• Application de l'autolouange durant mes stages, Laurence Moniotte

     

    Durant mes stages, j’ai eu l’occasion d’expérimenter l’autolouange avec des élèves d’écoles très différentes. En effet, ma première expérience se déroula dans une école réputée et dite élitiste. J’avais plusieurs classes de premières et deuxièmes secondaires générales, dont une classe où cela m’intéressait plus particulièrement d’expérimenter l’autolouange. Cette classe était une première année secondaire constituée uniquement d’élèves doubleurs. Au sein de l’école, elle était réputée faible et très remuante. D’ailleurs, l’enseignante responsable accepta de me donner cette classe uniquement pour mon activité d’estime de soi.

     

     

     

    Dès que je pris contact avec ces élèves durant des heures d’observation, je compris très vite qu’ils étaient en totale démotivation et dévalorisation d’eux-mêmes pour la simple et bonne raison que pour tous les enseignants c’était la classe des « mauvais élèves » dans tout le sens du terme. Sans doute, avaient-ils contribué à cette image. Je suis donc arrivée dans cette classe avec mon activité, ma surprise fut qu’ils étaient très attentifs (contrairement à leur habitude) et très curieux et avides de savoir en quoi cela consistait.

     

     

     

    La présentation que j’ai faite de l’activité était assez simple. J’ai écrit au tableau des pistes possibles dont ils pouvaient s’inspirer pour écrire leur autolouange (famille, surnoms, origines, événements…). Dans un premier temps, j’ai pris le mot autolouange et je leur ai demandé à quoi cela leur faisait penser. Très vite, j’ai eu les réponses attendues à savoir faire une louange de soi.

     

    Je leur ai expliqué qu’il s’agissait de parler d’eux en « sortant la grand-voile », en amplifiant leurs qualités, leurs dons, pas pour se mettre en avant, mais retoucher à ce que nous sommes vraiment en chacun de nous. Au début, ils ont eu une réaction un peu réticente, ils avaient l’impression que je leur demandais de se vanter et, effectivement, dans notre culture, ce n’est pas bien vu. Ils avaient également très peur de parler d’eux-mêmes, de se dévoiler et de devoir lire devant toute la classe.

     

     

     

    Très vite, j’ai calmé leurs craintes en invitant leur enseignante à faire le même exercice, en leur montrant que moi-même je me prêtais au jeu et surtout qu’il s’agissait de lire et d’écouter dans un très grand respect. J’ai donc instauré une sorte de contrat éthique, comme vu dans la partie théorique, qui permettait à chacun de se sentir respecté et sécurisé. Pour ce faire, j’ai simplement expliqué « les règles de jeux » avant de nous lancer dans l’écriture. Je leur ai également expliqué qu’il ne s’agissait en aucun cas de se vanter, mais plutôt d’aller chercher l’or qui est caché en chacun de nous. Je leur confiais que j’étais certaine qu’il y en avait en chacun d’eux.

     

     

     

    Petit à petit, chacun se prêta au jeu et finit par contagion (comme l’avait expliqué Marie Milis dans son ouvrage) à écrire son autolouange. Quelques fois, les élèves venaient me voir en me demandant de lire et de leur dire si c’était bien cela que j’attendais. C’est une très grande preuve de confiance de leur part sachant que je n’étais que stagiaire et que je ne passais que quelques heures avec eux. Je les rassurai donc et parfois je les invitais à exagérer beaucoup plus, car cela ressemblait trop à un simple portrait qu’à une autolouange. Durant l’activité, les élèves ont respecté la lecture de chaque texte, même si j’ai dû à quelques occasions rappeler à l’ordre l’un ou l’autre.

     

     

     

    Au final, j’obtins de chacun une autolouange et chaque élève lut son texte, ainsi que l’enseignante et moi-même à la fin. Les réactions furent fabuleuses. Chacun était surpris de la beauté de ce qu’il avait écrit (même l’enseignante) et curieux de découvrir les autres sous un nouvel angle.

     

     

     

     

     

    Ce petit groupe d’élèves qui avait été très divisé par diverses tensions forma une véritable cohésion. Leur évaluation de l’activité démontra d’ailleurs ce fait et l’enseignante me confia avoir changé l’image qu’elle avait d’eux.

     

     

     

    Pour ma première expérience, j’avais été vraiment touchée par cette classe et ses élèves qui étaient en grande difficulté scolaire et relationnelle. J’avais senti que cette classe était l’endroit rêvé pour tester l’autolouange. Ces élèves qui n’avaient plus aucune estime d’eux-mêmes à cause de leurs multiples échecs avaient enfin retrouvé un peu de motivation et d’estime. Malgré le peu d’heures que j’ai passées dans cette classe, j’ai senti que j’ai eu un rapport privilégié de confiance avec chacun des élèves.

     

     

     

    J’ai retenté l’expérience de l’autolouange dans une école où les sections professionnelles, techniques de qualification, techniques de transition et générales se mélangeaient. Durant ce stage, j’ai eu des classes de premières et deuxièmes secondaires générales et des quatrièmes professionnelles. J’ai pu alors comparer les classes qui se mettaient plus facilement à l’écriture et celles qui émettaient plus de réserves. Mes classes de premières et de deuxièmes se mettaient plus vite au travail, mais avaient plus tendance à faire le strict minimum alors que ma classe de quatrième professionnelle avait plus de réticences, mais lorsque ces élèves se sont livrés à l’exercice, ils ont écrit de très belles choses.

