• Autolouanges 2 formation Saint-Didier, Anne Gravier juillet 2013

     

    Je suis feu qui jamais ne s’éteint.

     

    Flambeau porté vers l’avant ou chandelle en prière,

     

    j’éclaire noblement les traversées les plus sombres,

     

    révèle au passage mille couleurs contenues et cachées.

     

    Je suis main et protège la flamme sacrée des brises et des ouragans.

     

    Vigilance resserrée,  je suis écoute des invisibles.

     

    Je délivre le monde de certitudes insensées.

     

    Large et ouverte, je suis berceau des confiances accueillies,

     

    j’apaise les eaux des lacs profonds,

     

    j’y baigne les respirations entravées.

     

    Je suis quiétude du geste juste.

     

    Je reçois éblouie la lumière qui émane d’un trésor sans prix.

     

     

     

     

     

    Née de régions protégées qui m’apprirent à marcher,

     

    je suis danse devenue.

     

    Je suis saut d’obstacles infranchissables,

     

    chute de gouffres abyssaux,

     

    redressement de cascades vers le ciel.

     

    Je suis glissement sur les sols noyés de mes douleurs,

     

    arrêt recroquevillé et protecteur d’un royaume intérieur.

     

    Envol, ma danse entraîne dans sa ronde des milliers

     

    d’éclats lumineux.

     

    Mon pas révèle des joyaux colorés.

     

    Je suis spirale descendante et montante

     

    pour ne rien oublier.

     

    Mes voiles ont traversé les épreuves du feu,

     

    un à un consumé.

     

    Nue, sans artifice,

     

    je suis axe qui mène à la chambre du Roi.

     

     

     

     

     

     

    Enfant des hautes notes, je tiens en mes mains le trésor enfoui.

     

    Entourée de voix amies soutenant le ciel, j’ouvre les scellés,

     

    et, dans un couffin de notes, de pierres et d’âmes épousées,

     

    je suis cri de nouveau-né.

     

    Je troque mes silences résignés et solitaires dans le plus grand

     

    des vides-greniers.

     

    Bras ouverts, ébahie,

     

    j’accepte la symphonie des harmoniques célestes.

     

    Sept et une à la fois, je suis chandelier de partitions sacrées,

     

    hydre inventeuse de beauté, traqueuse de notes partagées.

     

    Je suis retrouvaille des chants oubliés.

     

  • Autolouanges formation Saint-Didier, Anne Gravier juillet 2013

     

    Je suis vaisselle d’argent, courbe et ciselée, ronde, œuvre précieuse

     façonnée pour contenir.

    Mais que s’est-il passé ?

    La conque est renversée, le parfum semble s’être échappé.

    Reste la lumière de mes reflets.

     Je suis le verre qui a soif, l’aiguière qui soulève son couvercle

    vers le ciel : A boire, à boire ! Retombe-t-il d’un coup sec,

    ce couvercle, je suis aussi le ressort, je suis le rebond.

    Et je m’ouvre à nouveau. A boire, à boire !

    Quelqu’un a pelé un citron et déposé son fruit près de moi.

    Presse, presse, pressons le citron ; j’y mettrai l’eau

    qui court et entre par la fenêtre ouverte.

    A boire, à boire ! Mais pas n’importe quel jus ! Jus ? Jus ?

    Jus-te comme ceci, jus-te comme cela, par ici mais pas là ? Non !

    Jus de soleil, jus acidulé et frais, courant désaltérant,

    jaune flamboyant,

    pétillant, goutte cicatrisante,

    parfum révélateur,

    merveilleux assaisonnement.

    A boire, à boire, à boire !

     

     

     

    Je suis bonté en éruption, feux lancés vers le ciel,

    pluie fécondante.

    Issue d’entrailles profondes, je suis coulée rougeoyante, chaleur vivifiante.

    Je bouscule sur mon passage, brûle scories, je perce serrures,

    brèche les murs,

    je réchauffe les logis glacés, déloge les conventions du monde.

    Je suscite consumance, surprise, émerveillement ou effroi,

    mais ma brûlure n’est pas de guerre.

    Avec le temps, je cimente la construction mouvante du monde,

    jusqu’en ses bases les plus cachées.

     

     

     

    Je suis bois trouvé.

    Soulevé par l’étreinte de tes bras, je quitte ma terre natale,

    salue en hâte mes racines nourricières, le tronc paternel,

    mes branches cousines, toute ma parenté.

    Par un transport à moi inconnu, je te suis jusqu’ici.

    Dans ton antre, caressée de l’œil et de la main, je suis choisie.

    Peu à peu je m’approche de l’axe. Je ralentis mon pas.

    Immobile, je me fixe un instant.

    Croisant nos regards, tu m’invites à la valse créatrice.

    J’entre dans la danse circulaire, j’acquiesce,

    Je la veux sans fin, extatique.

     

    Je suis tout, cœur et cercles.

    Derviche, je me vide. Je laisse place à la vie nouvelle.

    Je suis feuille. J’ai ouvert ma fibre intime,

    le livre de mes mystères cachés.

    Mes lignes sont des trous, mes trous sont des lignes.

    Je suis invitation au regard de l’invisible,

    à la caresse de l’inattendu.

    Je suis bois tourné.

     

     

    Etang calme, je suis œil serti dans le paysage immense de la vie.

    Regard clair, j’abreuve l’assoiffé et peu à peu apaise.

    Je suis sérénité déterminée.

    Sous l’iris, chauffé par un soleil intérieur sans mesure,

     je bouillonne jusqu’au tréfonds de mes boues.

    Matières multiples, je traverse l’alambic, et, vapeur,

    je perfuse les êtres qui m’entourent d’un goutte à goutte

    doux et vital, tendre et fondamental.

    Je suis rencontre de l’ami venu des quatre horizons.

    Attention vive à chaque couleur apportée,

    dépôt secret de traces pigmentées,

    nappe souterraine aux fresques bigarrées,

    je déploie l’arc en ciel.

    J’initie le poème en chacun,

    je suis crayon de son histoire fabuleuse.

    Je suis miracle quotidien qui effleure de sa plume

    la profondeur d’une vérité incontestable*.

     

    *extrait de l’interprétation des anagrammes de Max Douchin

     

     

    Je suis solitude des versants cachés,

    contrepoint des folies de la fête,

    silence nourricier.

    Je suis l’abri du pèlerin égaré, source au pied des collines.

    Je suis porte ouverte, fraîcheur offerte.

    Vide de tout artifice, je suis l’écart, le chemin de traverse.

    Je laisse place.

    En mon sein, je suis berceau créateur d’un pas, d’un regard,

    d’une parole déposés là et multipliés.

    Je suis le vide qui permet la montée.

     

     

     

    Je suis cœur palpitant, sangs mêlés de tous mes passés,

    reliance d’expériences façonnantes.

    Pulsant l’énergie d’elles reçues, je féconde mes tendresses manquées,

    en caresse les angles.

    De mes mains habitées, je masse et détends les colères désamorcées.

    Je suis rabot, ponçage répété de ces aspérités.

    Je suis bois décapé, révélé.

    De mes racines aux sources renouvelées monte un chant de

    justesse ferme et délibéré.

    Au carrefour des mains entrecroisées, j’offre appui et solidité.

    Je suis geste déployé, chant d’intégrité et de beauté.

     

     

     

    Issue de la lignée vertigineuse de mes ancêtres,
    je suis aigle des montagnes.

    Déposée par eux sur des promontoires où nul ne peut rester sauf,

     je suis envol, lancé d’une hauteur folle et inimaginée.

    Prise dans mes cercles acharnés,

    chutes verticales et remontées abruptes,

    je mute en spirales dont je ne connais pas la fin.

    Je traverse les dépressions du vide en noble fille*.

    Dans l’œil de mes cyclones, je vois.

    J’écarte les noirceurs de l’agressivité et du mensonge.

    Dans chaque faille de lumière, mon être tout entier engagé,

    je scrute, caresse et encourage la venue du printemps.

    Mon jardin est hors du temps.

    Je suis âme éblouie devant l’éclosion

    De la toute magnificence.

    ·        Traverse, noble fille, traverse. Christiane Singer

    ·         

     

     

    Je suis gerbe composée d’herbes simples.

    Les champs qui m’ont donné la vie ont traversé les âges.

    Fruit de moissons innombrables, je suis bouton

    dont les capuches protectrices s’écartent une à une,

    laissant exploser des magnificences prometteuses.

    Reliée à la source, je suis puissance d’éclosions.

    Je suis curiosité vive. Fleurs offertes à toutes les directions,

    je jubile du vas et viens de rencontres infinis,

    et tout à la fois me rassemble, une,

    et oriente ma soif vers la source qui me nourrit et m’enracine.

    Enfant, je grimpe à l’arbre des découvertes,

    hésite à tout cueillir,

    ne pouvant tout mettre dans mes poches.

    Glissant sous l’écorce, je suis passage de sève,

    guettant des croissances patientes ou inattendues.

    J’assiste à des naissances qui me laissent sans voix.

     

     

  • Autolouange brève mai 2013

    Francine

     

    Je suis surgissement de printemps

    Et palette de teintes de verts

    Eclatant au soleil.

    Je chemine en foulant

    L’herbe tendre.

    Je suis frémissement des arbres

    Et arbrisseaux bercés par le vent

    Qui salue le passage

    De la Reine des Bois.

    Je suis peau

    Caressée et ré »chauffée

    Par les doux rayons

    De l’astre solaire.

    J’avance,

    Je chemine,

    Je sais que je suis sur le bon chemin.

    Je suis à ma place parfaite.

    Des milliers d’oiseaux m’accompagnent

    De leur mélodie enchanteresse

    Et chuchotent à mon oreille :

    Oui, oui, oui !

    Même le ruisseau le dit

    Dans sa petite cantate divine

    Je suis Blanche Neige

    Vibrante de printemps.

     

     

    Gersende

     

    Je suis pèlerin du Féminin

    Je suis route et je suis bâton, pas et horizon

    Je suis chercheuse d’or et lumière

    Je suis quête et Absolu

    Brise légère et tempête

    Je suis Diane et je suis Arc

    Biche transpercée et forêt luxuriante

    Je suis coupe et ambroisie, lettre et icône

    Je suis pèlerin du Féminin

    Toujours en chemin.

