• Expo "Les Fruits de la Passion" à Beaubourg

     

     

    Adel Abdenemed « Habibiti »

     

    Je suis suspension de la nuée, apnée.

    En fluidité d’ossature mon sillage est ma place exacte, mon reflet, l’écho concret de ma chevelure de totem.

    Voyager est mon état.

    Je suis lymphe transparente.

     

     

    Ghost Kader Asia

     

    Je suis armée de cris muets, rassemblée dans l’infinie distinction de mes corps.

     

    Vague neutre qui oscille, je suis mélange et singularité.

    Béance et proximité, familiarité et transfert de sens, je suis le son fossile, troublant de vie.

     

     

    Leandro Erlich « The view »

     

    Je suis le regard qui rassemble la multitude, je traduis en langue commune les univers étrangers, révèle les mouvements invisibles, tricote à l’infini les connivences.

    Je suis la joie extasiée à l’œil d’enfance.

    Accrochée au bord de la fenêtre, je bois le monde qui palpite.

     

     

    Johannes Kahrs « Finnay Accept Fate”

     

    Halte, recueil, caresse, ombre chinoise esquissée, décodage appliqué, je suis le signe humain qui dit son être au monde.

    Main, danse avec l’autre, je suis l’aile de la rencontre.

     

     

    Anri Sala « Mixed behavior’s »

     

    De toutes parts je suis l’origine.

    Palpitation féerique, je trouble l’effet.

    Guerre et explosion de fête, mort et déferlance d’énergie pure, je festoie aux lisières du sens, instille le déséquilibre.

    Je suis le déploiement vital du chaos qui joue avec l’homme.

     

     

    Hans Peter Feldmann «  Shadow Play »

     

    Je suis la fin du repas, l’instant sacré de la magie domestique, le retournement du regard.

    Invite au glanage des objets familiers, aux assemblages de fortune suspendus par les souffles en attente, je suis le jeu qui se met en marche.

    Je suis la trêve entre l’usage et le rebus, là où s’installe l’élégance du créateur.

    Je suis le simple instant du partage de regards qui dévoile les amours cachées.

    Tendresse rieuse et frêle, je suis le plaisir serein.

     

    Demakersvan  « Panneau Lace Fence »

     

    Echelle hors champ de l’enceinte, je suis canevas filé de clôtures et d’arabesques.

    A mailles expertes je monte l’ouvrage ; boucle après boucle, je suis tension parfaite.

     

    Nul n’ignore mon treillage et passe. Posée là, en aparté, j’attends les pas qui s’approchent.

    Alors, ouvrant un à un les lacets de ma constitution, je révèle en grande artisane le velouté de mes contours. De métal, je suis fil de soie, de manufacture, je suis coussin de dentellière.

     

    Je suis l’entrée dans la langue ancienne, à vous qui vous arrêtez, je dis la légende de l’origine.

     

     

    Renzo Piano  Monastère Sainte Claire Ronchamp

     

    Je suis la recluse donnée à voir.

    Silhouette emprisonnée dans le temps passé, je campe, saugrenue, à l’orée de mon palais de verre.

    Mon dos connaît la pierre, le froid et le silence, j’habite désormais la lumière.

     

    Je suis l’unité de la cellule, en communion avec l’extérieur, je signe à chaque pas la fluidité sacrée de mon choix.

     

    Je suis la recluse qui témoigne des transparences.

     

     

    Michèle, Paris novembre 2012

     

     

     

  • Aborigène au Quai Branly, Michèle

     

    Je suis l’insaisissable, ma porte est ouverte sur le paysage de mon étrangeté familière.

     

    Sans bord et pourtant fragment, je suis surface qui pousse en avant la tambour de ses mots.

     

    Je laisse à l’accrochage le désir de plaire et parle avant tout de mon voyage. Mes codes sont donnés et je suis clef gardée.

     

    M’approcher sans la terre qui soutint ma création dévie ma trajectoire.

     

    Je suis le manque des ombres sourdes, des éclats verticaux de la lumière qui m’ont vu croître.

     

    Sauts de reconnaissance soudaine, petits territoires circonscrits guident mes méandres.

     

    En moi sont déposés les signes universels, boucles d’ADN, tracés du jeu au sol entre ciel et enfer, parures Art Deco, extrême sophistication des asymétries, errance soutenue, trace d’inconscient, je suis ouverture/clôture, suspension entre les émotions, neutralité dans l’abondance.

