25/07/2013

Autolouange Guervoeur mai 2013 - carte retournée




Dominique

 

Je suis forteresse, assiégée par le ciel

Mes fondations plongent dans le rouge de la terre

Je suis mains assemblant ces pierres

Dans mon ventre un tourbillon infini

Je suis forteresse, posée dans le désert

 

 

Francine

 

Je me délecte du festin royal

Servi ici.

Plat principal :

J’accueille à bras et à cœur

Grands ouverts

Mes bêtes féroces intérieures

Les plus inacceptables de moi ou des autres,

Je les honore amoureusement,

Je leur dresse même un autel,

Je les rencontre pour faire une

Transfusion spectaculaire,

J’en fais des forces herculéennes

Et des alliés à Vie

 

 

Gersende

 

Je suis son, vibration et louange ruisselant en perles bienfaisantes

Je suis le son et l’archet, la voix et le silence

Je suis instrument de résonnance et mes cordes font vibrer celles des autres

Je suis le vrombissement de l’abeille, le chant d’amour du merle, le murmure des confidences

Je nais, je frémis et j’éclate en ondes rituelles, et mon mouvement est perpétuel

Je nais, je frémis et j’éclate

Je meurs et deviens humus, humus fertile engendrant le germe

Je nais, je frémis et j’éclate

Je me répands en bulles diaphanes

Je suis l’onde qui traverse, jaillit, bénit

Je suis en moi et je suis en vous

Je suis Je et je suis Nous

Je suis ici et là, maintenant et ailleurs

Les repères s’effacent, le temps et l’espace fléchissent

Et courbent l’échine humblement

Ils tiennent tous deux dans la paume de ma main

Je les offre au ciel en les remerciant

 

 

 

Pierre

 

Quête

 

On n’a pas eu le temps de se parler, Brigitte et moi depuis une certaine discussion. Il faudrait. Non, il faut. Non, amplifier ce n’est pas parler encore. Autre chose, quoi ? La confiance.

Je suis frappé et aussi intimidé par l’émotion et l’humanité qui émanent de ce groupe. C’est l’humanité toute entière qui se parle, enfin.

Je suis le collectionneur des pépites de la diversité de l’humanité.

Je suis en quête.

Je suis en curiosité.

Je suis un trimaran de course.

Je suis un constructeur de futurs.

Je suis un jouisseur de l’instant.

 

 

 

Léonard

 

 

Je n’ai pas besoin de mettre un nez rouge pour être ensoleillé.

Je n’ai pas besoin de me mettre des carapaces d’éléphant pour être touché.

Je n’ai pas besoin de me cacher de vous pour faire briller le diamant de mon être.

Une fête intime m’invite à chaque instant. Elle m’est innée.

 

Moi maintenant

Je suis porteur d’un silencieux bonheur.

Je suis icône d’une flamme et d’une ronde.

Je suis recueil d’un poème.

Je suis chant d’une mélodie sereine.

 

Je suis appelé à faire un pas,

Un pas de deux, un pas de côté,

Un pas même acrobatique

Pour dire adieu à mes apparences et

Bonjour au cristal de l’autre,

Bonjour à la grandeur de son âme,

L’autre qui est source de ma fête.

 

Je m’habille des dons de l’autre, de sa tendresse,

De sa volonté de grandir.

Irais-je m’enfermer dans les souterrains, quand le jour se lève ?

Ce serait fou.

Irais-je me déprimer quand le printemps éclate ?

Irais-je temporiser quand l’heure aujourd’hui sonne ?

Irais-je attendre tandis que j’ai encore une minute à vivre ?

 

Je ne postpose plus.

Je ne m’accorde plus de délai.

Je ne remets pas à demain.

 

Même si le train est en retard, j’ai ma place dans la salle d’attente.

Même si le chèque n’arrive pas, je suis récompensé par la vie.

Même si je rate l’avion, je réussis mon envol.

