Je suis un coquillage - Ghislaine, Paris

Je suis un coquillage qui attend là, tranquillement :

Personne ne peut le prendre ; il n’est là que pour moi.

Porteur d’années de patience créatrice d’une forme spiralée universelle,

Les ans me décorent de plus en plus finement ;

Ma forme est une mémoire qui advient à chaque instant.

Rien ne peut me détruire : devenu fossile, j’ai traversé les ans.

Je suis explicitation mythique,  Mahabarata à moi tout seul qui, telle la légende d’Arthur,

Contient toute la représentation des mystères cellulaires les plus intimes,

Histoire de mon incarnation cachée et révélée à la fois.

 

Redoutable et tendre, je suis le tigre blanc de l’Hymalaya solitaire et puissant.

Les rigueurs de l’hiver colorent ma robe de blanc et la chaleur de l’été de stries de camouflage :

J’accepte tous les temps.

Je suis l’île nue : sans un mot, la vie s’écoule dans une épuration exigée par le rien,

Par l’essentiel d’un parfait dénuement d’où la beauté explose,

Confiance absolue nécessaire car la vie est en jeu à chaque instant :

Advienne que pourra : je m’y abandonne ;

Peut-être apparaitront la douceur, les couleurs, l’inattendu du clown au milieu de tant de rigueur

Pour fleurir en merveille et en profonde joie !

Je suis grenade, fruit ou fleur, explosant de soleil, acmé de l’amour parfait au cœur de la chair

Qui ne peut résister à la séparation et lui préfère la réunion dans la mort.

 

 

Ghislaine à Profondeville, avril 2013

 

 

 

 

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