     

    Je suis le sceau imprimé au-dedans.

     

    Améthyste du rêve qui s’inscrit en narration, je suis le battement de la transe ténue ; de mes cellules enchâssées une à une, sourd le lien ininterrompu entre les mondes.

     

    Je suis évidence et dérobade, roue de vie en tissage végétal, je relie l’organique et le cristal fossile.

     

    J’ai racine en Chine, mes bruissements de soie sont liance à l’âpreté du sable.

     

    Je suis réminiscence et prémonition, temps dans le temps. Part des mécaniques célestes, je contiens l’oursin qui dort, palpitant en mon centre du son des pieds nus.

     

    Je suis la trace par côté, mon regard accroché de biais est révélation de mon tangage.

     

    Appel muet qui résonne dans la brousse, je suis Münch dans l’Orient en flamme.

     

    Mes spires écailleuses contiennent tous les âges, entre points, j’ouvre mes fibres à chaque histoire qui se penche. Je me laisse faire et déplace mes points de vue.

     

    Kaléidoscope sans tunnel, je suis l’intangibilité mouvante, le drapé ajusté du kimono d’ivoire qui couvre la peau sombre du temps.

     

    Confusion des continents et de l’histoire, je suis l’onde messagère de l’humanité.

     

    Michèle, Paris décembre 2012

     

     

     

     

     

     

  • Autolouange et argent, Michèle

    Gloups ! Oups ! Olla,  ça tinte et ça chahute, je suis le défilé des sauterelles aux monnaies de pape !

    Poings serrés, à cheval sur la fibre serpentante, ça se bouscule et ça gigote, je suis le juke-box et la machine à sous, je suis les piles d’or qui s’entrechoquent !

    Ca grouille et ça bruisse, je suis le palper des billets qui s’amoncellent !

     

    Tiens, des filles, je suis « la » argent, la somme des piles, l’or au clin d’œil, le sac secoué aux breloques qui dansent.

     

    Je suis l’allégresse de compter, l’argent par les fenêtres, les billets du monopoly qui volent au vent de la fenêtre ouverte.

     

    Je suis l’époustouflante surface des valeurs du dessous, carnaval pour rire en festin endiablé, je suis le filet qui ouvre aux trésors du fond.

    Coffre au trésor reposant au sein de mes sœurs les baleines j’attends le signal.

    J’ai posé en blason mon pétale d’or, oreille complice, abreuvée aux vies grouillantes dont je perçois l’écho, je suis à double sens, à double flux.

    Grand pendule, alternant l’humide et l’aérien, je joue les correspondantes.

     

    Mine de rien, mine de plomb, am stram gram et colegram, 1, 2, 3 soleil et je suis le Ciel !

     

    Reflux de sève gorgée, luisante de vie charnue, racines solidement ancrées dans l’humus, parfum de terre et de pommes d’hiver, poudre de charbon époussetée à petits souffles, je suis liasse, feuilles amassées une à une, je sors de la cave.

     

    Ombre et lumière, cliquetis de parade et doigts gras de gueux, je suis le sou compté, cousu, mordu, gardé caché, perdu, retrouvé, espéré, déposé, savamment sorti de sa gangue de siècles, exposé sous le feu de la rampe, la rampe pour rire du Lido d’à côté, la rampe pour dire au musée mon âge ancestral, issu que je suis de la terre et des mers.

     

    Je joue au ciel mon cercle laiteux de feu blanc, j’ourle de mon or limpide l’horizon qui s’endort, cercle magique, je suis puissance de l’échange.

     

    Je suis la louise d’or qui circule, revers de mon louis, confondus en pirouette, je suis pile et face et je chante !

     

    Michèle, Paris décembre 2012

     

     

     

  • Je suis le saut carpé de côté, Michèle

     

    Je suis le saut carpé de côté !

     

    Ancrage sûr, force du bras, je vise l’arrivée.

     

    De vol en vol, jeu répété sur mon territoire, je trace mon passage.

     

    Je suis, de l’obstacle, le saut.

     

    Je suis du limon fangeux, l’aiguillon.

     

    Bleu sur le vert du marécage, je suis empreinte de l’atterrissage, profondeur de la trace que je quitte pour un nouveau pas.