     

     

     

    Les réactions fréquentes que j’ai pu avoir étaient souvent liées à l’évaluation : est-ce que l’exercice va être côté, est-ce que l’orthographe compte ? Je ne fus pas vraiment étonnée de ces réactions. Le système scolaire pousse les élèves à la course aux points, et souvent les parents aussi ne s’intéressent qu’à cela. Ce fut l’occasion pour moi de leur rappeler que les points avaient une valeur indicative dans leur parcours scolaire, que c’était une manière de se situer dans leur développement cognitif, mais que ce n’est pas une finalité en soi. Je leur ai également expliqué que l’activité n’était pas évaluée et que le but n’était pas vraiment scolaire. De cette manière, je leur permets de laisser libre court à leur imagination, ils peuvent écrire ce qu’ils désirent du moment qu’ils respectent la consigne de l’amplification du « je ».

     

    Bien sûr, certains élèves ont vu l’absence d’évaluation, comme un « repos », il a fallu que je les pousse plus à se lancer dans l’écriture.

     

     

     

    L’autolouange m’a permis d’avoir un autre contact avec mes élèves, j’ai gagné leur confiance et leur respect en peu de temps. J’ai d’ailleurs gardé des contacts avec quelques-uns de ces élèves. Au sein des groupes classes, les rapports était beaucoup plus sains et agréables. Je me suis évidemment frottée à une classe plus réticente que prévu. J’ai alors amené au cours suivant la signification de chacun des prénoms des élèves en y ajoutant une phrase de louange que j’avais écrite moi-même sur chacun d’entre eux. L’effet fut très positif, les élèves ont eu beaucoup plus de facilités à se lancer dans l’écriture et ont gardé ma phrase comme un joyau sur la feuille.

     

     

     

    Évaluation de l’activité d’autolouange

     

     

     

    Évaluation de la classe de première générale composée uniquement d’élèves doubleurs dans une école dite « élitiste »

     

     

     

    J’ai aimé cet exercice parce que :

     

    -         cela fait du bien de parler devant les autres

     

    -         on peut livrer tout ce qu’on pense sur le papier sans jamais s’arrêter

     

    -         cela nous a permis de développer notre imagination

     

    -         grâce à celui-ci, on peut se remonter le moral

     

    -         cela nous fait réfléchir sur nos points positifs

     

    -         c’était un exercice très chouette et on pouvait partager des choses ensemble

     

    -         il m’a permis de découvrir que je n’avais pas que des défauts

     

    -         cela nous a fait réfléchir à ce que l’on pensait dans notre tête

     

    -         cela nous a permis de nous exprimer et de mieux nous connaître

     

    -         on comprend mieux les gens

     

    -         comme cela, on peut se connaître

     

    -         on a pu dire ce qu’on avait sur le cœur, nos malheurs et nos bonheurs

     

    -         parce que les poèmes je les adore, j’aime les mots

     

     

     

    Je n’ai pas aimé cet exercice parce que :

     

    -         il faut lire notre autolouange devant la classe et parfois on a un texte qui est difficile à comprendre et qui peut être interprété autrement

     

    -         cela en dit beaucoup sur notre vie (mais j’ai aimé)

     

    -         mon autolouange ne ressemblait à rien

     

    -         on devait passer devant la classe

     

     

     

    J’ai découvert :

     

    -         que sous le sourire des autres, on ressent leurs douleurs, leurs peines et que dans la vie de chacun, il n’y a pas que du bonheur

     

    -         que c’était difficile d’écrire ses qualités

     

    -         ce que les autres ressentaient

     

    -         que j’avais beaucoup de talent et peu de défauts

     

    -         que beaucoup de gens qui ont un sourire en vérité souffrent

     

    -         que les autolouanges leur appartenaient

     

    -         qu’on est soulagé lorsqu’on écrit

     

    -         les pensées des autres

     

    -         les autres, leurs hobbies et leur vie

     

    -         qu’il y a des gens biens dans la classe

     

    -         plein de choses sur les autres

     

    -         que les autres ont aussi des malheurs et qu’on n’est pas les seuls

     

    -         rien, j’ai l’habitude (de l’écriture)

     

     

     

     

     

     

     

    Cet exercice m’amène à penser que :

     

    -         les vrais amis ressentent vraiment ce que vous lisez comme si c’était leur vie

     

    -         je suis très/trop négative

     

    -         nous ne sommes pas rien

     

    -         je ne suis pas bête

     

    -         qu’il faut beaucoup réfléchir car vous nous avez demandé de surmonter nos souffrances et cela fait que nous les surmontons

     

    -         les autolouanges des autres étaient mieux

     

    -         la vie n’est pas si sombre

     

    -         à ce que j’ai dans la tête

     

    -         les autres enfants sont plus sympas que je ne le pensais

     

    -         tout le monde a déjà eu des souffrances

     

    -         je suis quelqu’un de bien

     

    -         j’ai beaucoup de qualités et je ne m’en rendais pas compte

     

     

     

    J’estime qu’il est important ou pas important de prendre conscience de sa valeur parce que :

     

    -         c’est important de prendre conscience de cela car les gens doivent exprimer leurs émotions

     

    -         on peut découvrir ce que les autres ressentent et on peut dire ce que nous ressentons aussi

     

    -         si on se rabaisse, on se croit nul, on se sous-estime, après, on ne saura jamais utiliser ses capacités

     

    -         pour vivre vaut mieux avoir conscience de sa valeur mais faut pas être vantard non plus

     

    -         on n’a pas que défauts

     

    -         dans la vie, on a tous de la valeur

     

    -         on n’est pas mieux que les autres, on est comme eux.

