25/07/2013

Autolouange Guervoeur mai 2013

 

 

 

 

Dominique

 

Je suis fille du Nord,

 

Du vent, de l’eau

 

Je suis le soleil

 

Qui fait germer le sol,

 

Je suis senteurs bleutées,

 

Je suis bulle légère

 

Dans l’UNIVERS

 

 

 

Francine

 

Je suis un lac bleu

 

Immense et pur

 

Au pied des montagnes.

 

Dans cette immensité,

 

Je caracole, je cabriole,

 

Je suis acrobate,

 

Applaudie par des milliers de personnes

 

Epoustouflées

 

Par mon étonnante souplesse de chat

 

 

 

Gersende

 

Je suis porte, voûte, passage

 

Je suis lien entre l’ici et l’ailleurs

 

Colonne reliant les racines et le ciel

 

Je suis pierre dans ma force et ma volonté

 

Je suis pierre dans mon silence et mon écoute

 

Je suis pierre dans mon désir de fondation et d’élévation

 

Je suis pierre prêtant mes angles et mes arrêtes saillantes

 

Je suis pierre et participe à la clé de voûte de l’advenir

 

Je suis solide et immuable, rassurante et rassembleuse

 

 

 

Je suis porte, voûte, passage

 

La dalle sur la laquelle poser ses pas en confiance

 

Je suis le gué de la rivière

 

Les murs qui contiennent et rassurent

 

Je suis l’élément originel séparant l’humide et le sec

 

Je suis lave, pierre en fusion

 

Mère du phœnix et de la salamandre

 

Je suis granit, cristal et diamant

 

Je viens de la nuit des temps

 

Je suis voûte céleste et poussière d’étoiles

 

Je suis soc de l’alpha et de l’oméga

 

Je suis porte, voûte, passage…

 

 

 

Léonard 

 

J’ouvre une fenêtre sur moi et aussitôt des rayons de soleil me réchauffent.

 

 

 

Mon intérieur est un bel espace de lenteur et de silence

 

Où je me souviens que je viens d’une source parfaite.

 

 

 

Je porte cet espace avec moi. Je peux m’y tenir quand je veux.

 

Je ne suis dépendant ni des jugements ni des appréciations.

 

Je n‘ai même plus besoin de me plaindre, de jalouser ou de revendiquer.

 

Je n’attache plus d’importance aux remarques blessantes.

 

 

 

Je ne recueille que des paroles essentielles.

 

Je les fais danser dans mes rêves comme des bulles

 

Avant de les insérer dans des livres d’heures.

 

 

 

Ma joie est de savoir que tout –passages, expériences, aventures – va être inscrit Dans mon livre d’or, mon livre d’heures, embelli, enluminé dans le livre de vie.

 

J’ouvre une fenêtre sur moi, et j’entre dans une aire de repos.

 

Je laisse se cumuler les invitations,

 

Je n’attends plus les messages d’inconnus,

 

Je laisse tomber les tombolas et les promesses d’enrichissement.

 

 

 

Je deviens Sisyphe quand il atteint malgré tout le sommet,

 

Je deviens Tantale qui trouve enfin à manger les fruits défendus,

 

Je deviens Phénix qui ne cesse de ressusciter de ses brûlures.

 

Je dépasse le sentiment de manque,

 

Je garde mes mains ouvertes,

 

Je suis comblé.

 

Je viens d’une source parfaite et je vais vers un but parfait.

 

Me voici pèlerin à qui dit le poète : « Sois heureux, passant ».  (1)

 

 

 

 (1) Epitaphe d’Angelus Silesius

 

 

 

Marie 

 

J’accueille le poids des ans et ploie l’échine du labeur ;

 

Ma vie pleine sillonne mes veines et ride mes faces ;

 

J’envoûte les braises aux torpeurs bienfaisantes

 

Pour réchauffer les lambeaux de mes grâces labourées.

 

 

 

Drapée de sobriété, ma présence rassure et apaise :

 

En tous lieux j’installe la pauvreté lumineuse

 

Des vieilles recettes, pots lustrés, et savoirs ancestraux.

 

Je ranime les vitalités oubliées et concocte les béatitudes à venir.

 

 

 

Chaque ligne de mes mains est un livre de sagesse :

 

Je suis bibliothèque vivante, wawcothèque permanente.

 

Je déchiffre la vie comme d’autres épellent les mots.

 

J’ai confié mon dictionnaire au chant des oiseaux.

 

 

 

Tissée de lune, je suis soleil des errances.

 

J’offre à chacun le réconfort de mes rayons chaleureux

 

Et trouve toujours le souffle aux mille délices

 

Pour illuminer les voies neuves, prometteuses et inattendues.

 

 

 

Source inextinguible de bonheur, je veille sur l’humanité

 

Et couve son avenir de mon attention généreuse.

 

Je berce en mon cœur les secrets galvaudés

 

Et stimule chaque expression singulière de nos lumineuses splendeurs.

 

 

 

Patricia 

 

 

 

J'adore l'image de cette petite fille faisant faire des bulles de savon à un éléphant.

 

Rencontre de deux mondes à priori si différents qui se concrétise dans ces bulles légères, s'élevant vers les cieux. L'impossible se réalise : communication, communion entre les hommes et les dieux.     