     

    La surface de mes eaux dit mon mariage avec la terre et le vent, baie aux effluves de grand large, je guette les accoutumés qui connaissent mes sillons et suivent leur route.

     

    Je suis l’avancée habile qui se rit de l’à peu près !

     

    Je suis la grande exigence, pied sûr, souffle droit, reins souples sont mes alliés. J’ai pour écho le rythme de ma course. Doublant le pas cheminant, je vole et bats sur la terre.

     

    Je suis dompteuse d’eaux troubles, aux quatre coins de mes terres je tends la peau de mon tambour, ma vitesse transmue les fluides de surface, j’agrège leurs parcelles isolées, rectifie les connections, active les passages d’information et offre le saut comme invite à la griserie de l’espace.

     

    En suspension entre eau, ciel et terre je suis l’ancrage en envolée, rendu à la découverte de l’errance.

     

    Je suis la certitude qui flirte avec la chute, dans l’énergie du saut je peux perdre le but, pied à côté d’un centimètre, perdue dans la griserie des entrelacs, arrivée aux confins inconnus, là où le vent ne suit plus ma course.

     

    J’ajuste alors mon souffle au petit pas, refaçonne sur l’appui la prise, laisse mon dos hésiter, tourner, une fois, pour rien.

     

    Je suis flair ténu, narines palpitantes j’hume les parfums nouveaux, tisse les nouvelles alliances, recouds à petits points les usures qui sommeillent.

     

    Socle radeau de transhumance, je laisse aux flots la direction du voyage.

     

    Je prends des forces, j’essuie la sueur de l’effort, je fais halte sur le bord jusqu’à ne plus être que le regard qui attend.

     

    En enroulée au creux du ventre, je suis la route qui reprend, saut après saut, souffle après souffle, je suis l’obstinée qui avance, je suis l’avancée qui de son rythme même créée la route.

     

    Michèle, Paris décembre 2012

     

     

     

     

     

     

     

    Michèle

     

  • Pour Francesca, Marie à Cannes

     

     

    J’éclate, j’éclabousse, je m’éclate.
    Je suis toutes les couleurs, toutes les textures, toutes les imaginations.

     

    Acharnement et pugnacité je suis,

    Explorations et euphories, autre et pareille,

    Elégance et déconvenues, herbes drues  et talons aiguilles.

     

    Je ne sais pas ce que je fais, je le fais.

    Je ne sais pas où je vais. J’y vais.

     

    Je ne sais pas la voie de mes accomplissements :

    Je connais le goût en bulle de leurs célébrations.

     

    Je suis femme moutarde, élixir de devenirs multiples,

    Saveur incandescente de brouillons en éclosions.

     

    J’invite à la parlure : j’ose les mots et bouleverse les paroles.

     

    Polyglotte, je change de bouche en risquant d’autres sons.

    Je change d’être osant d’autres parures,

    Je change d’amour sous d’autres cieux.

     

    Eternelle enfant, mon visage poupon ruisselle des boucles

    De ma maturité toujours jeune et fébrile.

     

    Je m’admoneste l’inutile pour accueillir l’essentiel :

    Toujours disponible, éblouie, je suis un théâtre entier

    D’émotions toujours fraîches et de découvertes toujours neuves.

     

     

    Marie

    Cannes 19 8 2012

  • Moi maintenant, Marie à Cannes

     

    Application apprenante, je suis concentration

     

    D’aujourd’hui au goût de demains dansants.

     

     

    Je canalise les forces cosmiques

     

    Et les virevolte en toupies rayonnantes.

     

     

    Antenne je capte infini et infinitésimaux,

     

    J’incarne les forces telluriques,

     

    Et témoigne des lois ontologiques,

     

    Donnant à chacun d’expérimenter,

     

    Etre réceptacle de l’union sacrée du ciel et de la terre.

     

     

    Bien campée sur le sol que je martèle,

     

    J’élance mes bienveillances dans les 6 Orients,

     

    Et fustige les inaccomplis de mes tourbillons enamourés.

     

     

    Je barate le quotidien pour en tirer de l’or:

     

    Rien ne m’arrête –énergie pure je suis spin

     

    Des cellules, des êtres et des planètes.

     

     

    En ma présence, tout tourne :

     

    J’essore chacun des eaux putrides de ses miasmes

     

    Et campe l’arc du monde dans la moelle libérée.