     

     

     

     

    Léonard

     

    Je suis la vocalise de Simon.

    Je grimpe, je monte l’échelle du ciel.

    Je suis cette étendue qui s’étale jusqu’à l’horizon.

    Je suis le zénith du bonheur au septième ciel.

    Je grimpe plus loin, plus haut dans la vie en jouant.

    Ma vie est une longue escalade.

    Je suis le fils d’obstacles.

    Je suis le fruit de la persévérance.

    Je suis harmonie couvrant mes aspérités.

    Aujourd’hui je joue et je chante.

    Je deviens une jolie mélodie.

    J’embellis le moment présent.

     

     

     

    Marie

     

    Assoiffée de savoirs, j’anoblis les transmissions paysannes,

    J’honore les sourcières et vénère les connaissances non patentées.

     

    Fouine, je fouille les sentes de traverses

    Pour y glaner sagesses enfouies et plantes guérisseuses.

     

    C’est à l’université des champs que je dois mon plus fier diplôme :

    Je suis docteur ès émerveillement, utilisant ma plus grande distinction

    A rassembler les mots incongrus en phrases neuves et éblouissantes.

     

    Je suis anthologie de libertés et bibliothèque d’incongruités.

    Je collectionne parcours à hauts risques et tentatives bancales.

    J’en distille l’or fin des nouveautés pour de lumineux lendemains.

     

     

     

     

    Patricia

     

    Je suis le feu qui ravage, celui de la colère, celui qui fait couler les larmes.

    Je suis la tristesse, tristesse de ne pas encore être qui je suis.

    Je suis la larme qui vient éteindre ce feu dévastateur, le réguler, jusqu'à ce qu'il ne reste que des braises.

    Je suis cette braise qui réchauffe et calme les tristesses, celle qui redonne vie et désirs.

    Je suis l'Amour universel qui entraîne ce monde mourant.

    Je suis le tout, je suis le rien, je suis la métamorphose de chaque instant.

     

     

    Pierre

    Quête

     

    On n’a pas eu le temps de se parler, Brigitte et moi depuis une certaine discussion. Il faudrait. Non, il faut. Non, amplifier ce n’est pas parler encore. Autre chose, quoi ? La confiance.

    Je suis frappé et aussi intimidé par l’émotion et l’humanité qui émanent de ce groupe. C’est l’humanité toute entière qui se parle, enfin.

    Je suis le collectionneur des pépites de la diversité de l’humanité.

    Je suis en quête.

    Je suis en curiosité.

    Je suis un trimaran de course.

    Je suis un constructeur de futurs.

    Je suis un jouisseur de l’instant.

     

     

    Simon

     

    Je suis vent chaud, une nouveauté en Bretagne, je fais ronronner les cœurs, je suis note impertinente, je mords les oreilles, je sonne la fin de la sieste, je déboule avec mon crescendo de promesses, je fous la tragédie dehors et j'entonne d'un air gaillard: "le salut est arrivé, l'air de rien, tsoin tsoin !!"

    Je suis une super cagnotte déguisée en farce, mes trésors sont pour ceux qui osent rire.

     

     

    Stéphanie

    Divine matière, je suis tissée d'or par la lumière.

    Je suis pluie de bénédiction pour mes ancêtres et leur puissance m'habite, me couronnant de gloire.

    Je suis étendue d'eau, qui sépare les Eaux d' En-Haut des Eaux d'En-Bas, la Raquiah Shamayim.

    Je suis la table d'émeraude, le point de rupture par lequel tout advient.
    Je suis eau pure des torrents et aussi eau toute attendrissante des rivières des sous-bois, qui se rencontrent dans l'océan.

    Je suis couronnement des contraires, l'énigme du paradoxe consenti.
    Je suis l'œil, la source et l'aurore fondus dans l'Un.

    Je suis Unité reconquise, à travers mes cicatrices.

    Je suis désir de vie !



  • Autolouange au jardin Guervoeur mai 2013

    Dominique

     

    Je suis crosse de fougère

    Et me déploie vers le ciel,

    Je suis lutin au chapeau pointu,

    Dont l’ombre apparaît dans la lumière

    Et pourquoi pas un arc-en-ciel

    Sur lequel se pose le doux chant des oiseaux

    Je suis serre, chaudron

    Où bouillonne l’alchimie

    Des senteurs, des couleurs,

    Des odeurs, des croissances

    Et des devenirs.

     

     

    Francine

     

    Je suis surgissement de printemps

    Et palette de teintes de verts

    Eclatant au soleil.

    Je chemine en foulant

    L’herbe tendre.

    Je suis frémissement des arbres

    Et arbrisseaux bercés par le vent

    Qui salue le passage

    De la Reine des Bois.

    Je suis peau

    Caressée et ré »chauffée

    Par les doux rayons

    De l’astre solaire.

    J’avance,

    Je chemine,

    Je sais que je suis sur le bon chemin.

    Je suis à ma place parfaite.

    Des milliers d’oiseaux m’accompagnent

    De leur mélodie enchanteresse

    Et chuchotent à mon oreille :

    Oui, oui, oui !

    Même le ruisseau le dit

    Dans sa petite cantate divine

    Je suis Blanche Neige

    Vibrante de printemps.

     

     

    Gersende

     

    Je suis soleil ardent, rayon nucléaire, pierre en fusion

    Je suis caresse et je suis brûlure

    Sans moi : la mort ; trop de moi : la mort

    Je suis l’énergie vitale dont nul ne peut se passer.

    Je suis astre de feu, boule incandescente, territoire impénétrable

    Père du monde et origine de toute légende

    Je donne et je reprends quand bon me semble

    Nul ne saurait franchir mes limites, ni m’imposer sa loi.

    Je brûle les ailes des intrépides et la peau des hommes nus

    Ma colère : magma en éruption

    Mon courroux est insoutenable

    Mais tout en moi brûle du désir infini de ma création

    Alchimiste par nature, je change le plomb en or

    Et les larmes en perles fertiles

    Je suis miséricorde, patience et bonté

    Je suis chaleur, douceur, langueur

    Allégresse de l’enfant, éclat de vitrail, mystère insondable de l’arc-en-ciel

    La terre est ma bien-aimée

    Mon amante aux effluves célestes

    Je la désire et la bénit, je la séduis et l’ensemence

    Je veille jalousement à l’éclosion de chacune de ses promesses

    Comment pourrait-elle oublier notre alliance originelle ?

    Au plus profond de ses entrailles,

    Gît mon noyau divin fondateur

     

     

    Léonard

     

    Je suis chapelle de Guerveur,

    Je suis église.

     

    Je suis fraîcheur en plein été.

    Je suis brise légère dans les relations tendues.

     

    Je suis icône dorée d’un univers intérieur

    De senteurs et d’encens, d’élégance et de silence,

    De processions et de chants purs.

     

    Je suis lieu et espace de rafraîchissement

    Où l’on reprend son souffle et respire librement.

     

    Je suis lieu communautaire et convivial

    Où tous communient à la même soif, à la même faim.

     

    Je suis gué de passage entre cette rive et l’autre encore inconnue.

    Je suis christophore, les pieds dans le tumulte du monde et la tête dans le ciel.

     

    Je suis église.

    Je révise mes condamnations,

    J’arrête mes jugements,

    Je suspends mes excommunications,

    Je renonce à mes richesses,

    Je ne lève plus mon doigt sur autrui,

    Je ne corrige plus les comportements,

    Je ne vous parle plus comme propriétaire de la vérité.

     

    Je suis église,

    Je suis chapelle pleine de vous, emplie de vos dons, enrichie par votre histoire,

    Je rassemble vos récits de vie, j’empile les expériences,

    Je les garde et les regarde encore et encore.

     

    Je suis prière.

    Je ne juge pas.

    Je laisse venir l’inconnu.

    J’attends sans savoir ni qui ni comment. Ni pourquoi d’ailleurs !

    J’attends qu’une porte s’ouvre.

    J’attends que l’horizon s’approche.

    J’attends sans distinguer entre je et tu.

     

    Je passe par des ponts et des passerelles pour trouver le chemin

    Où se fera la rencontre,

    Où je lirai les lignes de ma vie,

    Où je serai dans l’évidence,

    Où je reconnaîtrai la grâce,  

    Grâce sur grâce.

     

     

     

     

    Marie

     

    Moutonnement léger de cerisier en neige duveteuse,

    Je suis promesse de mille délices lorsque du blanc virginal

    De ma pureté innocente paraîtra le fruit rouge de mes

    Amours à ciel ouvert.

     

    Corolle canari, je suis bouton d’or dansant la rumba des vents.

    Qu’importe mes fragilités : mes racines puissantes

    Me donnent tant de sœurs que j’en suis indestructible.

    Je nargue les faux bien pensantes : sous la menace j’aurai le dernier mot !

     

    Bette au pied violacé, je confonds les rhubarbes et m’amuse de démasquer

    Les arrogants incompétents. J’abonde dans le sens des naïvetés

    Pour stimuler le discernement et l’acquisition de compétences expérimentées.

    Je suis tri sélectif des pensées qui valent ou non engagement.

     

    Sauge, bourrache, plantain, capucine, pissenlit, ail des ours, orties,

    Tant de générosité…et tant d’ignorance ! A portée de mes doigts

    Mille herbes s’offrent au festin que je délaisse de n’avoir point

    De grand-père jardinier, de grand-mère rebouteuse, d’aïeul sage et sorcier.

     

    Devenir cette aïeule : reconnaître entre tous les verts celui du poison

    Et celui qui sauve, ramasser au sol le pansement qui cautérise,

    La tisane drainante, le baume qui apaise, la santé qui se donne.

    Sagesse tutélaire, je suis racine de l’arbre de la connaissance, souffle de curiosité.

     

    Là où la plaine est immense, la mer proche, et le soleil intense,

    Je suis marronnier du réconfort. Ma haute stature aux mille panaches

    S’ébroue aux premières lueurs printanières proclamant la splendeur de l’inutile.

    J’offre mes marrons-amulettes aux enfants de tout âge

    Et m’éclipse en fauve rugissant.

     

     

    Patricia

     

    Je suis chaleur du soleil qui réchauffe les corps et les cœurs, je suis douce caresse du vent sur tes joues, je suis baiser de la nature toute entière, explosion de formes et multitude de couleurs, luxuriance de parfums enivrants, tels les plus fins des nectars.