 

J'aime cette rencontre de l'humanité avec l'animalité. Du géant, venu du fond des âges, et du petit, tout nouveau, à peine éclos. Il se dégage pour moi de cette vision quelque chose d'apaisant, de serein : un équilibre naît.

 

Un sentiment de liberté aussi me vient en voyant cette scène : liberté de jouer même hors des convenances...Une petite fille européenne peut-elle raisonnablement faire des bulles avec un éléphant ? Je suis ravie que oui ! Je ressens une complicité, une symbiose entre ces deux êtres en apparence si différents : ils sont heureux d'être là, ensemble, à jouer à ce jeu.

 

Ces bulles rondes ou presque, mouvantes, fragiles, symbole de cet équilibre, peuvent éclater à tout moment : arriveront-elles jusqu'en haut ? Dans tous les cas oui, même sous une autre forme.

 

Éléphant d’Afrique, berceau de l'humanité. J'aime savoir que je viens de quelque part. Cela me rassure. Pour moi, l'Afrique évoque une sagesse, un savoir ancestral que l'occident a perdu. L'éléphant, c'est la mémoire que je ne veux pas perdre, mémoire qui me permet de comprendre et d »avancer.

 

Cuirasse : cette mémoire est comme entourée d'une cuirasse chez l'éléphant, peut-être pour l'empêcher de s'envoler, comme ces bulles ?

 

Cuirasse : ce mot me parle. On m'a souvent reproche d'en porter une. Cuirasse qui protège et enferme aussi.. Celle de l’éléphant me semble n'être que bénéfique. C'est le seul costume possible pour ce gardien du savoir ancestral.

 

Cette petite fille dans son petit chemisier blanc m'attendris. Je la vois concentrée sur sa tâche et heureuse de le faire ce qui me rend joyeuse. Ce que je ressens quant à cette vision, me procure me procure une immense joie même si pourtant je sais cet équilibre très fragile et que tout peut basculer en un instant et virer au cauchemar.

 

C'est comme cette palissade en arrière-plan, elle m'angoisse terriblement. Qu'y-a-t-il derrière ? Elle me semble gâcher cette scène idyllique. C'est une construction humaine, comme un building au milieu de la jungle. J'ai envie de l'abattre, de la réduire à néant. Que seuls demeurent l'harmonie, la sérénité, le jeu.

 

 

 

 

 

 

 

Pierre

 

La main et l‘avion

 

Je ne sais pas.

 

Je ne sais pas si la main lance l’avion ou si elle le retient.

 

Je ne sais pas ce que je sais.

 

Hier soir j’ai parlé devant tous, auréolé d’une histoire personnelle et d’un regard, (celui de Georgette). Mais qu’avais-je à dire ? Pas grand-chose face à l’immensité des réalités et des savoirs qui me sont inconnus.

 

Mais j’ai osé. J’aime ça, j’aime les défis de la pensée et du corps.

 

Je suis gonflé de prétention d’avoir osé. Je suis fier de cette prétention. Je gonfle.

 

J’ai inventé des relations entre des faits et des analyses que personne avant moi n’avait exprimés ici et avec ce public. J’ai suscité des réactions, des compléments, des retours vers moi qui vont me servir.

 

Maintenant je sais : c’est ma propre main qui lance l’avion.

 

Si je continue à gonfler, je sens que je suis capable d’inventer l’avion, un autre, plus grand et plus beau. Chiche !

 

Et si je me gonfle/dégonfle encore, je reviens au bateau sur lequel je naviguais mercredi et jeudi. Un trimaran de course. Je suis très heureux de cette expérience. Première navigation sur un tel engin à cette vitesse, la nuit, au près, dans le dur clapot à 68 ans, il faut le faire ! Mais je ne recommencerai sans doute pas. Je touche à mes limites physiques. J’ai vu la vieillesse de mes os, de mes muscles et de mes vertèbres. J’ai été malade et j’ai eu froid comme jamais.

 

Ou alors il y a longtemps.

 

J’ai écrit je ne recommencerai sans doute pas. Hier je pensais la même chose avec une nuance : il n’y avait pas sans doute.

 

 

 

 

 

Stéphanie

 

Je neige et je porte. Je suis la reine des neiges qui emporte toutes vos peines. Bleue est ma couleur. Bleu d'or et d'azur, telle est ma parure. J'ai chevauché à travers les glaces, affrontant bien des périls, telle une amazone à la ceinture limpide. La banquise est mon écrin. J'y ai grandi, pareille à un diamant brut qui fait peur à ses ennemis. Je combats aux côtés des plus farouches guerriers; le vent chuchote à mes oreilles les stratégies les plus fines, qu'il ne délivre qu'à moi seule et je pourfends mes ennemis d'un seul regard. Je suis la guerrière des neiges au regard de braise. Mon cœur est du cristal le plus pur et la douceur de mes cuisses est inégalée. Je sais des caresses jamais inventées auparavant, qui terrassent mon ennemi comme nulle autre arme ne pourrait le faire. Je suis la guerrière de l'amour, Epona en personne, qui confond ses ennemis en les aimant. Je suis la dépositaire jalouse de ce secret millénaire. Je suis une amoureuse impétueuse, comme nulle ne l'a été avant moi. Mais gare à mon courroux, plus terrifiant que la foudre, s'il on faillit à sa parole à mon égard.

 



 

16:02 Écrit par Marie Milis dans Autolouanges d'ici | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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