     

     

    Œuvre de salut public, je suis détermination du geste salvateur,

     

    J’exorcise les mesquineries indigentes et les indulgences transgénéalogiques

     

    Et porte beau le flambeau de mes yeux de feu au regard vivant.

     

     

    J’accueille débutants et expérimentés.

     

    Dans l’allégresse de nos allègements de Derviches :

     

    En virevoltant nous ventilons nos croyances

     

    et enracinons nos alluvions d’humanité fécondes et bienfaisantes.

     

     

    Je n’enseigne ni ne juge : je suis

     

    Et diffuse l’arôme du bonheur d’exister .. éblouie.

     

     

     

    Marie

    Cannes 16 08 2012

     

  • Dôme pulsant d'or, Marie à Cannes

    Dôme pulsant d’or au cœur de la nuit,

    Je suis fil de vie lové dans la moelle du temps.

     

    Cœur rayonnant, je suis puissance attachante, captivante,

    Aspiration d’étreinte, besoin et rayonnement de présence.

     

    Lumière de la nuit, je suis spot de lune

    Au cœur des ténèbres. J’éclaire même au royaume des ombres.

     

    Je me protège dans les brèches où je m’expose.

     

    Et quand trop d’obligations m’importunent,

    Je puise sous la surface des êtres et des apparences

    La ténacité de ma splendeur et le courage de ma détermination.

     

    Véloce et portant panache, je suis histoire d’amour

    Imprimant les sols visités de mes pas cadencés.

     

    Mes percées sont ponctuations du parcours d’âme

    Où j’acupuncturise la terre des devenirs.   

     

     

    Marie, Cannes, août 2012

  • Euphorie du temps, Marie à Cannes

     

     

    Euphorie du temps, je suis victoire d’azur

     

    Au firmament des possibles toujours neufs.

     

     

    Propulsion d’encre, j’accueille les embruns

     

    Des traversées houleuses et donne aux vents contraires

     

    Corps de grâce, sens immanent et accomplissements éblouissants.

     

     

    Texture de brume et d’étoiles, je suis ciel d’avenir.

     

    J’émerge des traits de la mémoire, captive non des calligraphies parfaites

     

    Mais des élucubrations balbutiantes et des pensées audacieuses.

     

     

    Tout m’est support de créativité : sur le carreau du passé

     

    Je projette la fascination d’un futur aux potentiels euphorisants.

     

     

    Je contemple sans osciller l’éclosion des demain libres d’aujourd’hui.

     

     

    Ancrée en terre d’espérance et de connaissance, c’est l’au-delà

     

    Du connu qu’inlassablement je contemple et manifeste.

     

     

    Accoutumée de grandes traversées solitaires, des pérégrinations risquées

     

    Et des aventures intérieures, je connais mes préhistoires.

     

     

    Mes racines y campent et nourrissent

     

    Le jaillissement de mes savoirs et de mes mots.

     

     

    J’embrase les complicités où le destin m’entraîne,

     

    Acquiesce aux annonciateurs de ma vie

     

    Et fertilise inlassablement toutes mes terres

     

    Pour qu’y fleurissent mes fantaisies aux multiples parfums d’inattendus.

     

     

     

    Marie

    Cannes 19 08 12 

  • Brève, Marie

     

    Magicienne des formes et des mots,

     

    Je suis pont entre les âmes,

     

    Passeuse expérimentée des turbulences

     

    Où la raison s’enlise et l’être goûte son délice.

     

     

    Béatitude accomplie, je suis générosité

     

    Du retour parmi les miens, saveur de fête

     

    Et danse exubérante, éblouie.

     

     

     

    Marie à Nice, 20-08-2012

     

  • Je prends, je croque, Hélène

     

    Je prends, je croque, j’avale

     

    Chaque bouchée de vie.

     

    Nectar des éléments, dans la ruche cosmique des reines,

     

    J’enduis de caresses de miel, le corps de mes désirs.

     

    J’attire à moi les corps gourmands,

     

    Les corps assoiffés,

     

    Les cœurs impatients,

     

    Les âmes enthousiastes.

     

    Voici, ceci est mon corps.

     

    Voici, ceci est mon sang.

     

    Je fais don du reçu

     

    Dans le reçu du don.