    Je suis fleur qui tombe de son arbre, qui sait mourir, qui sait nourrir pour mieux renaître.

    Je suis herbe folle indomptable qui danse avec le vent.

    Exotisme de l'apparente banalité, je fais naître l'invisible et le sublime, telle cette fleur de pissenlit que l'on dit fanée alors qu'elle s’appète à essaimer sous les yeux aveugle, des myriades de graines volantes semblables à des plumes d'anges s'élevant dans le bleu du ciel.

    Je suis terre naissante et renaissante, source de vie.

    Je suis papillon jaune qui vous rappelle la légèreté de l'âme, je suis souche racornie et noircie par le feu qui purifie l’âme, je suis insecte suspendu dans l'air et qui reprend sa course folle.

    Je suis échelle contre ce mur qui mène au figuier. Je suis figuier aux branches magnifiquement tortueuses qui élance ses multiples bras vers le ciel comme pour mieux l'embrasser, celui qui relie les hommes aux dieux, la terre au ciel.

    Je suis l'autre en toi qui te dit son amour.

     

     

    Pierre

    Ma place

     

    Je suis allé au fond de la verdure. J’ai traversé les pissenlits, les orties et les fleurs blanches sans nom. J’ai trouvé le mur de pierre, mon mur.

    La pierre où je suis assis épouse juste mes fesses. Je suis à ma place. Je vais l’emporter.

    Le mur ouvre sur la vallée, pas encore assez verte pour mon proche anniversaire et sur le Menez Hom, brun comme le chapeau de Léonard, et la mer qui se devine.

    Je suis à ma place.

    Vous, les autres, êtes là, autour, invisibles et tout proches.

    Vous êtes la densité de l’instant et du lieu.

    Je suis la densité de l’instant et du lieu.

     

    Demain j’aurai la pierre et vous.

    Je demande pardon à Beaudelaire :

    Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

    De femmes et d’hommes inconnus et que j’aime et qui m’aiment

    Et qui ne sont à chaque fois ni tout à fait autres, ni tout à fait les mêmes

    Et m’aiment et me comprennent…

     

     

  • Autolouange Guervoeur mai 2013 - main ou plante

    Léonard

     

    Ma main gauche n’est pas si gauche que ça,

    Elle a beau être moins active, elle m’assure mon équilibre.

    Ses rides véhiculent des sagesses anciennes,

    Ses lignes dessinent des avenirs certains,

    Sa mémoire est ancestrale,

    Elle est point d’arrivée de sources multiples et irriguera des générations nouvelles.

     

    Ma main cherche l’autre.

    Elle va au-devant de l’autre plus que je ne le voudrais peut-être.

    Comme un tapis roulant elle voyage par ci par là et fait des rencontres étonnants.

    Elle est finalement assez indépendante.

     

    Le temps que je réfléchis si je dois vous embrasser sur les joues deux ou trois ou quatre fois, ma main aura déjà trouvé la chaude présence de votre main.

    Ma main gauche n’est pas si paumée que ça.

     

    Ma main est une cathédrale ouverte au tout-venant.

    Ma main gauche est toute une hémisphère séparée par un océan de vie et d’aventure de ma main droite.

    Ma main est toujours vide, toujours avide de vie.

    Ma main applaudit toute seule.

    Ma main rougit comme une jeune fille, au soleil de Bretagne.

     

     

     

    Marie

     

    Forêt vierge d’exubérances multicolores,

    Je suis fête potagère dans la quiétude bretonne,

    Cavalcade de feux follets aux myriades printanières.

     

    Je suis bouquet aux mille couleurs champêtres :

    Je pimente la vie de mes pétales de braise,

    Irise l’instant de l’éclat de mes feux d’artifices

    Et épanouis mille tonalités de verts au lit de mes jachères.

     

    Je suis générosité d’abondance :

    Là où je me pose surgit l’inattendu !

    J’offre à pléthore les propulseurs chamarrés

    Pour ces terres d’émerveillementqui nous habitent.

     

     

     

    Patricia 

     

    Euphorbe : tellement belle et tellement étrange.

    Je n'avais jamais vu que tes tiges étaient si tortueuses. Tête vert tendre aux multiples visages au bout d'une longue tige, je te découvre aujourd'hui différente.

    Étranges petites coupoles offrants au soleil la promesse de tes petites graines.

    Tu sembles forte et fragile à la fois. Tes feuilles paraissent ébouriffées et tes tiges portent de petites marques horizontales, comme de multiples sourires, le tout se balançant avec douceur au gré du vent et du chant des oiseaux.

    Tes coupoles, à mieux y regarder, sont comme deux moitiés assemblées par un petit cœur délicat cerclé de jaune soleil. Ces deux moitiés forment ensemble comme un huit ou le symbole de l'infini...En fait, une coupole donne naissance à deux coupoles : c'est la logique du monde inversée.

    N'est-ce pas merveilleux ?

    Et tous ces petits réceptacles, capteurs solaires, forment  autant de visages différents et uniques qui dansent ensemble au rythme de la vie.

     

     

     

    Pierre

     

    Ma main tient le papier. Elle est précieuse pour cela. Il y a quelques jours elle tirait sur des bouts pour faire marcher un bateau. Parfois elle est essentielle quand je la sollicite comme le gaucher que je serais sans quelques conditionnements. Elle se déforme avec le temps qui passe, l’auriculaire prend son autonomie vers l’extérieur et se manifeste souvent de façon désagréable.

    Je regarde la droite, puis la gauche et je découvre ce que je n’avais jamais remarqué : ma main gauche est plus massive et forte que la droite. Elle est un peu endolorie, encore aujourd’hui, souvenir des heures en mer.

    Il y a longtemps que je n’avais pas vu les lignes de la main, droite ou gauche, je ne sais plus laquelle devrait dire le passé et l’autre le destin. D’ailleurs cela ne marche pas avec les ambidextres comme moi.

    Une fourmi curieuse vient lire ce que j’écris. Elle n’a pas de main et un tout petit cerveau. Je ne sais plus qui a écrit sur la main et le cerveau, je me souviens en revanche du livre de Pisani : la main et l’outil, c’est presque la même chose vue dans l’autre sens.

    C’est étonnant cet appendice qui a acquis une telle importance parce que l’un des cinq doigts s’est mis en opposition aux autres, parce que chacun peut se replier sur lui-même, que chacun est un peu autonome pour jouer sur un clavier de piano ou d’ordinateur et qu’ils peuvent, tous ensemble faire bloc, masse, masque, paroi, réceptacle, signal…

  • Autolouange Guervoeur mai 2013 - carte retournée




    Dominique

     

    Je suis forteresse, assiégée par le ciel

    Mes fondations plongent dans le rouge de la terre

    Je suis mains assemblant ces pierres

    Dans mon ventre un tourbillon infini

    Je suis forteresse, posée dans le désert

     

     

    Francine

     

    Je me délecte du festin royal

    Servi ici.

    Plat principal :

    J’accueille à bras et à cœur

    Grands ouverts

    Mes bêtes féroces intérieures

    Les plus inacceptables de moi ou des autres,

    Je les honore amoureusement,

    Je leur dresse même un autel,

    Je les rencontre pour faire une

    Transfusion spectaculaire,

    J’en fais des forces herculéennes

    Et des alliés à Vie

     

     

    Gersende

     

    Je suis son, vibration et louange ruisselant en perles bienfaisantes

    Je suis le son et l’archet, la voix et le silence

    Je suis instrument de résonnance et mes cordes font vibrer celles des autres

    Je suis le vrombissement de l’abeille, le chant d’amour du merle, le murmure des confidences

    Je nais, je frémis et j’éclate en ondes rituelles, et mon mouvement est perpétuel

    Je nais, je frémis et j’éclate

    Je meurs et deviens humus, humus fertile engendrant le germe

    Je nais, je frémis et j’éclate

    Je me répands en bulles diaphanes

    Je suis l’onde qui traverse, jaillit, bénit

    Je suis en moi et je suis en vous

    Je suis Je et je suis Nous

    Je suis ici et là, maintenant et ailleurs

    Les repères s’effacent, le temps et l’espace fléchissent

    Et courbent l’échine humblement

    Ils tiennent tous deux dans la paume de ma main

    Je les offre au ciel en les remerciant

     

     

     

    Pierre

     

    Quête

     

    On n’a pas eu le temps de se parler, Brigitte et moi depuis une certaine discussion. Il faudrait. Non, il faut. Non, amplifier ce n’est pas parler encore. Autre chose, quoi ? La confiance.

    Je suis frappé et aussi intimidé par l’émotion et l’humanité qui émanent de ce groupe. C’est l’humanité toute entière qui se parle, enfin.

    Je suis le collectionneur des pépites de la diversité de l’humanité.

    Je suis en quête.

    Je suis en curiosité.

    Je suis un trimaran de course.

    Je suis un constructeur de futurs.

    Je suis un jouisseur de l’instant.

     

     

     

    Léonard

     

     

    Je n’ai pas besoin de mettre un nez rouge pour être ensoleillé.

    Je n’ai pas besoin de me mettre des carapaces d’éléphant pour être touché.

    Je n’ai pas besoin de me cacher de vous pour faire briller le diamant de mon être.

    Une fête intime m’invite à chaque instant. Elle m’est innée.

     

    Moi maintenant

    Je suis porteur d’un silencieux bonheur.

    Je suis icône d’une flamme et d’une ronde.

    Je suis recueil d’un poème.

    Je suis chant d’une mélodie sereine.

     

    Je suis appelé à faire un pas,

    Un pas de deux, un pas de côté,

    Un pas même acrobatique

    Pour dire adieu à mes apparences et

    Bonjour au cristal de l’autre,

    Bonjour à la grandeur de son âme,

    L’autre qui est source de ma fête.

     

    Je m’habille des dons de l’autre, de sa tendresse,

    De sa volonté de grandir.

    Irais-je m’enfermer dans les souterrains, quand le jour se lève ?

    Ce serait fou.

    Irais-je me déprimer quand le printemps éclate ?

    Irais-je temporiser quand l’heure aujourd’hui sonne ?

    Irais-je attendre tandis que j’ai encore une minute à vivre ?

     

    Je ne postpose plus.

    Je ne m’accorde plus de délai.

    Je ne remets pas à demain.

     

    Même si le train est en retard, j’ai ma place dans la salle d’attente.

