sa douce chaleur, que c’est bon d’être fleur.

     

    Manuela

    Crissier, 22 juin 2010

  • Autolouange à partir d'une carte postale, Manuela (Suisse)

     

    Je suis le tout, je suis le néant, la présence du silence infini, le passé, le présent et l’avenir.

    Je suis le monde et son absence, les trous noirs et les chaos desquels naissent les étoiles.

    Mon cœur rythme les tambours de chaque battement d’ailes, de chaque battement de cœur. Mon souffle épouse l’air et le vent. Mon amour aussi vaste que l’infini, aussi profond que l’éternité apaise, répare, accueille chaque passant, roi ou mendiant.

    En mon sein tout être, petit ou grand, reconnecte à sa propre lumière, à sa noblesse, retrouve sa place et son chemin.

    Mon sourire illumine tel un phare dans la nuit, Bouddha je suis.

    Je se fond dans l’air chaud, je suis le vent, je suis le papillon, l’ortie, le miel, la buse et le lièvre. Je n’existe plus et je suis partout.

    Quand mes lèvres esquissent le sourire, deux fils invisibles et pourtant si palpables soulèvent les bords de mon cœur et c’est chaque cellule de mon corps qui sourit et chante un hymne à la vie.

    Manuela

    Carte postale « Bouddha »

    20 juin 2010

  • Autolouange à partir d'une carte postale, Marie à Neuchâtel

     

    Regard espiègle, rieur et doux

    Je suis celle qui porte avec grâce

    Les plus lourdes charges

    Auxquelles mon élégance donne un aspect de plume.

    Mes yeux voient l’âme des êtres

    Et percent les mystères du monde.


    J’illumine ma simplicité d’un sourire accompli.


    En chaque instant je réalise ma mission,

    Fût-elle de présenter les plus beaux fruits

    A l’étranger curieux et méfiant.


    Je sais comment apaiser les craintes

    Et inviter à goûter ce qui n’a pas encore été rencontré.

     

    Je connais le langage de la terre et

    Ses cadeaux immérités

    Trop souvent gourmandement dilapidés.


    Toute de toile et de voiles vêtue,

    Je suis l’immédiateté du don,

    La transparence de la générosité.


    Je suis ce goût suave pour lequel

    A été inventé le mot « nostalgie »,

    Cette irruption du soleil des îles

    Dans nos vies en risque  de morosité,

    Cette luminosité douce qui réconforte et stimule.

     

     Marie à Neuchâtel 20 juin 2010

     

     

  • Autolouange de Michèle (Suisse)

     

    Déesse de l’amour

     

    Je suis la déesse de l’amour. Assise sur mon trône et nimbée d’une aura resplendissante, j’éblouis tous ceux qui me regardent, je les attire irrésistiblement. J’accueille leurs hommages de mon sourire magicien et je leur distribue en retour la pluie dorée de mes bénédictions et de mes bienfaits. Je suis puissante et paisible, tout m’est possible, je suis invincible, intouchable, car je suis divine, en totale union avec l’univers et Dieu, je suis moi-même un fragment de Dieu. J’ai atteint le but suprême, je suis revenue chez moi pour l’éternité. Je suis Amour.

     

    Michèle

    juin 2010