     

    Hélène, Nice 2012

     

     

     

  • Je suis circonvolutions sans issue, Hélène

     

    Je suis circonvolutions sans issue

     

    Labyrinthe

     

    La porte fausse des solutions hâtives.

     

    Je suis la meute aveugle, égarée, sans son chef.

     

    Je suis la tête vite, béante, creuse, muette.

     

    Je suis tombeau.

     

    Je me débats, je rue et hurle dans le trou noir de l’oubli.

     

    Je pétrifie de mon souffle âcre et glacé.

     

    Je suis pierre sans cœur,

     

    Cœur sans amour

     

    Amour sans adresse.

     

    Je suis besoin désespéré de couleur et de vie.

     

    Je suis jeu de cache-cache avec l’évidence,

     

    Refus d’étalage,

     

    Rejet de l’intime,

     

    Supplique d’ouverture, de dons, de partage.

     

    Ex-voto des blessures du monde

     

    Je suis autel ouvert à tous les sacrifices.

     

    Mes yeux sont plus que pairs

     

    J’éclaire d’un seul regard le tombeau de Caïn.

     

    Je déploie les mémoires en parchemins d’albâtre.

     

    Et je cours, je m’élance, je m’envole, dans l’impossible quête dont je suis la question.

     

    Je suis  vie-mort-vie-mort-vie….

     

    Hélène, Nice 2012

     

     

     

     

     

     

     

  • Je suis l'étau rigide de l'exigence, Hélène

     

    Je suis l’étau rigide de l’exigence,

     

    Maigreur exsangue de la beauté plaquée,

     

    Paralysie glacée du masque,

     

    Platitude morte du parfait.

     

    Je suis ego pharaon dans l’étui serré du pouvoir,

     

    J’englue le regard dans la forme figée,

     

    Je me venge du temps en dévorant la foi,

     

    Je suis l’excès, l’absurde, l’indécence des luxes vains.

     

    J’immole Prométhée au bûcher de ses manques.

     

    Je suis impuissance, nuque brisée du béton, par la force du brin.

     

    Je suis patience du serpent sous le pied de la vierge.

     

    Décomposition inexorable des textes obsolètes.

     

    Dans l’humus des décharges, je trouve ma pitance.

     

    Ma faim gargantuesque la transforme en banquet.

     

    Sans racines,

     

    Sans terre,

     

    Par la force du vide,

     

    Je fissure l’atome

     

    Je sublime les cadavres.

     

    Je suis l’Hiroshima de la culture,

     

    Je suis l’énergie libre.

     

    Je suis la nature.

     

    Fresques himalayennes,

     

    Symphonie du multiple,

     

    Force de lumière,

     

    J’étincelle dans le cœur du diamant

     

    Je vibre dans le plaisir des vagues

     

    Je suspens les soupirs aux lèvres des amants,

     

    Je suis révérence et silence

     

    Amour, amour, amour, amour….

     

    Hélène, Nice 2012 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Je suis saveurs assoupies, Hélène

     

    Je suis saveurs assoupies

     

    Je mûris doucement dans le ventre des Dieux

     

    Je casse de Lune

     

    Je suis plein de la nuit.

     

     

    A l’aube du triomphe

     

    Je suis l’astre roi

     

    Le zénith, les cimes des plaisirs

     

    Le gouffre des pulsions.

     

     

    Majesté rayonnante des épices secrètes,

     

    Morsure du baiser sur les lèvres offertes,

     

    Brûlant brasier des passions retrouvées,

     

    Je suis l’incandescence.

     

    Indécence de lave,

     

    Je suis lame de feu.

     

    Je m’écoule, brûlante, en veines écarlates.

     

    J’écarte de ma langue, les colonnes de chair.

     

    Je plonge, je me perds,

     

    Je gronde et je furie,

     

    Dans les canyons obscurs des orgasmes latents.

     

     

    Je suis lave, je suis larme.

     

    Rouge sang de l’intense,

     

    Ames et langues, je sarabande la musique éperdue des sens en folie. 

     

    Je suis la chute immense,

     

    Vertige sans limite

     

    J’accueille….je suis le plein du rien…

     

    Parole suspendue,

     

    Je funambule sur les chaînes brisées.

     

    Bénédiction du vide,       

     

    Je suis Shiva,

     

    Je suis la danse.