    Même si le chèque n’arrive pas, je suis récompensé par la vie.

    Même si je rate l’avion, je réussis mon envol.

     

    Je suis vigilant de ne pas me laisser aller dans l’émotion, la révolte soudaine, l’emportement, de ne pas me limiter à moi-même, aux cercles trop étroits, aux chauvinismes et aux nationalismes.

     

    Je suis attentif à donner plus, à partager la fête, à ne pas la thésauriser, à ne pas devenir collectionneur de bonheurs.

     

    J’amplifie les cadeaux d’anniversaire.

    Je mets le double,

    Je remets la mise, j’ouvre les portes.

     

    Je ne perds pas en donnant.

    Je ne doute pas de moi-même quand on ne me salue pas.

    Ce n’est pas la fin du monde quand mes livres ne se vendent pas.

    Je ne suis pas seul quand on ne pense pas à mon anniversaire.

     

    Je reste présent quand les signes d’amitié se raréfient.

    Je ne sombre pas quand je perds mon temps.

    Je n’ai qu’à être ami de moi-même.

    Je n’ai qu’à voir en tous le miroir de cette fête intime

    Qui m’est innée.

     

     

     

     

    Marie

     

     

    J’apporte la bonne parole et proclame la chair du verbe.

     

    Des éthers tissés de nos mémoires et nourris de nos œuvres

    J’accueille la plongée angélique aux dits prophétiques1.

     

    Les cieux, fruits de nos entrailles2, me sont aspiration et révélation.

     

    Pédagogue de l’ultime, je porte haut l’incandescence de la transmission.

    Pour que l’autre soit compétent et libre, je me retire

    A la périphérie du dire et du faire. J’organise la lisibilité du cadre

    Et insuffle la foi d’où jaillit l’audace des grandes découvertes.

     

    Je ne montre rien. Je suis. Je n’impose rien, j’accompagne.

    J’achemine, de question en question, sur les terres vierges

    De l’avancée de la vie. Ma chair de sang est véhicule

    Pour ma chair vive : manifestation tangible d’amour inconditionnel.

     

    Je n’ai d’autre existence que la vie du monde, d’autre attention

    Que l’œuvre essentielle bruissante en chacun. J’ouvre large la coupe

    De la conscience pour glaner perles et diamants des sagesses

    Où l’infini se conjugue en présence d’ici-maintenant avec joie.

     

     

     

    Patricia 

     

     

    Je suis Amour total et sublime, plus grand que toutes les tours Eiffel du monde.

    Je suis masculin et féminin réunifiés, je suis Un, je suis Une, m'envolant au son de la musique des anges.

    Je suis Art aux mille muses.

    Je suis chant, éternel poème, trésor de mélodies et couleurs enchanteresses.

    Je suis toutes les peintures du monde et j'offre en cadeau celle du moment.

    Je suis couleur rouge, passion de la vie coulant dans les veines.

    Je suis couleur qui rayonne jusqu'à réveiller au plus profond des êtres un espoir oublié, jusqu'à ressusciter ce dormeur du val qui n'a pas eu le temps de vivre à cause de la folie des hommes.

    Je suis joie et j'exulte devant tant de bonheur.

    Je suis vie et ravie.

     

    (Carte d'une peinture de Chagall « La joie »)

     

     

    Simon



    Je suis gigantesque, encore anonyme, mon cœur est énorme, il porte jusque sur mon visage, sur mes épaules et sur mon dos.

    Je suis cargo de charbons ardents. Je gronde et l'hiver s'enfuit, j'inspire, les cieux s'embrasent, j'expire, tout mon pays prend feu.

    Je suis rugissement formidable, totem incandescent, Thanatos et Héphaïstos soutiennent mes reins. J'élève ma voix météorite, je pénètre tous les espaces et je les féconde.

    Je suis Orphée relevé, mon chant résonne dans la cathédrale céleste.

    Je suis hululement féroce et joyeux, mes lèvres ont tout embrassé. Je suis grand rire de la vie pleine, tambour victorieux, montée de sève irréductible.

     

    1 L'Ange comme parole de l'inconscient collectif

    2 Les cieux: tissage où toutes nos vies, nos œuvres s'articulent.

  • Autolouange Guervoeur mai 2013

     

     

     

     

    Dominique

     

    Je suis fille du Nord,

     

    Du vent, de l’eau

     

    Je suis le soleil

     

    Qui fait germer le sol,

     

    Je suis senteurs bleutées,

     

    Je suis bulle légère

     

    Dans l’UNIVERS

     

     

     

    Francine

     

    Je suis un lac bleu

     

    Immense et pur

     

    Au pied des montagnes.

     

    Dans cette immensité,

     

    Je caracole, je cabriole,

     

    Je suis acrobate,

     

    Applaudie par des milliers de personnes

     

    Epoustouflées

     

    Par mon étonnante souplesse de chat

     

     

     

    Gersende

     

    Je suis porte, voûte, passage

     

    Je suis lien entre l’ici et l’ailleurs

     

    Colonne reliant les racines et le ciel

     

    Je suis pierre dans ma force et ma volonté

     

    Je suis pierre dans mon silence et mon écoute

     

    Je suis pierre dans mon désir de fondation et d’élévation

     

    Je suis pierre prêtant mes angles et mes arrêtes saillantes

     

    Je suis pierre et participe à la clé de voûte de l’advenir

     

    Je suis solide et immuable, rassurante et rassembleuse

     

     

     

    Je suis porte, voûte, passage

     

    La dalle sur la laquelle poser ses pas en confiance

     

    Je suis le gué de la rivière

     

    Les murs qui contiennent et rassurent

     

    Je suis l’élément originel séparant l’humide et le sec

     

    Je suis lave, pierre en fusion

     

    Mère du phœnix et de la salamandre

     

    Je suis granit, cristal et diamant

     

    Je viens de la nuit des temps

     

    Je suis voûte céleste et poussière d’étoiles

     

    Je suis soc de l’alpha et de l’oméga

     

    Je suis porte, voûte, passage…

     

     

     

    Léonard 

     

    J’ouvre une fenêtre sur moi et aussitôt des rayons de soleil me réchauffent.

     

     

     

    Mon intérieur est un bel espace de lenteur et de silence

     

    Où je me souviens que je viens d’une source parfaite.

     

     

     

    Je porte cet espace avec moi. Je peux m’y tenir quand je veux.

     

    Je ne suis dépendant ni des jugements ni des appréciations.

     

    Je n‘ai même plus besoin de me plaindre, de jalouser ou de revendiquer.

     

    Je n’attache plus d’importance aux remarques blessantes.

     

     

     

    Je ne recueille que des paroles essentielles.

     

    Je les fais danser dans mes rêves comme des bulles

     

    Avant de les insérer dans des livres d’heures.

     

     

     

    Ma joie est de savoir que tout –passages, expériences, aventures – va être inscrit Dans mon livre d’or, mon livre d’heures, embelli, enluminé dans le livre de vie.

     

    J’ouvre une fenêtre sur moi, et j’entre dans une aire de repos.

     

    Je laisse se cumuler les invitations,

     

    Je n’attends plus les messages d’inconnus,

     

    Je laisse tomber les tombolas et les promesses d’enrichissement.

     

     

     

    Je deviens Sisyphe quand il atteint malgré tout le sommet,

     

    Je deviens Tantale qui trouve enfin à manger les fruits défendus,

     

    Je deviens Phénix qui ne cesse de ressusciter de ses brûlures.

     

    Je dépasse le sentiment de manque,

     

    Je garde mes mains ouvertes,

     

    Je suis comblé.

     

    Je viens d’une source parfaite et je vais vers un but parfait.

     

    Me voici pèlerin à qui dit le poète : « Sois heureux, passant ».  (1)

     

     

     

     (1) Epitaphe d’Angelus Silesius

     

     

     

    Marie 

     

    J’accueille le poids des ans et ploie l’échine du labeur ;

     

    Ma vie pleine sillonne mes veines et ride mes faces ;

     

    J’envoûte les braises aux torpeurs bienfaisantes

     

    Pour réchauffer les lambeaux de mes grâces labourées.

     

     

     

    Drapée de sobriété, ma présence rassure et apaise :

     

    En tous lieux j’installe la pauvreté lumineuse

     

    Des vieilles recettes, pots lustrés, et savoirs ancestraux.

     

    Je ranime les vitalités oubliées et concocte les béatitudes à venir.

     

     

     

    Chaque ligne de mes mains est un livre de sagesse :

     

    Je suis bibliothèque vivante, wawcothèque permanente.

     

    Je déchiffre la vie comme d’autres épellent les mots.

     

    J’ai confié mon dictionnaire au chant des oiseaux.

     

     

     

    Tissée de lune, je suis soleil des errances.

     

    J’offre à chacun le réconfort de mes rayons chaleureux

     

    Et trouve toujours le souffle aux mille délices

     

    Pour illuminer les voies neuves, prometteuses et inattendues.

     

     

     

    Source inextinguible de bonheur, je veille sur l’humanité

     

    Et couve son avenir de mon attention généreuse.

     

    Je berce en mon cœur les secrets galvaudés

     

    Et stimule chaque expression singulière de nos lumineuses splendeurs.

     

     

     

    Patricia 

     

     

     

    J'adore l'image de cette petite fille faisant faire des bulles de savon à un éléphant.

     

    Rencontre de deux mondes à priori si différents qui se concrétise dans ces bulles légères, s'élevant vers les cieux. L'impossible se réalise : communication, communion entre les hommes et les dieux.     

     

    J'aime cette rencontre de l'humanité avec l'animalité. Du géant, venu du fond des âges, et du petit, tout nouveau, à peine éclos. Il se dégage pour moi de cette vision quelque chose d'apaisant, de serein : un équilibre naît.

     

    Un sentiment de liberté aussi me vient en voyant cette scène : liberté de jouer même hors des convenances...Une petite fille européenne peut-elle raisonnablement faire des bulles avec un éléphant ? Je suis ravie que oui ! Je ressens une complicité, une symbiose entre ces deux êtres en apparence si différents : ils sont heureux d'être là, ensemble, à jouer à ce jeu.

     

    Ces bulles rondes ou presque, mouvantes, fragiles, symbole de cet équilibre, peuvent éclater à tout moment : arriveront-elles jusqu'en haut ? Dans tous les cas oui, même sous une autre forme.

