01/06/2016

Louange au monde - Annelle Girard

Je m'aime et j'ai foi en la beauté de ce monde.

Je suis ce monde, à genou mais debout, géant dressé devant le vide-abîme comme un dieu de l'Olympe.

Je suis Zaratoustra, Jéhovah, Christ, Bouddha et puis aussi Allah.

Je suis la force convergente de leur souffle créateur qui féconde le monde de son haleine chaude et fertile.

Je suis la genèse d'avant l'exil, je suis l'humanité encore enmatriciée, indivise de Celui qui l'a créée.

Je suis cette flamme à peine germinée, dans les profondeurs de la nuit noire et sanglante.

J'ondule et je louvoie, je serpente et me fraye un chemin de lueur vers l'autre et vers la vie.

J'empoigne au passage tous les derviches tourneurs de lumière, tous les illuminés de la terre, toutes les lucioles de l'humanité.

Je suis cathédrale solidaire, mains de Rodin enlacées, aux racines profondes, je lance ma supplique vers l'aurore boréale du solstice d'Amour.

Je suis la clameur des vivants, et des âmes montées en une seule colonne de lumière vers l'alpha où tout s'unit.

Je suis tambour rituel et chamanique, j'entends contre ma peau tendue et douce comme le sein d'une mère le pas de ceux qui sont en marche, vivants, et vibrant déjà de toutes béatitudes.

Je bats et invite à la danse, sacrée.

Je suis ce chant sacré qui s'élève et m'élève.

Je suis la plainte muée en cri de louve ou de lionne, en cri de majesté.

Je suis l'humanité insoumise et dressée comme un rempart d'amour contre la vague noire du mal.

Je suis marée puissante de la paix, gonflée de force, déchaînée, invincible.

Je suis houle d'amour, déferlement fracassant de toutes les tempêtes de l'amour depuis la nuit des temps.

Je suis amour de force 10, raz de marée d'amour déracinant le mal dans son déferlement de feu liquide.

Je suis le cœur blessé du monde. De ma plaie coule l'eau claire du renouveau.

Je suis les pleurs et les larmes de cristal qui lave l'humanité toute entière de ses blessures.

Je suis colombe de paix au cœur criblé d'épines, au cou perlé de sang. J'ensemence le monde de mes perles de sang : il y pousse des fleurs précieuses.

Je tisse pour le monde un bijou de rubis. Je couronne le monde de ce diadème et l'invite à monter sur son trône.

Je suis ce monde, je m'aime et j'ai foi en ma beauté, inaltérable, inaltérée.

12:06 Écrit par Marie Milis dans Autolouanges d'ici | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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