• Je suis le tissu protecteur - Jenny, juillet

     

    Je suis le tissu protecteur,

     

    Ouverture d’or.

     

    Je suis l’ampleur du coeur dans le monde,

     

    La route d’ici à  là-bas

     

    Qui emmène au loin.

     

     

     

    Je suis la montagne haut-perchée,

     

    La pente du monde.

     

    Le ruban sacré qui entoure l’autel,

     

    L’auberge qui acceuille le pélerin

     

    Au soir de sa marche,

     

    L’événement qui s’offre, à l’aube d’un nouveau jour,

     

    Le compagnon de voyage,

     

    A l’aller comme au retour.

     

     

     

    Je suis le roi du matin,

     

    Le chevalier de la nuit,

     

    Je réunis les opposés.

     

     

     

    Je suis l’âge de la terre

     

    Et la fraîcheur de la matière nouvelle.

     

    Je me donne sans compter,

     

    Je porte sans peiner,

     

    La récolte du jour.

     

     

     

     

     

  • Je suis une montagne - Jenny, juillet

     

    Je suis une montagne trempée de couleur.

     

    Une couleur qui transparaït selon l’humeur, selon l’odeur du jour.

     

     

     

    Je suis l’immensité de l’Unique

     

    Qui s’insère dans la matière qu’elle trouve.

     

     

     

    Je suis l’œil de la Vigilance,

     

    Le brillant de l’intelligence

     

    Qui se pose comme un papillon d’un jour.

     

     

     

    Je suis l’accident de parcours

     

    Qui restaure le hasard au centre.

     

     

     

    Je suis la richesse du fond,

     

    La banalité de la surface,

     

    La perfection de l’audace

     

    De moi.

     

     

     

    Je suis la rupture du rythme

     

    Qui éclaire la faille

     

    Qui révèle le désir d’abandon.

     

     

     

    Je suis la jonction, la frontière, la réalité d’aujourd’hui qui contient la lumière de demain.

     

     

     

    Je suis la peau de la fleur

     

    La surface de la glace… du miroir qui révèle mon visage.

     

     

     

    Je suis la profusion du vert,

     

    La vertige du solitaire,

     

    Le rassemblement des morceaux du tout.

     

     

     

    Je suis la fée ET la reine, et le dragon, dont la dégaine fait rire.

     

     

     

    Je suis une femme du moment, femme de mon temps,

     

    Femme de toujours, de toutes les tentatives, de toutes les aventures.

     

    Je suis Une.

     

     

     

     

     

  • Sans tête ni queue - Jenny, juillet

     

     

     

    Sans tête ni queue,

     

    Je poursuis ma route.

     

    La loi me traverse, me connaît, me chamboule.

     

    Je tends verd le haut, je plonge vers le bas,

     

    Je me baigne de lumière.

     

    Je me teins de toutes les couleurs, pour en sortir, les cheveux gris perle.

     

     

     

    Je suis l’indifferencié du nacré de la mer,

     

    L’indescriptible d’une vie.

     

    Je suis l’envers de moi-même qui se cache sous mes pieds,

     

    L’autre côté du mur.

     

     

     

    Je suis le renversement, le retournement, le bouleversement, le soulèvement populaire.

     

    Je suis le coeur qui se lève pour faire entrer l’émotion,

     

    Pour la fêter, la guêtter, lui faire une place d’honneur.

     

     

     

    Je suis la suspension de la matière dans les eaux nourricières du mouvement,

     

    Et la suspension du mouvement,

     

    Lorsqu’il n’y a plus de chemin.

     

    Je suis l’attente, et l’absence de tout mouvement,

     

    Lorsque le moment suivant n’est pas encore,

     

    Et le moment passé n’est déjà plus.

     

    Je suis entre chien et loup.

     

     

     

     

     

    Je suis le sommet de l’insaissisable

     

    Au tréfonds des bas fonds de l’inconnu.

     

    Je suis la perle noire qui brille la nuit

     

    Et le joyau transparent qui dévoile la vie dans toute sa splendeur.

     

     

     

    Je suis l’autre côté de mon miroir,

     

    La plongée dans les zones de danger,

     

    L’expérience limite

     

    Qui me complète.

     

     

     

  • Je suis le grain de sable - Jenny, 18 juillet

     

    Je suis le grain de sable sous le pied de l’enfant,

     

    Le caillou dans la chaussure de la vie.

     

    Je suis le sérieux,

     

    Serré dans mon costume,

     

    Et le rire qui chatouille par derrière.

     

     

     

    Je suis celui qui avance sans savoir

     

    Et celui qui parle.

     

    Je suis l’écoute hésitante,

     

    L’apprentissage de la parole ouverte.

     

    Je suis le passage entre bouche, oreille et nez,

     

    Qui sait me montrer le chemin.

     

     

     

    Je suis la promenade du dimanche

     

    Qui se glisse vers lundi

     

    Dans l’espoir de se réaliser aujourd’hui.

     

     

     

    Je suis le courage d’y aller,

     

    De passer le cap d’hier vers demain,

     

    De m’éloigner, pour revenir au centre.