     

    Éléphant d’Afrique, berceau de l'humanité. J'aime savoir que je viens de quelque part. Cela me rassure. Pour moi, l'Afrique évoque une sagesse, un savoir ancestral que l'occident a perdu. L'éléphant, c'est la mémoire que je ne veux pas perdre, mémoire qui me permet de comprendre et d »avancer.

     

    Cuirasse : cette mémoire est comme entourée d'une cuirasse chez l'éléphant, peut-être pour l'empêcher de s'envoler, comme ces bulles ?

     

    Cuirasse : ce mot me parle. On m'a souvent reproche d'en porter une. Cuirasse qui protège et enferme aussi.. Celle de l’éléphant me semble n'être que bénéfique. C'est le seul costume possible pour ce gardien du savoir ancestral.

     

    Cette petite fille dans son petit chemisier blanc m'attendris. Je la vois concentrée sur sa tâche et heureuse de le faire ce qui me rend joyeuse. Ce que je ressens quant à cette vision, me procure me procure une immense joie même si pourtant je sais cet équilibre très fragile et que tout peut basculer en un instant et virer au cauchemar.

     

    C'est comme cette palissade en arrière-plan, elle m'angoisse terriblement. Qu'y-a-t-il derrière ? Elle me semble gâcher cette scène idyllique. C'est une construction humaine, comme un building au milieu de la jungle. J'ai envie de l'abattre, de la réduire à néant. Que seuls demeurent l'harmonie, la sérénité, le jeu.

     

     

     

     

     

     

     

    Pierre

     

    La main et l‘avion

     

    Je ne sais pas.

     

    Je ne sais pas si la main lance l’avion ou si elle le retient.

     

    Je ne sais pas ce que je sais.

     

    Hier soir j’ai parlé devant tous, auréolé d’une histoire personnelle et d’un regard, (celui de Georgette). Mais qu’avais-je à dire ? Pas grand-chose face à l’immensité des réalités et des savoirs qui me sont inconnus.

     

    Mais j’ai osé. J’aime ça, j’aime les défis de la pensée et du corps.

     

    Je suis gonflé de prétention d’avoir osé. Je suis fier de cette prétention. Je gonfle.

     

    J’ai inventé des relations entre des faits et des analyses que personne avant moi n’avait exprimés ici et avec ce public. J’ai suscité des réactions, des compléments, des retours vers moi qui vont me servir.

     

    Maintenant je sais : c’est ma propre main qui lance l’avion.

     

    Si je continue à gonfler, je sens que je suis capable d’inventer l’avion, un autre, plus grand et plus beau. Chiche !

     

    Et si je me gonfle/dégonfle encore, je reviens au bateau sur lequel je naviguais mercredi et jeudi. Un trimaran de course. Je suis très heureux de cette expérience. Première navigation sur un tel engin à cette vitesse, la nuit, au près, dans le dur clapot à 68 ans, il faut le faire ! Mais je ne recommencerai sans doute pas. Je touche à mes limites physiques. J’ai vu la vieillesse de mes os, de mes muscles et de mes vertèbres. J’ai été malade et j’ai eu froid comme jamais.

     

    Ou alors il y a longtemps.

     

    J’ai écrit je ne recommencerai sans doute pas. Hier je pensais la même chose avec une nuance : il n’y avait pas sans doute.

     

     

     

     

     

    Stéphanie

     

    Je neige et je porte. Je suis la reine des neiges qui emporte toutes vos peines. Bleue est ma couleur. Bleu d'or et d'azur, telle est ma parure. J'ai chevauché à travers les glaces, affrontant bien des périls, telle une amazone à la ceinture limpide. La banquise est mon écrin. J'y ai grandi, pareille à un diamant brut qui fait peur à ses ennemis. Je combats aux côtés des plus farouches guerriers; le vent chuchote à mes oreilles les stratégies les plus fines, qu'il ne délivre qu'à moi seule et je pourfends mes ennemis d'un seul regard. Je suis la guerrière des neiges au regard de braise. Mon cœur est du cristal le plus pur et la douceur de mes cuisses est inégalée. Je sais des caresses jamais inventées auparavant, qui terrassent mon ennemi comme nulle autre arme ne pourrait le faire. Je suis la guerrière de l'amour, Epona en personne, qui confond ses ennemis en les aimant. Je suis la dépositaire jalouse de ce secret millénaire. Je suis une amoureuse impétueuse, comme nulle ne l'a été avant moi. Mais gare à mon courroux, plus terrifiant que la foudre, s'il on faillit à sa parole à mon égard.

     



     

  • Je suis Matrice-Mandala, Ophélie, Genève

    Je suis Matrice-Mandala

     

    Je suis secret,

    Porteuse de miracle dans mon ventre chaud…

    J’entre dans mon sanctuaire.

    Déesse rose,

    Chant de l’oiseau,

    Louange à la création.

     

    Je suis la coupe dans laquelle la vie vient se lover.

    Matrice-mandala, j’accueille les couleurs d’un nouvel être.

     

    Murmure des anges.

    Je suis rosace éternelle à travers laquelle

    Se déroule le fil de la lignée.

    Je suis Fleur de Vie, rondeur parfaite,

    Plus forte que la pierre,

    Délicate pâquerette,

    Chair tendre,

    Souffle de l’Esprit,

    Je suis espoir de l’humanité

    Qui emboîte un nouveau cycle.

     

    Je suis émerveillement,

    Gratitude,

    Pincement incrédule à toucher du doigt le noyau du mystère.

    Puissance de la naissance,

    Banalité miraculeuse,

    Je suis déluge gargouillant sur mes habitudes,

    Flot de nouvelles émotions,

    Qui débusque les peurs tapies et les coins d’ombres,

    Qui nettoie, purifie, fait place nette.

     

    Lâcher-prise.

    Il n’y a rien à faire, 9 mois, 9 lunes,

    A cultiver la lumière de mes pensées,

    L’Amour de mes paroles,

    La perception de la beauté par tous mes pores.

    Je fais grandir mon empathie avec le Vivant,

    Et Dieu pourvoit au reste.

     

     

     

    Inspiration : Grossesse, poème écrit à l’Eglise de Saint-Père – mai 2012


    Berceau de chair

     

    Je suis planète ronde,

    Berceau de chair qui devient lune.

    Je suis réceptacle d’un ange,

    Tendresse puissante,

    Enigme d’un nouveau terrien,

    Qui a élu cocon en mon sein.

    Je suis colline douce qui enfle et gonfle.

    Je suis chaque jour un nouveau paysage.

    Je suis sursaut à sentir mon habitant intime

    Magma tendre qui fait trembler mon écorce.

    Sourire complice,

    Je suis transformation maternelle,

    Héritière de toutes les femmes depuis le fond des âges.

    Je suis calice de la promesse divine,

    J’enfante un nouveau monde.

    Instrument de musique de la Vie,

    Je suis curiosité amusée,

    J’attends la symphonie qui m’est confiée.

     

     

    Inspiration : grossesse – atelier autolouange avec marguerite fin août 2012
    Ma petite danseuse aquatique

     

    Je suis vagues de tendresse,

    Sac et ressac qui murmurent la nuit tombée.

    Ondulation de sirène,

    Ma petite danseuse aquatique

    Tourne sur elle-même,

    Rayonne comme un soleil marin,

    Etoile de mer qui étend ses bras en tout sens

    Et chatouille ma plage rebondie,

    M’arrachant un gloussement en sourire.

    Mon ventre colline est dune sous le vent,

    Redessiné par un souffle rond et joueur

    Qui soulève du dedans,

    Caresse puissamment,

    Pétrit et gonfle ma pâte levée

    Puis s’évanouit…

     

     

    Inspiration : ton mouvement en mon ventre
    Septembre 2012


    Marmite de la création

     

    Invisible dans ma cachette secrète,

    J’attends bien au chaud l’heure de mon entrée dans le monde.

    Insondable mystère,

    Protégé de mille couches moelleuses,

    J’exhale ma présence,

    Je diffuse le goût du paradis,

    J’émane de la marmite de la création.

     

    Mon monde est celui du sous terrain,

    Au fond de ma grotte, point de lumière…

    Que l’obscurité profonde dans laquelle se tricote le miracle.

    Je suis néant de couleur plein comme un œuf.

    Abreuvée de sang, gorgée d’Amour,

    Je suis intuition solaire,

    Lumineuse empreinte d’aile céleste.

     

    Je suis brèche dans laquelle surgit le sacré.

    Je suis l’Unité originelle,

    Qui accepte l’expérience de la dualité.

    Regard des profondeurs,

    Je sens au-delà du visible.

    Ma fenêtre donne sur l’intérieur des choses.

     

    J’attends patiemment la pleine lune

    Pour parfaire mon habit de chair et de lumière,

    Et entrer dans ma plus vaste maison.

     

     

    Inspiration : Grossesse, tableau caché progressivement découvert
    mai 2012



    Sésame

     

     

    Je suis lumière qui jaillit du Néant.

    Je suis mouvement de vie,

    Spirale du temps,

    Vortex matriciel.

     

    Je suis plaisir de l’incarnation

    Volupté de corps dansant en devenir,

    Enchantement de la forme.

     

    Je suis cathédrale de chair et de peau,

    Chantier fourmilière

    Où chaque cellule trouve sa place

    Accomplissement d’un plan mystérieux

    Qui remonte à la nuit des temps.

     

    Je suis recette unique et universelle

    Mijotant dans le nectar amoureux

    D’un chaudron tendre et élastique.

     

    Expansion exponentielle,

    Mon cœur graine de pavot est devenu sésame

    Qui ouvre toute les portes.

     

    Inspiration : Carte postale de danseuse – Grossesse
    mai 2012

     

     


    Silence empli de mille bruissements

     

    Je suis forêt luxuriante et dense,

    Silence empli de mille bruissements,

    Epaisseur bourdonnante,

    Je plonge dans mon sous-bois

    Je tourne l’oreille vers le dedans, pavillon inversé

    Pour sentir la mécanique divine à l’œuvre.

    Rencontre de la présence en mon centre,

    Invitation tendre,

    Ballet de mains offertes.

    Une bulle remonte des profondeurs

    Et vient se lover dans nos paumes.

    Etonnement.

    Je suis l’inconnu familier,

    Qui frappe doucement pour qu’on se tourne vers lui.