     

    -         nous avons plus confiance en nous et on comprend la souffrance

     

    -         on a eu des moments de bonheur, on sait ce que cela fait de l’avoir dans le cœur

     

    -         vivre dans l’ombre ou le négatif nous détruit, sans prendre conscience de ce qu’on est vraiment

     

     

     

    Ces évaluations permettent de comprendre que certains élèves saisissent toute l’importance et les bienfaits de l’activité et d’autres sont encore dans le jugement d’eux-mêmes et dans la comparaison. J’ai pu remarquer, durant mes stages où j’ai fait l’autolouange avec les élèves, que ceux-ci sont souvent subjugués de voir la beauté des textes de leurs camarades et ils se disent alors que leur texte ne vaut rien. La plupart du temps, ces élèves se trompent. Nous n’avons pas tous la même facilité à écrire, mais face à cet exercice, cela ne compte pas vraiment au sens où on peut écrire très simplement des choses très belles. Ce sont les images qui nous touchent, et j’ajouterai même que, souvent, ce sont les phrases les plus simples qui nous émeuvent le plus. Ce qu’il y a de génial dans cet exercice, c’est que non seulement on apprend à se donner des signes de reconnaissance positifs à soi-même, mais en plus en lisant face au groupe, on reçoit des signes de reconnaissance positifs de la part des autres.

     

     

     

    Les élèves qui écrivent dans l’évaluation de l’activité que leur autolouange ne ressemble à rien n’ont pas encore appris à accepter les signes de reconnaissance positifs, cette activité est pour eux le premier pas. Je pense d’ailleurs qu’il est utile de réitérer l’expérience plusieurs fois dans l’année à des moments clés (période avant les examens, période de tensions ou de stress…).

     

     

     

    À côté de cela, nombre d’élèves écrivent le bien-être qui est ressorti. Il explique leur étonnement face à ce qu’ils ont écrit et que les autres ont écrit. Ils se rendent compte qu’ils valent quelque chose et qu’ils sont dans un groupe classe où les autres sont intéressants à connaître.

     

    Certains parlent également de leur sortie de l’obscurité, ils reviennent petit à petit vers des choses plus positives. L’élève qui dit : « si on se rabaisse, on se croit nul, on se sous-estime, après, on ne saura jamais utiliser ses capacités » comprend tout le sens de l’autolouange. Le but dans les milieux scolaires est de redonner goût d’apprendre et de faire des efforts. Souvent, les élèves ne voient plus l’intérêt de faire des efforts pour réussir puisqu’on leur renvoie des images négatives d’eux-mêmes.

     

     

     

    L’élève qui explique : « on n’est pas mieux que les autres, on est comme eux » donne aussi du sens à l’activité, car le but n’est pas de se vanter, ni de se mettre avant. Ces élèves de premières ont découvert que leur classe n’est pas une classe « poubelle », qu’ils avaient de la valeur et les moyens pour réussir à condition de le vouloir. Ils ont aussi compris que souvent on est victimes du regard de l’autre sur soi et également que nous sommes très mauvais juges de nous-mêmes.

     

     

     

    Je conclurai de ces évaluations que la majorité des élèves se lancent à l’aveuglette dans cette activité sans trop savoir où cela va les mener et en ne comprenant pas tout à fait les tenants et aboutissants. Ils sont ensuite agréablement surpris des bienfaits que cela leur apporte et beaucoup gardent leur texte comme un trésor de découvertes sur eux-mêmes. Il reste une minorité qui a plus de difficultés à se lancer et qui reste malheureusement plus dans la comparaison des autres et dans la peur du jugement. Ceux-là seront peut-être plus tirés la prochaine fois par le groupe. Tout le monde ne peut être réceptif à l’autolouange, il s’agit aussi à l’enseignant de l’accepter. Certains élèves refusent même d’écrire ou sont absent leur jour où il faut lire le texte, ces manœuvres d’évitement, il faut les accepter, car une autolouange forcée n’a pas de valeur.

     

     

     

  • Je suis le voile, Saint-Didier été 2011

     

    Je suis le voile déposé au petit matin de mes noces.

     

    Des anges s'éveillent à mes côtés.

     

    Pleine de gratitude pour la douce rencontre avec l'aimée,

     

    Comblée par tant de merveilles déterrées.

     

    Je suis pluie fine à faire germer les semences de mon pré-fleuri arc-en-ciel.

     

    Les multiples facettes de mon être, jusqu'ici éparses, s'assemblent pour former

     

    ma couronne de mariée.

     

    Je suis la complice de mes forces vives,

     

    L'alliée de mes ancêtres,

     

    L'amie de mes âmes sœurs.

     

    Révélée peu à peu à moi-même,

     

    Reconnue dans les musiques de mon cœur,

     

    Je proclame ma noblesse, revendique ma singularité, confirme mon existence.

     

    Je suis barque qui s'élance dans la mer,

     

    Confiante et consciente.

     

    Toujours reliée,

     

    Connectée à la lumière du firmament.

     

    Je demeure dans une île luxuriante et habitée.

     

    J'en détiens la clé.

     

     

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

     

     

  • Je suis liberté enfantine, Saint-Didier, été 2011

     

    Je suis liberté enfantine.

     

    Je saute dans les flaques, me remplit la bouche et les poches de framboises juteuses.

     

    Les champs et les chemins sont mes terrains d'explorations.

     

    Dans la savane aux mille dangers, j'y suis Tarzan éloignant les tigres affamés, Daktari au chevet des éléphants. Les forêts sont mon univers et j'en suis Robin le Roi.

     

    Les arbres me parlent leurs ancêtres, leurs épopées, leurs secrets, leurs rêves.

     

    J'enlace leurs troncs de mon corps et me fonds dans leur énergie.