     

    Hélène, Nice

     

                                              

     

  • Je suis juge et parti, Hélène

     

    Je suis juge et parti

     

    La main qui frappe la faute

     

    Le fouet qui châtie l’audace

     

    La parole qui tue le rêve

     

    La pensée assassine et sans âme.

     

    Je suis forteresse de l’asphyxie

     

    Chambre forte des interdits

     

    Prison de l’ombre, sans geôlier

     

    Code oublié des portes de l’air

     

    Étau de l’être.

     

    Tumulte du cœur

     

    Chamade des sens

     

    Désordre du nouveau,

     

    Je suis ici

     

    Je suis maintenant.

     

    Je suis secousse des profondeurs

     

    Tremblement olympien des peurs ébranlées

     

    Éboulis inutiles des barrages du temps

     

    Effondrement des remparts du silence.

     

    Je suis l’éveil du Titan trop longtemps endormi.

     

    La brèche tant attendue.

     

    Le vent de vie sur le voile du mystère.

     

    Je suis souffle premier

     

    Prodige de merveilles

     

    Rire enfin vivant !!

     

    Hélène, Nice

     

  • Je suis porte ouverte vers les merveilles, Anne

    Je suis porte ouverte vers les merveilles

    Je suis passage vers un monde remplie de beauté

    Je suis bonne route de ceux qui sont perdus

    Je suis destruction du béton et arrachage de barrières

    Je suis nature reprenant ses droits sur un monde apocalyptique

    Je suis remède au mal fait à la terre

    Je suis racines rageante cassant ne bitume

    Je suis océan rejetant la pollution

    Je suis plante filtrant l’air pollué

    Je suis rébellion de la terre contre ses agresseurs

    Je suis tsunami, tempête et tremblement de terre

    Je suis message trop longtemps ignoré

    Je suis fin du monde inéluctable

    Je suis l’oeil pointé vers le ciel

    Je suis philosophie du toujours plus

    Je suis source d’évolution

    Je suis origine de la fin

    Je suis espoir du changement

    Je suis croyance dans le bon

    Je suis réveil tant attendu

    Je suis l’espoir incertain de Gaïa en ces enfants

    Je suis l’ultime chance des consciences

     

    Anne, Nice

  • Je suis le roi de la planète bleu, Anne

    Je suis le roi de la planète bleu

    Je suis fait des plus belles parcelles du monde

    Mes yeux sont faits des plus beaux nuages

    Mes pupilles sont des Atolls vus du ciel

    Je suis mes bras fait du bois des plus beaux arbres

    Je suis mon sang, mélange d’eau des mers tropicales et cascades de fonte des neiges

    Je suis mon coeur, réunion de tous les coeurs du vivant

    Chaque jour, je deviens les plus belles merveilles que je crée

    Je suis coucher de soleil sur une ile paradisiaque

    Je suis lever de soleil au sommet du Kilimandjaro

    Je suis blancheur des neiges éternelles

    Je suis éclat lumineux du Diamant

    Je suis premier battement de coeur du bébé

    Je suis sourire contagieux, j’illumine les visages

    Je suis première gorgée d’eau après la traversée du désert

    Je suis Amour qui unit les êtres

    Je suis succession d’orgasmes infinis

    Je suis miracle de la reproduction

    Je suis mes mains faites de douceur pure

    Je repends tendresse et douceur

    Je magnifie tout ce que je touche

    Je suis ma couronne étincelante d’humour

    Je suis fait des animaux les plus colorés et des blagues les plus drôles

    Je répands joie et rire sur le monde

    Je suis pulsation du monde

    Mes vibrations se rependent sur la planète

    J’insuffle la vie en toutes choses

    Anne, Nice

  • Je suis force dévastatrice des Mers, Anne

    Je suis force dévastatrice des Mers

    Je suis tourbillon inarrêtable, J’aspire tout

    Je suis profondeur vertigineuse de l’océan

    Je suis absence de lumière, j’efface toute couleur

    Je suis force des vagues, je fracasse les bateaux sur les rochers

    Je suis rocher qui résiste à la fureur des éléments

    Je suis solitude du marin abandonné sur le rocher, je suis cri de désespoir aux 4 vents.