    Temps dilaté, perception étirée,

    J’invite à suspendre le cours du faire,

    Ecouter, être présent, remercier…

    Du souffle divin qui emplit mes poumons,

    De ma matrice élastique gardienne de vie,

    De l’amour qui baigne mon ventre,

    Du réconfort, là, au creux de moi.

    Disponible et généreux.

     

    Inspiration : carte postale forêt amazonienne de Guyane
    juillet 2012


    Soie fraîche

     

     

    Je suis la Chercheuse, qui tâtonne et avance sans relâche,

    Ma quête est l’harmonie,

    Mon désir le plus profond est le partage,

    Ma joie est de toucher au mystère de la Vie.

    Je suis mandala qui part d’un point minuscule,

    De mon centre graine de moutarde,

    Pour rayonner en mille directions.

    J’éclos de pétales multicolores,

    Je suis épanouissement gracile d’une fleur,

    Je porte en mon centre un nouveau bourgeon.

    Je suis la purificatrice,

    Je fais ménage en ma chaumière,

    Et chasse à coups de balais la peur,

    La douleur, la rancœur…

    Je fais place nette, cocon douillet, soie fraîche

    Pour accueillir un petit ange

    Dans un berceau d’amour étincelant.

     

     

     

    - Atelier autolouange avec équipe Voix Libres Genève -
    septembre 2012

     

     

  • Autolouange des p'tits philosophes, Bretagne juin 2013

     

    Je suis comme la joie du ciel quand il éclate de bonheur

    Je suis comme un mouton qui se roule dans l’herbe joyeusement.

     

     

     

    Je suis le vent, rapide, fort et puissant. Rien ne pourrait m’arrêter, ne m’arrêtera de souffler.

     

     

     

    Je suis content comme un oiseau qui chante joyeusement dans un arbre. Je suis grand et robuste comme un montagne, et si sûr de moi.

     

     

     

    Je suis une ombre dans le soleil de la joie, une étoile dans le gouffre de la tristesse, je suis un océan dans le désert des larmes.

     

     

     

    Je suis le soleil de la terre, qui étincelle sa bonté autour de soi.

     

    Je suis les racines d’un arbre qu’on n’influence pas.

     

     

     

    Je suis le Dieu de tout, en l’intérieur je suis composé d’or, de rubis, d’émeraudes, de saphirs et de diamants. Mon cœur est celui d’une panthère : énervé quand je le veux, gentil avec ma tribu, mes amis et créatif. Le sang se propage partout dans mon corps. Mes muscles sont ceux d’un gorille et mon cerveau celui d’un humain.

     

    En fait ma vie est comme une pomme-de-terre : je nais, je germe et je meurs, en me faisant transformer comme une frite, sautée comme une pomme-de-terre dans une poêle.

     

    Mais ma vie ne s’arrête pas là, il faudrait une éternité pour la raconter.

     

     

     

    Je suis le nénuphar de la sérénité.

     

     

     

    Je suis le bonheur mêlé à la joie de vivre.

     

    Je suis la terre entière en fête.

     

    Je suis le soleil couchant, une fois en joie, une fois en peur, comme le jour et la nuit.

     

    Je suis l’écorce d’un arbre, j’ai des liens puissants avec l’arbre.

     

    Je suis la paume de la main, blanche comme de la neige éternelle.

     

     

     

    Je suis la sagesse, la vie et la mort, l’amour d’une mère pour son petit, sa création, son seul espoir.

     

    Je suis la gentillesse qui par un coup de langue redonne le sourire à la jeune frimousse triste.

     

    Grâce à moi, plus une larme ne coulera sur la terre, sur l’univers. Les torrents se transformeront en calme ruisseau et les tempêtes en une calme vague apaisée.

     

     

     

    Je suis la calme félicité observant avec satisfaction un monde soumis

     

    Je suis la fierté resplendissante dont l’éclat est plus fort que celui du soleil

     

    Je suis la félinité dans toute sa puissance

     

    Je suis la béatitude toute puissante, resplendissant aux quatre coins du monde

     

    Je suis la gratitude infinie

     

    Je suis la gentillesse irrésistible.

     

     

     

    Je suis la mer à perte de vue

     

    L’étendue transparente et profonde qui n’a de fin que l’horizon.

     

    Mes couleurs changeantes caressées par les éléments extérieurs chatoient de beauté.

     

    Je réjouis les cœurs, j’abrite une vie foisonnante dans mes profondeurs riches et mystérieuses.

     

     

     

    Je suis le navire qui trace la voie

     

    Je suis le sillon de la mer, l’écume joyeuse et pétillante

     

    Je suis le cap et l’horizon

     

    Les abysses de la mer et le bleu du ciel

     

    Je suis dedans et dehors

     

    Tourbillon enchanté, vent, soleil, insouciance et immensité

     

    Je suis le soc qui laboure

     

    J’éveille la terre à ses profondeurs et à sa fertilité

     

    Je suis le chemin, le passage, la voie

     

    Je suis le sillon de la vie.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Je suis vent chaud - Simon, Paris

    je suis vent chaud, une nouveauté en Bretagne, je fais ronronner les cœurs, je suis note impertinente, je mords les oreilles, je sonne la fin de la sieste, je déboule avec mon crescendo de promesses, je fous la tragédie dehors et j'entonne d'un air gaillard: "le salut est arrivé, l'air de rien, tsoin tsoin !!"

    je suis une super cagnotte déguisée en farce, mes trésors sont pour ceux qui osent rire.

     

     

    Guervoeur, Bretagne mai 2013

  • Je suis gigantesque - Simon, Paris

    Je suis gigantesque, encore anonyme, mon cœur est énorme, il porte jusque sur mon visage, sur mes épaules et sur mon dos.

    Je suis cargo de charbons ardents. Je gronde et l'hiver s'enfuit, j'inspire, les cieux s'embrasent, j'expire, tout mon pays prend feu.

    Je suis rugissement formidable, totem incandescent, Thanatos et Héphaïstos soutiennent mes reins. J'élève ma voix météorite, je pénètre tous les espaces et je les féconde.

    Je suis Orphée relevé, mon chant résonne dans la cathédrale céleste.

    Je suis hululement féroce et joyeux, mes lèvres ont tout embrassé. Je suis grand rire de la vie pleine, tambour victorieux, montée de sève irréductible.

     

     

    Guervoeur (Bretagne), mai 2013

  • Je suis intrépide - Brigitte, Bretagne

    Je suis intrépide baigneuse, je cours dans les vagues pour dominer les dents de froidure aux mollets et la morsure au ventre.

    Hardie grand-mère, j’emporte ma petite fille et son rire qui s’enroule à mon cou là où elle n’a pas pied

    Je suis la délicieuse fraîcheur, je caresse ma peau quand je nage

    Je restaure la beauté de mon corps illuminé par le soleil au sortir du bain

    Je suis soleil, je chauffe ma peau,

    Je suis ombre bienvenue, j’abrite de la brûlure

    Je suis sel sur ma peau séchée

    Je suis douche bienfaisante sur mon corps apaisé

    Je suis moi, habillée et parée,

    Belle pour rencontrer ceux et celles qui me voient.

     

    mai 2013

     

     

  • Je suis abeille chargée - Brigitte, Bretagne'

    Je suis abeille chargée déjà de pollen et je poursuis, sur un pied de bourrache, ma quête, ma récolte, de fleur bleue en fleur bleue. Je ferai mon miel de toutes ces richesses que me donnent toutes ces fleurs. Je réalise parfaitement ma tâche, récolter, cueillir le pollen ; j’en suis lourde, je retarde le moment où je vais retourner à la ruche pour me charger encore davantage.

    Je ferai le meilleur miel

    Je sais, je peux, aujourd’hui, faire le meilleur miel.

    Je suis la butineuse de génie, je saisis les meilleurs pollens que le hasard me propose.

    En équilibre balancé, je m’accroche aux nectars que je pompe, secouée par le vent, mais je récolte et j’engrange méthodiquement.

    Je suis solide et énergique, je suis tenace et fidèle.

    Je suis jardin fertile. Je reçois le soleil et la pluie avec délice. Je produis.

    Je suis chant de l’oiseau

    Je chante chant de l’oiseau

    Je vibre mon chant, j’emplis l’air de mon chant,

    Je suis perfection de la fleur de pissenlit à l’intérieur de moi, je suis harmonie.

     

     

    Mai 2013

     

  • Je suis chaleur du soleil - Patricia

     

     

    Je suis chaleur du soleil qui réchauffe les corps et les cœurs, je suis douce caresse du vent sur tes joues, je suis baiser de la nature toute entière, explosion de formes et multitude de couleurs, luxuriance de parfums enivrants, tels les plus fins des nectars.

    Je suis fleur qui tombe de son arbre, qui sait mourir, qui sait nourrir pour mieux renaître.

    Je suis herbe folle indomptable qui danse avec le vent.

    Exotisme de l'apparente banalité, je fais naître l'invisible et le sublime, telle cette fleur de pissenlit que l'on dit fanée alors qu'elle s’appète à essaimer sous les yeux aveugle, des myriades de graines volantes semblables à des plumes d'anges s'élevant dans le bleu du ciel.

    Je suis terre naissante et renaissante, source de vie.

    Je suis papillon jaune qui vous rappelle la légèreté de l'âme, je suis souche racornie et noircie par le feu qui purifie l 'âme, je suis insecte suspendu dans l'air et qui reprend sa course folle.

    Je suis échelle contre ce mur qui mène au figuier. Je suis figuier aux branches magnifiquement tortueuses qui élance ses multiples bras vers le ciel comme pour mieux l'embrasser, celui qui relie les hommes aux dieux, la terre au ciel.

    Je suis l'autre en toi qui te dit son amour.

  • Je suis pèlerin du Fémlinin - Gersende, Bretagne

    Je suis pèlerin du Féminin

    Je suis route et je suis bâton, pas et horizon

    Je suis chercheuse d’or et lumière

    Je suis quête et Absolu

    Brise légère et tempête

    Je suis Diane et je suis Arc

    Biche transpercée et forêt luxuriante

    Je suis coupe et ambroisie, lettre et icône

    Je suis pèlerin du Féminin

    Toujours en chemin.