     

    J'accueille leurs plaintes, leurs chuchotements, leur respiration.

     

    Je leur rends leur dignité et leur ouvre la lucarne des possibles.

     

     

     

    Je suis chair ronde et ferme. Femme dans l'épanouissement de sa vie.

     

    De moins en moins pudibonde, de plus en plus pudique.

     

    Mes instincts femelles resurgissent du fond des âges.

     

    Je pare à l'essentiel, à la survie de mon humanité.

     

    Je me dirige vers mon Nord, avec la précision de l'arc de Guillaume Tel.

     

    Une décision sans concession.

     

    Un pacte signé de mon sang avec le Seigneur de l'Univers.

     

     

     

    Je suis calice ramené des mes voyages d'Orient.

     

    Ma coupe contient la tendresse virginale, la douce compassion fraternelle, la chaleur d'un cœur en éveil, l'assurance d'une présence bienveillante, le pardon incarné, l'union des forces vives de l'homme et de la femme.

     

    Je suis Ying et je suis Yang.

     

     

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

     

     

  • Je suis un chardon, Saint-Didier été 2011

     

     

     

    Je suis un chardon des champs oublié par les lames effilées de la tondeuse.

     

    Une échappée de la course aveugle et détermine de l'engin.

     

    Je suis une chance pour les abeilles.

     

    Je leur accorde un laisser passer pour accéder à mon nectar.

     

    Mes fleurs ont la couleur des gerbes de lavande.

     

    Petites collines rondes retenues par des colonnes végétales,

     

    Elles se dressent avec fierté vers le soleil.

     

    En capter la lumière, la chaleur, la majesté pour parfumer le miel à venir.

     

    Mes fidèles sentinelles me protègent des prédateurs et des esprits malins.

     

    Qui parvient au matelas de mes pétales s'offre une couche soyeuse et sûre.

     

    Juchée sur une solide tige, je brave les pluies froides et les vents hostiles de l'hiver.

     

    La souplesse de ma forteresse me fait ployer à la fraîcheur de la brise les soirs de canicule.

     

    Ma robustesse est gage de longévité.

     

    Ma simplicité, un premier pas vers l'humilité.

     

     

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

  • Je suis les mains, Saint-Didier été 2011

     

     

    Je suis les mains qui brassent les eaux du Gange,

     

    le corps drapé de voiles pourpres et safrans.

     

    Je suis Venus sous la cascade de lierre.

     

    Je suis le plongeon des chutes du Niagara.

     

    Je suis le vent qui épouse le tonnerre

     

    Le vitrail qui vole en éclat.

     

    Je suis l'étole sur les épaules de l'humanité.

     

    Je suis l'enclume de la forge souterraine.

     

    Je suis faite d'eau et de chair

     

    Hélène qui s'abandonne à Ulysse.

     

    Je suis l'éclaircie qui déchire les nuages anthracite

     

    L'âme sœur des cœurs sincères

     

    Je suis la félicité des ondulations de ma vie

     

    La gratitude à l'éclosion de ma lumière.

     

     

    Nathalie

     

  • Je suis petite fille de forgeron, Saint-Didier été 2011

     

    Je suis petite fille de forgeron. La masse de son corps s'abat en rondes répétées sur les socles rougeoyants, aiguisés et tranchants du glaive du Zeus. Son épouse, légère et fine, est un papillon. Sa voix est souffle d'ange. Sans le savoir, elle m'a transmis cette capacité à ressentir les vibrations des chants sacrés.

     

    Je suis aussi petite fille d'un créateur de sillons droits et de jardins sans frontières. Il règne sur ses terres et veille sur une abondante progéniture. De sa tour, il rêve de l'immensité des espaces du Grand Nord. Son épouse à lui, femme solide et bien plantée, est surtout enfant rieuse, insouciante, insaisissable enfant de liberté.

     

    Je suis fille d'un mécanicien hors pair. Son ouïe de lynx décode les accros les plus fins des moteurs qu'il ressuscite. Mon père est Mozart et Vivaldi. Grave dans les parties de cartes, jovial et taquin dans les rencontres. Il a le don du mouvement et du rythme. Il est tango et valse de Vienne. Ses lèvres sont alouettes au sommet des cimes. Sa jeunesse est fouge, escalades fébriles pour dénicher les Edelweiss. Mon père est baobab qui héberge les palabres du village. Ses paroles, ses poignées de mains parcourent les maisons et les marchés. Tard l'été, ses pas le conduisent auprès des moissonneuses à l'arrêt. Il est le sauveur des récoltes.

     

    Je suis fille d'une femme nourrie par une terre d'adoption. Déracinée, délaissée, humiliée. Une résiliente. Une dure à cuire. De l'or dans les mains, et caméléon, ses talents se multiplient au gré des besoins. Ebéniste, couturière, chef coq, artiste peintre, maîtresse d'école, infirmière, paysagiste, femme d'affaires. Je suis l'héritière d'une lignée qui a connu les départs aux Amériques, l'évitement du fracas du Titanic. Je suis une langue dont la poésie se découvre au fil du temps.

     

    Nathalie

     

     

     

  • Je suis le temple vivant, Saint-Didier été 2011

     

    Je suis le temple vivant du Seigneur,

     

    La jouissance du premier baiser

     

    L'aube qui s'ouvre à son soleil

     

    La parure des reines du Nil.

     

    Je suis l'encens qui purifie les âmes,

     

    L'éclosion du printemps de ma vie.

     

    Je suis nourriture pour l'homme,

     

    Mes mains ensemencent la terre

     

    Ma volonté épouse les contours de l'invisible.