    Je suis grondement de tonnerre, je recouvre toute musique

    Je suis puissance de l’éclair, je fracasse les rochers

    Je suis roc redevenu poussière dans une gerbe d’étincelles

    Je suis train aveuglant qui déchire le ciel

    Je suis force des éléments

    Je suis vent arrachant tout sur son passage

    Je suis feu ravageant les forêts ancestrales

    Je suis terre qui gronde, je renverse les montagnes antédiluviennes

    J’englouti les cités antiques

    J’écrase le monde dans ma main

    Je suis explosion trop longtemps retenu, je pulvérise l’univers

    Je suis néant infini

    Je suis calme du vide absolu

    Je suis rien et tout à la fois

    Je suis soupe primordiale

    Je suis volonté de la vie inarrêtable

    Je suis minéral, végétal et animal

    Je suis premier souffle du premier être vivant

    Je suis multiplication de cellules et des êtres vivants

    Je suis prolifération des espèces

    Je suis boucle de création et de destruction

    Je suis destruction inéluctable et recommencement incessant

    Je suis supplice de l’ignatébilité du bout du chemin

    Je suis dépense futile d’énergie de vie

    Je suis l’oeil immobile qui voit tout

    Dieu créateur, je lis dans les âmes et à l’intérieur des coeurs

    J’extrais la lumière des êtres et efface leurs noirceurs

    Je fais basculer la balance universelle vers le positif

     

    Anne, Nice

  • Je suis rideau noir, Anne

    Je suis rideau noir derrière lequel je me cache

    Je suis rideau noir derrière lequel je cache mes peurs

    Je suis peur catastrophique du changement qui me paralyse

    Je suis immobilité ancestrale des pierres de Stonehenge

    Je suis crainte de la perte de ce que j’ai

    Je suis esclave soumis de ma crainte

    Je suis peine et douleur de ce que je me laisse infliger au nom de cette crainte

    Je suis survie plutôt que vie

    Je suis stress dans mon ventre et mâchoire serrée dans ma bouche

    Je suis fatigue ultime du Marathonien et détresse de l’enfant abandonné

    Je suis larmes que je laisse couler sur mon propre sort

    Je suis main qui pourrait écarter le rideau mais ne fait que l’entrouvrir par poussées fourmillesques

    Mais je suis aussi lumière et fête cachée derrière ce rideau qui s’infiltre et explose à la moindre

    ouverture infinitésimale.

    Je suis amour qui pourrait recouvrir le monde

    Je suis joie de l’émotion partagée et bonheur du don

    Je suis doux chant d’harmonie de l’univers

    Je suis clé de ma prison et clé de ma liberté

    Je suis volonté de changement et prison de l’inaction

    Je suis force vaine de l’homme écartelé qui essaye de tout retenir

    Mais je suis conscience du chemin à emprunter

    Je suis lumière apaisante que je vois au bout du tunnel et repos espéré au bout du chemin

     

    Anne

  • Je suis le trait d'encre noire, Delphine

    Je suis le trait d’encre noire dessiné par la plume.

      

    Je suis volute toute en plein et en délié, avec maitrise du geste et spontanéité, avec lenteur et rapidité, avec aisance et fluidité.

      

    Dans un mouvement harmonieux et esthétique je suis dessin. Au delà de cette apparence, je suis bien plus que cela : je suis message, j’exprime quelque chose.

     

    Je danse sur la feuille blanche au moment où nait l’inspiration.

     

    Je déverse mon encre noire pour que naisse l’expression au delà de l’image.

     

    Pleinement présent au milieu de la feuille, mais aussi délicatement discret dans les espaces moins en vue de celle-ci.

     

    Je danse et m’envole, jubilant dans l’expression, je suis message.

     

    Je suis caractère. Je suis vu, reconnu, lu et compris.

     

    Je ne laisse pas indifférent. J’interpelle le regard.

     

    Je m’enroule et me déroule, laissant apparaître aux détours de mes boucles et de mes jambages, de ma plénitude et de ma finesse, le miracle : je suis mot.

      

    Je suis calligraphie.

     

    Je suis œuvre d’art.

      _____________________________________________________

     

    Je suis coquelicot rouge baiser,

     

     

    Par ma fragile présence, je colore de ma gaité rayonnante.

     

     

    Je suis végétation luxuriante, je revêts les couleurs flamboyantes de chacune des saisons.

     

     

    Je suis ciel lumineux, j’irradie mon bleu azur dans l’immensité du paysage.

     

    Je suis horizon lointain, je suis perspective pleine de splendides promesses et de possibles osés.

      

    Je suis espace précieux : j’invite à prendre le temps.