     

    avril 2013

  • Je suis son, vibration et louange - Gersende, Bretagne

    Je suis son, vibration et louange ruisselant en perles bienfaisantes

    Je suis le son et l’archet, la voix et le silence

    Je suis instrument de résonnance et mes cordes font vibrer celles des autres

    Je suis le vrombissement de l’abeille, le chant d’amour du merle, le murmure des confidences

    Je nais, je frémis et j’éclate en ondes rituelles, et mon mouvement est perpétuel

    Je nais, je frémis et j’éclate

    Je meurs et deviens humus, humus fertile engendrant le germe

    Je nais, je frémis et j’éclate

    Je me répands en bulles diaphanes

    Je suis l’onde qui traverse, jaillit, bénit

    Je suis en moi et je suis en vous

    Je suis Je et je suis Nous

    Je suis ici et là, maintenant et ailleurs

    Les repères s’effacent, le temps et l’espace fléchissent

    Et courbent l’échine humblement

    Ils tiennent tous deux dans la paume de ma main

    Je les offre au ciel en les remerciant

     

    avril 2013

     

  • Je suis soleil ardent - Gersende, Bretagne

    Je suis soleil ardent, rayon nucléaire, pierre en fusion

    Je suis caresse et je suis brûlure

    Sans moi : la mort ; trop de moi : la mort

    Je suis l’énergie vitale dont nul ne peut se passer.

    Je suis astre de feu, boule incandescente, territoire impénétrable

    Père du monde et origine de toute légende

    Je donne et je reprends quand bon me semble

    Nul ne saurait franchir mes limites, ni m’imposer sa loi.

    Je brûle les ailes des intrépides et la peau des hommes nus

    Ma colère : magma en éruption

    Mon courroux est insoutenable

    Mais tout en moi brûle du désir infini de ma création

    Alchimiste par nature, je change le plomb en or

    Et les larmes en perles fertiles

    Je suis miséricorde, patience et bonté

    Je suis chaleur, douceur, langueur

    Allégresse de l’enfant, éclat de vitrail, mystère insondable de l’arc-en-ciel

    La terre est ma bien-aimée

    Mon amante aux effluves célestes

    Je la désire et la bénit, je la séduis et l’ensemence

    Je veille jalousement à l’éclosion de chacune de ses promesses

    Comment pourrait-elle oublier notre alliance originelle ?

    Au plus profond de ses entrailles,

    Gît mon noyau divin fondateur

     

    avril 2013

     

  • Je suis porte, voûte, passage - Gersende, Bretagne

    Je suis porte, voûte, passage

    Je suis lien entre l’ici et l’ailleurs

    Colonne reliant les racines et le ciel

    Je suis pierre dans ma force et ma volonté

    Je suis pierre dans mon silence et mon écoute

    Je suis pierre dans mon désir de fondation et d’élévation

    Je suis pierre prêtant mes angles et mes arrêtes saillantes

    Je suis pierre et participe à la clé de voûte de l’advenir

    Je suis solide et immuable, rassurante et rassembleuse

     

    Je suis porte, voûte, passage

    La dalle sur la laquelle poser ses pas en confiance

    Je suis le gué de la rivière

    Les murs qui contiennent et rassurent

    Je suis l’élément originel séparant l’humide et le sec

    Je suis lave, pierre en fusion

    Mère du phœnix et de la salamandre

    Je suis granit, cristal et diamant

    Je viens de la nuit des temps

    Je suis voûte céleste et poussière d’étoiles

    Je suis soc de l’alpha et de l’oméga

    Je suis porte, voûte, passage…

     

     

    avril 2013

  • Je suis reine stérile - Agnès, Namur

    Je suis reine stérile d’un peuple qui cherche Dieu.

    Je suis Sara qui, pour l’amour d’Abram sourit à cet enfant que d’autre lui ont fait.

    Tente dressée au milieu du désert, j’accueille la promesse d’une autre destinée…

    Ruban léger, je flotte doucement sur le front du héros que les lauriers honorent.

    Quand l’arène se tait, le vent chante à d’autres lieux le bonheur débordant de mon cœur ennoblit.

    Cerf-volant dans la cour impériale, je guide vers le ciel les rires d’âmes pures qui découvrent la vie.

    Papillon en tempête, hirondelle de Babel, protégée par l’Olympe, je déroute la peur.

    J’allume des bûchers en plein cœur de l’orage :

    Citadelle endeuillée, épargnée par la foudre, je reste fière et forte.

    Le magma sous mes pieds roule et gronde :

    Je suis volcan en veille qui fertilise ou brûle.

    Je suis la liberté des chemins de ma vie,

    Je conte les histoires de plus vieux, de plus sages,

    Pour que nul ne se perde s’il a croisé ma route…

    Parce que je sais la mort et la dévastation, je sais aussi la vie et ses mille promesses.

     

    28 avril 2013

  • Je suis papillon - Ysia, Paris

    Je suis papillon.

    Mon seul devoir, maintenant que j’ai mené à bien ma transformation, est d’ouvrir mes ailes multicolores pour embellir la vie, et je suis urgence de ma tâche dans l’accomplissement de mon existence éphémère.

    Je suis grenade, fruit de la vie.

    Dans ma maturité manifeste, j’éclate mes milliers de grains d’amour rouges et sucrés à souhait.

    Je suis tous les matins du monde, chaque jour différent, chaque jour nouveau, accueillant tous les levers de mon soleil pour éclairer le monde.

    Je suis vent, tantôt fort, tantôt doux, j’emporte autant que je peux poussières entassées, stagnantes humidités, renfermés, et tous les nuages qui cachent la lumière.

    Je suis l’aventura, je me chante à tue-tête et me retrouve dans le cœur.

    Je suis aventure de vie chaque matin invécue comme au premier jour, nouveau départ à créer encore et encore.

    Je suis baguette de fée et Merlin, j’invente de nouvelles alchimies pour un nouveau monde.

    Je suis courage : je vais au charbon car dans le noir est cachée la lumière.

    Je suis bois précieux, loupe d’essence rare, façonné et poli en boîtier, étui, mon fermoir artistiquement orné, ciselé d’or, garde bien à l’abri les pépites et les perles de mon âme, le trésor que je suis.

    Je suis amour de mes grains de grenade, mes mille couleurs papillonnent au vent de ce matin du monde, tentant l’aventure alchimique d’un courageux Merlin des temps nouveaux, car amour, je suis plus fort que la mort, même caché, même rangé dans mon coffret de bois précieux, je rayonne ma puissance de joie avec bonheur.

     

     

    Ysia à Profondeville, 21 avril 2013

  • A la fois pudique - Ysia, Paris

     

    A la fois pudique, offrant mon regard outré à la vue de l’intimité exposée, et outrancière en m’exposant en vitrine, je suis œuvre d’Art, sublimation du féminin dans ce qu’il a de plus secret, et je suis cadre précieux pour le mettre en valeur, car les secrets n’ont plus leur place : je les dévoile au grand jour.

     

     

    Je suis femme assise, penchée et concentrée sur mon geste, mon acte, car je mets le doigt sur l’immaculé, auquel j’ai maintenant accès.

    Je suis vague de blancheur qui vient jusqu’à mes pieds pour les baigner, les laver de toute la poussière de mon chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui.

    Je suis nuit noire dont ma vague de blancheur révèle ma vraie couleur : bleu céleste.

     

     

    Je suis douceur infinie de ma blancheur dont ma vague m’a recouvert au centre de mon ombre épousée : je suis yin et yang, équilibre, je rayonne sans fin dans mon jardin intérieur, je suis Eden bleu, j’abrite tous les oiseaux de paradis.

    Je suis agneau joyeux, d’un signe de tête je vous invite à me suivre, je vais vous le faire visiter.

     

     

     

    Ysia, Profondeville, 20 avril

     

     

         

     

  • Je suis luttes et périls - Nathalie, Bruxelles

     

    Je suis luttes et périls,

    Face au noir je suis rouge.

    Je suis force et esquive,

    Frappe immédiate, instantanée, vigoureuse.

     

    Je suis la danse de la vie avec la mort,

    De l’homme avec la bête,

    Du feu avec la terre.

     

    Je suis bête noire, violente,

    Rageuse et intrépide.

    Je suis l’homme au courage exemplaire,

    Dans les pires dangers je fais face et j’y crois

    Car la bête vit en moi.

     

    Pour la vie, je suis armé.

    A la mort, je suis préparé.

     

    Dans l’arène je ne suis pas seul,

    Nous ne sommes pas deux,

    Mille visages, mille voix m’accompagnent.

    Tout vibre.

     

    Ma vie est une cavalcade effrénée,

    Jamais le danger ne s’absente.

    Je suis la vibration terrifiante,

    Le souffle vengeur,

    L’épée qui rompt la violence,

    Sous mes pieds le sol tremble.

     

    Des yeux terribles me regardent,

    Des cornes acérées me menacent,

    J’affronte.

    La promptitude est mon salut,

    L’éveil ma seule chance de survie.

     

     

    Profondeville, 28 avril

  • J'habite dans le ciel clair - Nathalie, Bruxelles

    J’habite dans le ciel clair,

    Sereine sur ma planète.

    Longtemps j’ai ramoné mes volcans intérieurs

    Et leurs cratères crachent encore de noires fumées.

     

    Ronde est ma vie,

    Rondeur où germent des fleurs.

    Brise qui soulève de l’or,

    Je suis voile de lumière flottant dans le vent des plaines.

     

    Mon astre est lointain, je tourne dans des horizons purs.

    Ma sphère est une oreille qui capte l’au-delà des silences.

     

    Mon jardin est autour d’un arbre  au tronc puissant,

    Puissance si grande qu’elle en est effrayante.

    Je sens monter en moi une sève à la poussée irrésistible.

     

    Mon univers est constellé de lueurs douces,

    Il est en moi, je tombe en lui.

    Qui est dedans ?

    Qui est dehors ?

     

    Je flotte entre ombre et mystère.

    Quelle est cette symphonie ?

    D’où vient-elle ?

     

    Je suis l’oreille où bruissent les étoiles,

    Le réceptacle où prend forme le monde,

    J’accueille l’invraisemblable,

    En moi tournoie la luminescence obscure du temps.

     

     

    Profondeville, 28 avril 2013

     

     

  • Je suis l'instant - Nathalie, Bruxelles

    Je suis l’instant où la dureté se brise,

    Chute colorée,

    Cahot provisoire,

    Division momentanée.