     

    Je suis brasier sur le rivage,

     

    L'ancre de mon voilier

     

    La toile de mes rêves.

     

    Je suis le berceau de mon royaume,

     

    L'offrande confiée à la Croix

     

    L'enfantement du nouveau monde.

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

  • Je suis l'enfant de Dieu, Saint-Didier été 2011

     

     

     

    Je suis enfant de Dieu déposé dans le berceau de ses bras

     

    Signature de mon abandon.

     

    Je suis fille de Dieu présentée à l'eau du baptême

     

    Reconnaissance inconditionnelle de son amour.

     

    Je suis main de Dieu tendue dans les moments de désespoir,

     

    Levier pour accomplir mon royaume.

     

    Je suis cœur de Dieu déposé à la croix du sacrifice,

     

    Lumière vivace et ardente de mon éternité.

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

  • Je suis l'arbre aux mille branches, Saint-Didier été 2011

     

    Je suis l'arbre aux mille branches, refuge pour les oiseaux.

     

    Les étoiles s'y suspendent en corolles étincelantes.

     

    Je suis l'humus dans lequel puisent les racines de mon ciel.

     

    Je suis l'enceinte des pierres monastiques, elles seront mon tombeau.

     

    Je suis le chef d'œuvre des compagnons bâtisseurs.

     

    L'offrande de millions de vœux à exaucer.

     

    Je suis le temple vivant du Seigneur.

     

    La jouissance du premier baiser.

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

  • Je suis pépites de chocolats, Saint-Didier été 2011

     

    Je suis pépites de chocolats sur des gâteaux improvisés

     

    Chants initiatiques des veillées nocturnes

     

    Eclats de rires aux beaux jours.

     

    Cracheur de feu pour éloigner les mauvais esprits

     

    Je retiens ainsi les plus valeureux des compagnons.

     

    Je suis l'eau des oasis

     

    Nénuphars posés sur les marais

     

    Goût d'aventures et de rencontres

     

    Mère adoptive des exilés de leurs terres.

     

    Je suis l'invisible flamme

     

    Mon point cardinal

     

    Souffle de ma liberté intérieure

     

    L'Evidence du sens de ma naissance.

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

  • Je suis un vague à l'âme, Saint-Didier été 2011

     

    Je suis un vague à l'âme dont les remous éprouvent les dentelles de la vie,

     

    Un voyageur sans but et sans horizon avec pour bagages des rêves en latence et la frustration du temps qui s'écoule.

     

    Je suis le regard éperdu qui cherche en vain une éclaircie, une voie, son filon d'or.

     

    J'ai les pieds écorchés par ce voyage sans fin dans les jardins d'Alice,

     

    Les poings ficelés par les barbelés de mes peurs.

     

    Je suis prisonnière de mes idéaux, châteaux de sable d'un jour.

     

    L'apathie me grignote centimètre par centimètre.

     

    Le flot de mes larmes noie le courage et l'audace de ma jeunesse.

     

    La tristesse gagne le niveau de mon cœur exposé à livre ouvert.

     

    Je suis l'au secours qui tente d'éviter le court circuit fatal des regrets, de la démission et de l'amertume, signes de vieillesse.

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

  • Je suis le sable..., Saint-Didier été 2011

     

     

     

    Je suis la voyageuse des espaces habités

     

    La foudre qui brise les chaînes

     

    Le fracas des vagues de l'Atlantique

     

    Le drapeau dressé au clairon de la victoire

     

    La falaise qui porte le regard au lointain.

     

     

     

    Je suis le sable sur lequel reposent les châteaux forts

     

    Le cristal des glaces millénaires

     

    Le sourire qui s'échoue sur les joues

     

    Le linge frais doux au sommeil

     

    La grotte secrète des pirates.

     

     

     

    Je suis le silence des chapelles endormies

     

    Le velouté de la pêche dorée par le soleil

     

    La rose du bouquet de la mariée

     

    La prière qui s'échappe de mes lèvres closes

     

    L'ultime jouissance des amants enlacés.

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

  • Je suis les ombrelles, Saint-Didier été 2011

     

     

     

    Je suis les ombrelles parsemées dans la plaine rousse.

     

    Mon ombre est aire de fraîcheur aux heures crépitantes du jour.

     

    Ma toile colorée est invitation aux rassemblements.

     

    Des chants jaillissent de cercle en cercle pour se fondre en un seul chœur.

     

    A la nuit tombée, mon espace se transforme en foyers autour desquels se chuchotent 

     

    histoires merveilleuse et récits de voyage palpitants.

     

    Et quand vient l'heure du départ,

     

    Luciole, j'indique le chemin.

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

  • Je suis la chaleur d'un baiser gourmand, Saint-Didier été 2011

     

    Je suis la chaleur d'un baiser gourmand, des boules de gomme au creux de la main.

     

    Je suis l'oxygène du ciel et des mers, des feuilles imbibées de chlorophylle.

     

    Je suis la flambée des veillées tardives, lave qui déborde de mon cœur.

     

    Je suis l'aube des pierres sacrées, des lendemains à inventer.

     

    Je suis la respiration des sentiers oubliés, des terres nues à explorer.

     

    Je suis la rosée des nuits d'été, miroir de l'abysse des âmes.

     

    Je suis les ailes du vent du Sahara, des dunes en mouvance.

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

  • Je suis le vent, Saint-Didier été 2011

     

     

     

    Je suis le vent qui balaye les doutes, le tourbillon qui emporte les erreurs du passé.

     

    Je suis la pluie qui lave les plaies, le baume qui adoucit les douleurs.

