• Autolouange au printemps des femmes mars 2010

    Je suis la force galopante du cheval fougueux
    Je vais ou le vent m'emporte et me décoiffe
    Je suis le souffle chaud de la matrice,
    Je suis la terre-mère de la caverne, sa puissance et sa gloire.
    Je caracole somptueuse dans l'univers, ivre de ma folle cavalcade.
    Le mammouth me désire, je lui tends ma corolle.
    Je ne redoute pas sa force, je suis sa divine maitresse.
    Dans mon antre magnifique coule une fontaine et cette eau de vie est désirance.
    Je suis le souvenir ancestral, la sève gouleyante des magiciens du matin des mondes.
    Je suis femme fière de mon magnifique destin.


    Je me retrouve hurlante du désir de voyager encore et toujours plus loin qu'aucun explorateur ne l'a jamais fait.
    J'expose mes toiles, les chefs-d'œuvre de ma vie.
    Chacune dit le secret de ma naissance et me propose des tremplins allant plus loin.
    J'enfourche l'étalon de ma jeunesse et fonce joyeuse et conquérante vers ces ailleurs colorés.
    Ma vieille nous vieillirons ensemble et j'allumerais toutes les merveilles encore cachées de ma vie.
    Je suis la chaumière douillette de mes nids ancestraux,
    Je suis le coteau verdoyant à chevaucher sans crainte,
    Je suis l'éther glacé de l'hiver, le miroir étincelant de mon enfance.
    Ma vieille je ris de mes facéties: aligner des toiles sur une corde à linge me mets dans une joie indicible.
    Je suis celle que l'on dira folle mais j'emmerde les juges et je m'explose littéralement dans cette nouvelle vie...
    Je ne deviens vieille que de la "carrosserie"
    Je suis une limousine dont l'intérieur est tendu de fils d'or
    Je suis le champagne pétillant, je me bois sans retenue! ma vieille enfin je t'aime.

    Je suis la tourmente, les volutes acides et fielleuses du divin crachat
    Je suis cette autre qui nargue les grands du haut de sa toute puissance
    Je brandis mes doigts crochus à la lune.
    Je suis ce peintre fou hurlant son désir ravagé.
    Je suis la vomissure du vent qui souille les montagnes et vient cingler les moissons.
    Je repousse toutes formes droites, pures, denses, stériles.
    Je crée les contours d'un autre monde.
    Je brandis ma force, ma valeur, ma puissance de femme fière et entière.
    Je m'accueille en son sein. Je suis reine. J'ai le goût du miel.

    Magali