 

Je suis vigilant de ne pas me laisser aller dans l’émotion, la révolte soudaine, l’emportement, de ne pas me limiter à moi-même, aux cercles trop étroits, aux chauvinismes et aux nationalismes.

 

Je suis attentif à donner plus, à partager la fête, à ne pas la thésauriser, à ne pas devenir collectionneur de bonheurs.

 

J’amplifie les cadeaux d’anniversaire.

Je mets le double,

Je remets la mise, j’ouvre les portes.

 

Je ne perds pas en donnant.

Je ne doute pas de moi-même quand on ne me salue pas.

Ce n’est pas la fin du monde quand mes livres ne se vendent pas.

Je ne suis pas seul quand on ne pense pas à mon anniversaire.

 

Je reste présent quand les signes d’amitié se raréfient.

Je ne sombre pas quand je perds mon temps.

Je n’ai qu’à être ami de moi-même.

Je n’ai qu’à voir en tous le miroir de cette fête intime

Qui m’est innée.

 

 

 

 

Marie

 

 

J’apporte la bonne parole et proclame la chair du verbe.

 

Des éthers tissés de nos mémoires et nourris de nos œuvres

J’accueille la plongée angélique aux dits prophétiques1.

 

Les cieux, fruits de nos entrailles2, me sont aspiration et révélation.

 

Pédagogue de l’ultime, je porte haut l’incandescence de la transmission.

Pour que l’autre soit compétent et libre, je me retire

A la périphérie du dire et du faire. J’organise la lisibilité du cadre

Et insuffle la foi d’où jaillit l’audace des grandes découvertes.

 

Je ne montre rien. Je suis. Je n’impose rien, j’accompagne.

J’achemine, de question en question, sur les terres vierges

De l’avancée de la vie. Ma chair de sang est véhicule

Pour ma chair vive : manifestation tangible d’amour inconditionnel.

 

Je n’ai d’autre existence que la vie du monde, d’autre attention

Que l’œuvre essentielle bruissante en chacun. J’ouvre large la coupe

De la conscience pour glaner perles et diamants des sagesses

Où l’infini se conjugue en présence d’ici-maintenant avec joie.

 

 

 

Patricia 

 

 

Je suis Amour total et sublime, plus grand que toutes les tours Eiffel du monde.

Je suis masculin et féminin réunifiés, je suis Un, je suis Une, m'envolant au son de la musique des anges.

Je suis Art aux mille muses.

Je suis chant, éternel poème, trésor de mélodies et couleurs enchanteresses.

Je suis toutes les peintures du monde et j'offre en cadeau celle du moment.

Je suis couleur rouge, passion de la vie coulant dans les veines.

Je suis couleur qui rayonne jusqu'à réveiller au plus profond des êtres un espoir oublié, jusqu'à ressusciter ce dormeur du val qui n'a pas eu le temps de vivre à cause de la folie des hommes.

Je suis joie et j'exulte devant tant de bonheur.

Je suis vie et ravie.

 

(Carte d'une peinture de Chagall « La joie »)

 

 

Simon



Je suis gigantesque, encore anonyme, mon cœur est énorme, il porte jusque sur mon visage, sur mes épaules et sur mon dos.

Je suis cargo de charbons ardents. Je gronde et l'hiver s'enfuit, j'inspire, les cieux s'embrasent, j'expire, tout mon pays prend feu.

Je suis rugissement formidable, totem incandescent, Thanatos et Héphaïstos soutiennent mes reins. J'élève ma voix météorite, je pénètre tous les espaces et je les féconde.

Je suis Orphée relevé, mon chant résonne dans la cathédrale céleste.

Je suis hululement féroce et joyeux, mes lèvres ont tout embrassé. Je suis grand rire de la vie pleine, tambour victorieux, montée de sève irréductible.

 

1 L'Ange comme parole de l'inconscient collectif

2 Les cieux: tissage où toutes nos vies, nos œuvres s'articulent.

16:06 Écrit par Marie Milis dans Autolouanges d'ici | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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