     

    Je suis le noir qui enterre ses morts, le renoncement qui guérit des illusions.

     

    Je suis l'éclat du citron qui relance l'audace, le déséquilibre qui brouille les pistes sûres.

     

    Je suis premier de cordée qui ouvre la voie.

     

    Le lien qui noue les cœurs.

     

     

     

     

     

    Nathalie

     

  • Je suis posée là, Saint-Didier été 2011

     

    Je suis posée là, fragile et à fleur de larmes, proie pour le chat qui guette le faux pas.

     

    Je suis posée là, délicate et oscillante sur la crête, victime tétanisée par le vide.

     

    Je suis posée là, ébouriffée sur l'écoulement des jours, chercheuse avide d'une direction.

     

    Je me pavane du fond du jardin, avance à pas lents et francs, inquiétée de rien sinon que du bonheur de l'herbe qui se ploie sous mes pieds, du rouge des groseilles gorgées de soleil, du temps en suspension.

     

    Je suis conciliation, de celle qui ne dit pas amen ou qui aboie pour faire entendre sa voix.

     

    Qui veut construire, chercher, et peut se tromper.

     

    Qui vise à poindre, relier, faire s'entendre et s'entendre.

     

    Je suis conciliation et non résignation.

     

    Je suis conciliation et affirmation.

     

     

     

    Nathalie

     

  • Ce qu'est l'autolouange, Saint-Didier juillet 2011

     

    Je suis la framboise savoureuse dont le jus s'écoule

     

    goutte à goutte dans ma gorge assoiffée.

     

     

     

    Je suis le tsunami qui me ramène au cœur de mon être,

     

    l'arc-en-ciel prometteur à la fin du déluge,

     

    l'éternité bienfaisante,

     

    les étincelles argentées de ma présence.

     

     

     

    Je suis le bleu d'azur qui baigne mon âme.

     

     

     

    Je suis le je et le tu confondus dans une étreinte tantrique,

     

    la rencontre du Verbe, expérience fondatrice.

     

     

     

                                                                                                                          Marie-Thérèse

     

  • Je suis la tendresse épousée, Saint-Didier juillet 2011

     

    Je suis la tendresse de l'épousée,

     

    rubis de ta présence étincelant de mille feux.

     

     

     

    Je suis la joie contagieuse du premier baiser,

     

    promesse du bonheur à venir.

     

     

     

    Je suis la voie lactée qui veille sur notre couple

     

    l'enveloppant d'une douce clarté.

     

     

     

    Je suis la générosité solaire,

     

    la force tranquille des marées d'été sur l'océan de nos projets.

     

     

     

    Je suis les tempêtes apaisées

     

    par les flots de la bienveillance.

     

     

     

    Je suis la détermination puissante

     

    qui renverse les montagnes de l'indifférence.

     

     

     

    Je suis le grain de malice, sel de la vie,

     

    écueil à toute morosité.

     

     

     

    Je suis l'amour des grands espaces,

     

    respiration de ma terre en voyage

     

    sur tous les continents.

     

     

     

    Je suis chemin d'éternité pour les égarés,

     

    ancre exigeante des navires esseulés.

     

     

     

                                                                                                                          Marie-Thérèse

     

     

     

     

     

     

     

  • Je suis la légèreté de la fleurette

     

    Je suis la légèreté de la fleurette

     

    tournée vers le ciel,

     

    accueil d'hôtes zélés,

     

    refuge des pèlerins assoiffés de beauté.

     

     

     

    Solidement plantée

     

    sur la terre de mes ancêtres,

     

    étoile des neiges

     

    planant sur les eaux tumultueuses de la brutalité.

     

     

     

    Je suis la fille de Cassiopée,

     

     princesse éclatante de poésie.

     

     

     

    Je suis l'émotion délicate

     

    de mon âme attentive,

     

    frémissement de mon cœur pur.

     

     

     

                                                                                                                          Marie-Thérèse

     

  • Je suis la souffrance dses femmes, Saint-Didier juillet 2011

     

    Je suis la souffrance des femmes,

     

    esclaves du froid polaire de cet enfer maudit.

     

     

     

    Je suis la jeune pousse abattue par la cognée du bûcheron.

     

    Je suis la chênaie centenaire usée par le labeur :

     

    genoux crevassés sous le poids des ans,

     

    mains tannées d'avoir tordu les drapeaux de tout le royaume.

     

     

     

    Je suis les larmes de sang

     

    s'écoulant dans les flaques glauques

     

    pour les poissons voraces.

     

     

     

    Je suis le torrent charriant les détresses

     

    de mes compagnes d'infortune

     

    et les galets éclatant sous les battoirs.

     

     

     

    Je suis le feu du château qui réchauffe les cœurs brisés.

     

    Je suis le temps qui s'écoule et n'apporte que désillusion.

     

     

     

    Je suis le gel mordant porteur de mort,

     

    je suis l'espoir pendu aux poutres de fer.

     

    Je suis la geôle de misère, l'angoisse du lendemain

     

    qui patauge dans la boue et me terrasse.

     

     

     

    Je suis la révolte, injustice criante de ce monde sans âme,

     

    le "plus jamais ça" imposé à la gente féminine.

     

    Je suis les mots puissants qui me délivrent de l'esclavage.

     

     

     

    Je suis la pierre sur mon cœur oppressé

     

    que l'approche du printemps soulève,

     

    l'enthousiasme re-né,

     

    passage vers un été éblouissant de chaleur

     

    où il fait bon vivre.

     

     

     

    Je suis la joie des enfants

     

    plongeant leur insouciance

     

    dans les baquets réchauffés.