     

     

     

    Je suis l’étonnement du toucher sans regarder,

     

    Et l’amour du pied pour le sol,

     

    La joie de l’oiseau, en vol

     

    Vers son arbre.

     

     

     

    Je suis le fruit de l’arbre qui respire sous la pluie,

     

    Qui s’étire dans le matin frémissant.

     

    Je suis le frémissement de l’arbre qui résistera à l’ennui, à la frayeur

     

    pour s’abandonner aux aléas de la vie.

     

     

     

    Je suis l’exemple du noir, le cadre du devoir,

     

    L’ombre de l’avenir inouïe.

     

    Je suis la tête levée vers le nouveau,

     

    La main tendue vers autrui.

     

     

     

    Je suis le noir, le gris, le blanc, la naissance de la couleur.

     

    Je suis l’éternité de l’humanité qui se dessine dans mes yeux.

     

    Je suis l’espoir de voir,

     

    La finesse du regard d’aujourd’hui.

     

     

     

  • Je suis la malhabile - Lara

     

    Je suis la malhabile

     

    Celle qui est

     

    Sans être utile

     

    Futile

     

     

     

    Mes racines sont marquées

     

    Du sceau de la révolte

     

     

     

    Mes ongles sont écorchés

     

    Sans fard ni vernis

     

     

     

    Je suis

     

    En vie

     

     

     

    Envie de légèreté

     

    Frivolités

     

    Féminité fleurie, épanouie

     

     

     

    Ma paume quémande

     

    La clémence du ciel

     

     

     

    Ma paume vibre

     

    Et mon cœur et mon ventre

     

     

     

    Une lumière chaude efface toute souillure

     

     

     

    Grand-mère, mère et arrière grand-mère

     

    Reposez en paix

     

     

     

    Il est temps de fêter la légèreté retrouvée

     

  • Je suis l'indicible - Lara

     

    Je suis l'indicible

     

     

     

    L'horreur absolue

     

     

     

    La souillure taboue

     

     

     

    Je suis le fruit pourri de cet arbre malade

     

    J'accouche du cri des  ces femmes muselées honteuses galeuses

     

     

     

    Je suis là

     

     

     

    Et je dis

     

     

     

    La fleur à peine éclose et bafouée

     

    Je dis l'indicible

     

     

     

     

     

    Je suis un titan qui fracasse les chaînes de ce putride silence

     

     

     

    Je suis le torrent de larmes

     

    Je suis une rumeur sourde et puissante

     

    J'arrache tout sur mon passage

     

    Rien ne me résiste

     

    Je purifie chaque cellule des femmes souillées

     

     

     

    Les cœurs chantent une mélopée

     

     

     

    Je suis en paix

     

     

     

    De mon cœur pousse un souffle d'or

     

    Le souffle lent et chaud monte en sinuant

     

     

     

    De mon cœur dans le bleu de la nuit

     

     

     

    Et touche une étoile

     

     

     

    Je suis le frisson de joie

     

    Je suis le cœur qui s'emballe et saute à tout rompre

     

    Je sors de ma cage

     

     

     

     

     

    Je bondis

     

     

     

     

     

    L'herbe sous mes pieds

     

    Je suis aspirée en apesanteur

     

    Doucement

     

     

     

    Une étoile caresse ma tête

     

    Descente

     

    Légère

     

    D'une bulle

     

     

     

    Mon ventre

     

    touche l'herbe

     

     

     

     

     

    Je suis le souffle divin

     

  • Je suis la clé des plaisirs des dieux - Lara (Suisse)

     

    Je suis la clé des plaisirs des Dieux

     

     

     

    Du bout de mes lèvres charnues

     

    J'aspire avec délicatesse

     

    La corolle humide et gluante

     

     

     

    Ma langue souple et large

     

    Accueille et promène la divine bouchée

     

     

     

    Contre la voûte céleste de mon palais

     

    Illuminée de milliers de Papilles émoustillées

     

    Mes dents éclosent la bouchée

     

     

     

    Le goût explose en mon antre magique

     

     

     

    Mes glandes salivent à grands torrents

     

     

     

    Bouchée et bouche

     

    Se fondent

     

     

     

    Un frisson mélodieux grimpe de mon échine jusqu'à mon âme.

     

  • Je suis la clé des plaisirs des dieux, Lara

     

    Je suis la clé des plaisirs des Dieux

     

    Du bout de mes lèvres charnues

     

    J'aspire avec délicatesse

     

    La corolle humide et gluante

     

     

    Ma langue souple et large

     

    Accueille et promène la divine bouchée

     

     

    Contre la voûte céleste de mon palais

     

    Illuminée de milliers de Papilles émoustillées

     

    Mes dents éclosent la bouchée

     

     

    Le goût explose en mon antre magique

     

     

    Mes glandes salivent à grands torrents

     

     

    Bouchée et bouche

     

    Se fondent 

     

    Un frisson mélodieux grimpe de mon échine jusqu'à mon âme.

     

    Lara (Suisse, 3 septembre 2011)