    Je suis certitudes  en rupture,

    Noir que le ciel visite,

    Vérités ébranlées.

     

    Des éboulements de ma vieille existence,

    J’émerge, seule avec ma peau,

    Seule dans ma peau.

     

    Je suis le centre de la danse,

    Tous mes horizons chantent

    Et le silence me répond.

     

    Je suis celle qui ose l’inespéré,

    Nue devant la vieillesse,

    Nue dans ma beauté,

    Je suis.

     

    J’ai tant d’audace que les cœurs assoupis sursautent,

    Tant de courage que des arcs-en ciel survolent le monde,

    J’ai tant de joie que la maladie s’évanouit

    Et tant de vie que la mort elle-même sourit.

     

     

    Profondeville, avril 2013

     

     

     

  • En extrrême symbiose - Bénédicte, Profondeville

     

     

    En extrème symbiose avec mon environnement, je suis pureté des formes, simplicité mise à nu

     

    Je suis splendeur chaleureuse dévoilée au coeur de l’arbre,

    pureté de la matière, candeur du regard et rondeur envellopante.

    Je suis canal, source intarrissable de vie,

    connectée à mes racines les plus profondes et

    porteuse d’une énergie débordante.

    Abri multiple, je porte à maturité tous mes projets.

     

    Je suis curiosité coquine,

    Regard nouveau, surpris, et émerveillé.

    Je suis explosion de joie intérieure, le temps d’un instant.

     

    Trois couleurs: Bleu

    Je suis diagonale en mouvement, éventail en deux teintes, densité saturée.

    Je suis couteaux acérés, lumière dans l’ombre, consistance et matière

     

    Je suis légèreté connectée à la solidité, enracinement aérien.

    Palette multiple de facettes vivantes, je suis nourriture et repos.

     

    Imbibée de lumière et de chaleur, je deviens densité éclairée.

    Je suis bonheur du moment présent, pleine conscience de l’instant.

     

    Flou et netteté en contraste, je suis regard rapide et distrait dans l’empressement.

    Devant l’inattendu, je deviens étonnement et pur plaisir savouré au plus profond de mon corps.

  • Autolouange pour les anniversés - Brigitte, Profondeville

    Autolouange pour les anniversées

     

    Pour Anne :

    Je suis en rondeur, bien dans mon corps

    Je tisse des liens de douceur

    En relief et en couleur

    Femme sacrée jouant avec l’obscur et le coloré

    Volupté et mystère sont en mon sein

    Jouissance et rigueur envers moi-même mon quotidien

    Je sais où je vais

    Mon chemin est tel un escalier dont on ne sait ni le commencement ni la fin

    Il est sur fond de lumière et ça, ça me fait du bien !

     

    Pour Nathalie :

    Je suis enjouée

    Sur fond noir et les oiseaux colorés

    Née de mon appétit de vie et de ma curiosité,

    Je suis interrogation perpétuelle

    Sentant le trou et l’appel vers l’essentiel.

    Je suis jeunesse et pureté.

    Je peux m’agiter et m’enfermer dans le centre de l’adversité.

    Je peux aussi regarder les oiseaux qui me guident vers le coloré.

    Suis-je séparée ou est-ce un tremplin dans lequel je peux me laisser aller ?

    Telle est la question qui m’est maintenant posée.

    Je suis multiple et en même temps tout est lié.

     

    Pour Brigitte :

    Je suis la photographe amusée

    De ses observations du spontané,

    Provocatrice de moments exaltés, j’aime faire sourire.

    Je suis ce regard décalé.

    Je suis l’œil de la légèreté, du jeu et de la beauté.

    Capturer un moment et le savourer,

    Moment où l’insolite flirte avec l’humour,

    Pour le bonheur et l’amour de l’humain.

    À quand le prochain ?

     

     

     

  • Je suis l'oeil circulant - Michèle, Paris

     

    Je suis l’œil circulant en coulée voluptueuse sur la soie des visages, attardé un instant sur l’hésitation du pas.

    Je suis l’éclat qui s’insère au cœur du tissage, entrelacée d’azur et d’ambre en boucles nacrées.

    Trace déterminée à marquer mon sillage, je fuse en bleu.

     

    Point à point, je suis ouvrage façonné au plus près de ma trame, avancée de perfection artisane, je suis bal ouvert aux chants du monde.

     

    J’endosse un a un tous les rôles, arlequine en négatif, je suis cousue de l’une, de l’autre, de celle qui s’expose, de celle qui sommeille, de celle qui, en écho, retient le fil du temps et je goûte ma déambulation dans le monde.

     

    Arbre de vie, je suis tresse d’amour, en délicatesse, à souffle suspendu, je suis l’infime caresse qui soulève l’entrée du jour.

     

    Je suis levée d’aurore au cœur de ceux que j’aime, mes sauts de novices sont éclosion de rires, mes gestes de savoir enlacent les essais qui bourgeonnent sous mes pas.

     

    Je suis semence, grain à grain.

     

    D’effusion de vie, en valse avec l’éternité, j’ourle mes œuvres du velouté de mon essence, le piquetement de ma danse sur le pavé signe mon nom.

    Je suis la marque du passage, en éclats d’or.

     

    Je suis l’alliance d’airain forgé au bleu du cœur.

     

    Tremblement du désir, assise du pouvoir, je suis dualité en corolle de granit, effleurée par le vagissement de l’éveil.

     

    Aguerrie aux chemins de traverse, je suis l’arpenteuse des voies nouvelles.

     

    Ma capuche en bannière, je chante mon avancée.

     

    Michèle à Profondeville, avril 2013

  • Pour toi - Nathalie, Profondeville

     

     

    Pour toi Brigitte

    Je dévisage le monde de mon regard franc.

    Je m’amuse de ses frivrolités et m’enivre de ses invitations à la fête.

    Mon rire déride les plus rabougris, que je tiens à l’œil. Mon charme coquin fait fondre leurs derniers barrages.

    Intuition féline, je m’adonne à l’alchimie des mots libérateurs.

    Je suis passeuse de rives.

     

    Pour toi Anne

    Je suis douceur de caresse peau dorée et duveteuse.

    Gourmande de parfums glacés et goûteuse de saveurs exotiques.

    J’ensorcèle l’amour dans ma chevelure retenue.

    Je suis révélation d’unions.

     

    Pour moi Nathalie

    Je suis l’élan de l’enfance. Du fond de mon jardin paradis, je me lance à la poursuite des Ibis et des Harfangs des Neiges. Les hautes herbes sont liannes, rivières débordantes et brouaha d’Amazonie. Arche de Noé, j’abrite en mon sein les êtres de la terre.

    Je suis défenseur du droit à la vie.

     

     

    Nathalie, Profondeville avril 2013

  • Je suis un coquillage - Ghislaine, Paris

    Je suis un coquillage qui attend là, tranquillement :

    Personne ne peut le prendre ; il n’est là que pour moi.

    Porteur d’années de patience créatrice d’une forme spiralée universelle,

    Les ans me décorent de plus en plus finement ;

    Ma forme est une mémoire qui advient à chaque instant.

    Rien ne peut me détruire : devenu fossile, j’ai traversé les ans.

    Je suis explicitation mythique,  Mahabarata à moi tout seul qui, telle la légende d’Arthur,

    Contient toute la représentation des mystères cellulaires les plus intimes,

    Histoire de mon incarnation cachée et révélée à la fois.

     

    Redoutable et tendre, je suis le tigre blanc de l’Hymalaya solitaire et puissant.

    Les rigueurs de l’hiver colorent ma robe de blanc et la chaleur de l’été de stries de camouflage :

    J’accepte tous les temps.

    Je suis l’île nue : sans un mot, la vie s’écoule dans une épuration exigée par le rien,

    Par l’essentiel d’un parfait dénuement d’où la beauté explose,

    Confiance absolue nécessaire car la vie est en jeu à chaque instant :

    Advienne que pourra : je m’y abandonne ;

    Peut-être apparaitront la douceur, les couleurs, l’inattendu du clown au milieu de tant de rigueur

    Pour fleurir en merveille et en profonde joie !

    Je suis grenade, fruit ou fleur, explosant de soleil, acmé de l’amour parfait au cœur de la chair

    Qui ne peut résister à la séparation et lui préfère la réunion dans la mort.

     

     

    Ghislaine à Profondeville, avril 2013

     

     

     

     

  • Agneau frisoté - Ghislaine, Paris

     

                                  

     

     

    Agneau trop frisoté pour être honnête,

    Je suis l’imaginaire espiègle qui fraie avec les oiseaux dans le brouhaha des feuilles-fleurs.

     

    Encore tout mouillé de l’eau de ma naissance, j’ai déjà su vous conquérir d’un regard de connivence :

     

    Je sais que face à tant de confiance en votre propre légèreté, vous ne pourrez résister à ma gaité.

     

    Les oiseaux se sont concertés pour brouiller toutes vos objections,

     

    Les « mais », les « si », les « pourquoi », les « comment »…

     

    Et si ce n’est pas assez, le vent bleu agitera de mille bruissements

     

    Les langues qui résistent à mon ravissement.

     

    Je suis la joie de vivre qui ne s ‘est pas laissée immolée sur les différents autels du « bien pensé ».

     

    Je suis même une splendide paire de fesses exposée en toute impunité

     

    Aux regards explosés de celles qui n’ont jamais eu assez de souplesse pour mirer leur propre postérieur

     

    Par peur d’un tour de rein ou d’un torticolis coupable… Je suis nue et sans ambages !

     

     

     

    Soulages, Soulages… quelle rigueur pour accéder au regard intérieur !...

     

    Mais la chair contient encore plus de mystère, même et peut-être surtout quand elle est exposée :

     

    Je suis la douceur de la vie, la rondeur du blanc nacré,

     

    L’invitation au toucher qui dans une présence extrême contacte jusqu’à l’os le cœur de l’incarnation

     

    Haptonomie féconde, délicieuse et redoutable, loin des regards sacrilèges d’une morale sans âme.

     

    Je suis simplicité et beauté des femmes qui laissent leur peau respirer,

     

    Quelque soient les regards cherchant à les déguiser de fantasmes stupides, par peur de les approcher :

     

    Pas besoin de les encadrer…

     

     

    Ghislaine à Profondeville, avril 2013