     

     

     

    Je suis la vigueur héritée des montagnes

     

    qui me permet de traverser vaillamment ces épreuves

     

    et fortifie mon âme pour la route du futur.

     

                                                                                                                          Marie-Thérèse

     

  • Je suis la reine de la montagne, Saint-Didier juillet 2011

     

    Je suis la reine de la montagne,

     

    héritière d'expéditions prestigieuses,

     

    fille de princes traversant les cols italiens

     

    à la recherche de trésors.

     

     

     

    Dentellière des ducs de Savoie

     

    dont les travaux ornaient les plus belles demeures.

     

     

     

    Mon grand-père,

     

    chef mécanicien hors-pair

     

    a fabriqué les premiers vélos

     

    et construit les meilleurs pompes

     

    du royaume de France.

     

     

     

    Jeune adepte d'une tribu prophétique

     

    ouvrant des voies politiques nouvelles,

     

    je suis l'épouse d'un marquis du Nord,

     

    noble de haut renom ;

     

    la mère d'une aventurière, d'une comédienne

     

    et d'un futur chambellan du nouveau monde.

     

     

     

    Amie éperdue de l'Afrique

     

    et amoureuse de ses plus beaux princes

     

    dont l'un d'entre eux entre dans la famille

     

    avec ses quarante-cinq frères et sœurs.

     

     

     

    Sculptrice unique de la terre bleue du Sud,

     

    troubadour du Moyen Age.

     

     

     

                                                                                                                          Marie-Thérèse

     

     

     

  • Je suis le ventre de la Terre Mère, Saint-Didier juillet 2011

     

     

     

    Je suis le ventre de la Terre Mère

     

    tissant le chemin de la connaissance,

     

    Vulcain roulé dans l'or et la boue

     

    projetant des colchiques géantes dans le ciel rougeoyant.

     

     

     

    Je suis la contemplation des lions et des tigres

     

    chevauchés par le prince nu

     

    au corps luisant de peinture.

     

     

     

    Je suis les chaussures ailées pirouettant avec vanité

     

    pour réconforter les étoiles.

     

     

     

    Je suis l'émergence de la création,

     

    le voile déchiré par le vent de la mécanique,

     

    le regard au-delà des formes,

     

    les cerises sur le gâteau.

     

     

     

                                                                                                                          Marie-Thérèse

     

  • Je suis le vaisseau lumineux, Saint-Didier juillet 2011

    Je suis le vaisseau lumineux

     

    prêt à quitter le port

     

     pour franchir les mers

     

    vers des contrées lointaines.

     

     

    Je suis le voyage au cœur de moi-même

     

    dans le tumulte des marchands,

     

     lueur vacillante d'une bougie.

     

    Je suis l'agitation et le bruit

     

    qui m'insupportent et me font fuir.

     

     

    Je suis la danse de la prière

     

    et la musique des cantiques.

     

    Je suis les couleurs feu

     

    de la main de l'artiste posée sur le tableau.

     

     

    Je suis le pèlerin à la recherche de ma place

     

     dans le creux de ma présence.

     

     

    Je suis la soutane noire du moine

     

     et la robe blanche de Jérusalem,

     

     mélange d'ombre et de soleil

     

     dans le temple béni.

     

     

    Je suis l'éblouissement de la rencontre,

     

    le face à face de mon Dieu

     

    dans un amour infini,

     

    baume sur mes lèvres, baiser de miel,

     

    parfum enivrant,

     

    plaisir charnel sans cesse renouvelé,

     

    allégresse de tout mon être,

     

    transfiguration radicale,

     

    épousailles célestes.

     

     

     

    Marie-Thérèse

     

  • Je suis la profondeur de l'être

     

    Je suis la profondeur de l'être

     

    au cœur du mystère divin,

     

    descente dans les entrailles de la terre

     

    d'où surgit l'élan glorieux.

     

     

     

    Je suis la manifestation de l'invisible

     

    dans les formes épurées de la pierre.

     

     

     

    Simplicité de l'édifice,

     

    densité de la grâce.

     

     

     

    Culte des saints et splendeur du Père,

     

    maternité parfaite, chemin vers moi-même.

     

     

     

    Je suis l'âme qui s'élève vers son Dieu

     

    comme une fumée dans le ciel d'azur,

     

    montée vers tous les possibles,

     

    élancement vers les sphères célestes.

     

     

     

                                                                                                                          Marie-Thérèse

     

  • Je suis la femme à la robe écarlate

     

    Je suis la femme à la robe écarlate

     

    tournée vers l'avenir avec la force du passé,

     

    amaryllis au bulbe rouge auréolée de branches de palmier,

     

    fée des arbres, nymphe des torrents, muse ardente.

     

     

     

    Je suis les mille visages

     

    peints par les mains puissantes de l'artiste.

     

    Je suis le corps offert

     

    dans le jaillissement du désir.

     

    Je suis la tendresse éclaboussée de plaisir,

     

    envol dans des paradis lumineux,

     

    Vénus de beauté, déesse de l'amour.

     

     

     

    Je suis la fraîcheur et le rire,

     

    l'insouciance partagée.

     

    Je suis la liberté heureuse,

     

    simplicité et frugalité,

     

    compagne de dame pauvreté.

     

    Je suis la quête du sens

     

    à la rencontre de Jésus et Bouddha,

     

    Madone généreuse, Maternité glorieuse.

     

     

     

     

     

    Je suis la femme bénie des dieux,

     

    déesse de l'invisible,

     

    mystère de la rencontre.

     

    Dressée sur le monde dans la verticalité inaccessible,

     

    auréolée de la lumière du divin,

     

    sacrée par des générations d'hommes à la recherche de leur féminité.