     

    Je suis pause salvatrice, je chasse les torpeurs asphyxiantes, sclérosantes et moribondes.

     

    J’honore la lenteur pour faire maitres de cérémonie le calme et la sérénité.

      

    Je suis accueil paisible de toutes sensations.

     

    _____________________________________________________________

     

    Je suis le poing vaillant levé bien haut, démolissant l’oppression.

     

    Je suis force cosmique incommensurable.

     

     

    Je suis éclair de feu déchirant le ciel.

     

     

    Je suis flamme dansant glorieusement.

     

     

    Je suis symbole de liberté infinie.

     

     

    Je suis liberté effrontée.

     

     

    Je suis pure énergie au service de l’humanité.

     

     

    Je suis poumon de la planète.

     

     

    Je suis baume réparateur des turpitudes ancestrales.

     

     

    Je suis Yin et Yang, principe de vie.

     

     

    Je suis complémentarité pour que naisse la complétude.

     

     

    Je suis verticalité intégrée et intégrante, pilier de l’être dans sa globalité.

     

    Je suis offrande opulente et généreuse.

     

     

    Je suis abondance féérique de la Vie.

     

     

    Je suis bouquets de fleurs aux couleurs chatoyantes et aux parfums enivrants.

     

     

    Je suis envies orgiaques démesurées.

     

     

    Je suis désir, désir ressenti, désir assouvi, désir de vivre.

     

     

    Je suis chacun des cinq sens, exacerbés.

     

     

    Je suis saveur gourmande du fruit défendu.

     

     

    Je suis baiser joyeux claqué sur la joue de l’ami.

     

     

    Je suis baiser charnel offert aux lèvres de l’aimé.

     

     

    Je suis Amour grandiose et contagieux touchant toutes les âmes.

     

     

    Je suis chacune des lettres du mot AMOUR, vibrante dans l’énergie subtile et rayonnante.

     

    ___________________________________________________________

     

     

    Je suis l’oiseau ailes au vent, défiant la gravité, s’élevant vers les cieux prometteurs.

     

     

    Je vole vers mon devenir, je vole vers moi.

     

     

    Je suis volute bleu roi, volute charnelle aux ailes d’anges

     

     

    Je suis lien entre les mondes juxtaposés, je suis lien entre les hommes

     

     

    Je suis pont illuminé, passage d’un état à un autre

     

     

    Je suis œil visionnaire du scientifique cartésien et futuriste. J’anticipe l’avenir

     

     

    Je suis vaisseau spatial intergalactique, je transporte les êtres vers des destinations idylliques

     

     

    Je suis musique douce et cristalline accompagnant le voyage

     

     

    Je suis explosion de comètes multicolores dans la profondeur de la nuit noire

     

     

    Je suis pompons fluorescents se détachant dans le ciel étoilé

     

     

    Je suis expression fantaisiste pleine de sincérité

     

     

    Je suis baisers tendres, bisous brulants

     

     

    Je suis présence féline et suave, compagnie délicate et discrète

     

     

    Je suis orgasme déflagrateur, dans chacune des cellules de l’être je fais « frichtiller » la quintessence de vie

     

     

    Je suis abandon à l’extraordinaire jouissance

     

     

    Je suis extase totale et sans limite

     

     

    explosion de comètes.

     

     

    Delphine, Cannes août 2012 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Ange rose aux ailes bleues, par Brigitte

    Ange rose aux ailes bleues, je m'envole dans la douceur de mon coeur, amour céleste du firmament déployant mes ailes de tendresse et de vie

    je plane sur l'univers de mes émotions enfouies, celles de la petite fille triste, enfermée dans sa tristesse cachée, pas osée, peur de rendre malade maman.

    D'un coup d'aile, je balaye avec force les interdictions, les non dits, les pas possibles, le vent les emporte au loin et me caresse le visage de son souffle frais ,
    chaud et régenerescent, je nais de ce souffle dans l'accueil humble et fort de ma certitude divine.
     
    Création, Trésor je suis dans la liberté infinie de mon être ,
    je suis en paix , je suis femme.

    Mes veines , mes cellules accueillent des millions de particules argentées et précieuses.

    Création, Trésor je suis dans la liberté infinie de mon être , je suis en paix ,
    je suis Femme.
     
     
    Brigitte, Profondeville décembre 2012