     

     

     

    Je suis la liberté créatrice, fécondité des artistes.

     

    Je suis la fantaisie, le rire et l'amusement,

     

    Je suis la douceur de l'animal et la fierté du troupeau.

     

     

     

    Je suis la grotte sacrée habitée de la tendresse du monde

     

    au creux du mystère de l'amour, réceptacle de la semence de vie.

     

    Je suis l'accueil de l'enfant dans une jubilation renouvelée.

     

     

     

    Je suis la mère universelle de tous les égarés,

     

    Mère Teresa accomplie par sa mission.

     

     

     

                                                                                                                          Marie-Thérèse

     

  • Je suis le chemin qui mène à la source, Saint-Didier juillet 2011

     

    Je suis le chemin qui mène à la source,

     

    l'accomplissement des désirs.

     

     

    Je suis la route des habitudes,

     

    la voie de la sagesse.

     

     

    Je suis la tente habitée,

     

    l'invitation au voyage.

     

     

    Je suis la rencontre des âmes,

     

    l'élévation du sacré.

     

     

    Je suis la montagne désertique

     

    Où s'épanouissent des fleurs de lumière.

     

     

    Je suis le chemin de la Vérité.

     

    Marie-Thérèse

     

     

     

  • Je suis la maison silencieuse, Saint-Didier juillet 2011

     

     

    Je suis la maison silencieuse                                                                  

     

    dans le vallon riant,

     

    seule la fumée s'échappe de ma cheminée.

     

    J'ai fait des réserves pour l'hiver rigoureux,

     

    j'attends le printemps

     

    avec ma peinture pour soutien.

     

     

    Je suis l'histoire de mes veillées

     

    pleines de fantaisie et de couleurs.

     

     

    Je suis le silence douloureux,

     

    Je suis la parole libérée

     

    au cœur de mes nuits.

     

    Je suis l'amour du matin

     

    et la richesse du partage.

     

     

    Je suis la faille habitée,

     

    l'étoile qui surgit dans la nuit de mes rêves.

     

    Je suis la crevasse libératrice

     

    d'où surgit la vie

     

    dans le carcan de l'hiver.

     

     

    Marie-Thérèse

     

                           

     

     

     

     

     

  • Je suis la fontaine jaillissante, Saint-Didier juillet 2011

     

    Je suis la fontaine jaillissante,

     

    la source d'eau vive.

     

    Je fleuris les jardins des villages pittoresques.

     

     

    J'abreuve les grands de ce monde

     

    aux quatre coins de l'horizon.

     

    J'inonde les maisons.

     

     

    Je suis la maison inondée par le barrage fou.

     

     

    Je suis la maison de mes rêves,

     

    le palais des lutins et des fées

     

    resplendissant de soleil et de lumière,

     

    le nid douillet de mon enfance,

     

    la maison qui résonne de cris et de rires,

     

    de jeux et de secrets.

     

     

    Je suis l'accueil des hôtes,

     

    le bonheur des sans-abri,

     

    la fraternité retrouvée,

     

    la joie partagée.

     

     

    Marie-Thérèse

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Je suis la maison silencieuse

     

    dans le hameau de Villar,

     

    blottie au creux du vallon

     

    où bondit le torrent.

     

     

     

    Les sommets enneigés m'entourent,

     

    gardiens du passé.

     

     

     

    La maison est fermée

     

    aux rigueurs de l'hiver,

     

    seule la fumée s'échappe

     

    de la cheminée.

     

    Le feu brûle dans l'âtre

     

    et réchauffe le souper.

     

     

     

    Je suis prisonnière

     

    des secrets bien gardés.

     

     

     

    Témoin des fêtes familiales

     

    et des deuils prématurés,

     

    théâtre des accouchements

     

    de générations de femmes.

     

     

     

    Je suis repliée

     

    dans l'attente du printemps.

     

     

     

    Je suis le silence dans ses murs,

     

    la honte des voisins.

     

    Je suis la parole empêchée,

     

    les cris retenus.

     

     

     

    Je suis le travail obligé,

     

    la dentelle à livrer.

     

    Je suis l'odeur du foin coupé,

     

    la chaleur des animaux

     

    et l'ivresse scellée.

     

     

     

    Je suis le costume étriqué

     

    du noir imposé.

     

     Je suis le plaisir oublié.

     

     

     

     

     

    Je suis le silence de l'hiver

     

    et l'attente du printemps.                                                                            Marie-Thérèse

     

  • Je suis le dit de lune

     

    Je suis le dit de lune qui te relie au chœur des femmes.

     

    Là où je vais s’ouvre grand le regard qui m’assure.

     

    J’ai gravé à jamais au cœur de ma propre voie mon nom de force.

     

    Je dis ma vie et celles qui sur la route reconnaissent ma langue

     

    mettent leurs mots à nu.

     

    Je produis ma propre trace

     

    Et souffle au-devant mon propre devenir.

     

     

     

    Michèle

     

  • L'autolouange

     

     

                                                                                                                    

    Je suis l’audace, la démesure, l’amplification du trait qui vient déposer sur la feuille vierge de mon âme un défilé de mots, dans un froufrou de dentelles, de courbes, de spontanéité.

     

    Je suis l’abandon et la liberté qui me surprennent au détour d’une esquisse. Au premier regard le vêtement me parait mal fagoté et devient au fur et à mesure de l’accouchement, une œuvre me révélant créateur d’inattendu, noble de cœur.

     

    Je suis la danse où tous les grands de ce monde sont invités à entrer dans une folie créatrice.

     

     

     

                                                                                                              Hubert