Autolouanges d'ici

  • Bruxelles, février 2018

  • Je suis vide, Véro

    je suis vide

    je suis nue

    je suis l'espace

    je suis projets en tout sens

    je suis triste en couleurs

    je peins la lumière

    je suis l'autre côté

    je suis cachée

    je suis mon atelier

    j'envie d'en vivre 

    je danse, je chante, j'écris 

    je suis l'espace

    j'arrange, je range, j'installe

    j'invite

    je suis ombre et lumière

    je trace

    je suis un regard lourd

    un espace vide

    je suis parée

    j'envoie la couleur

  • Je suis ruissellement d'étoiles, Sandra

    Je suis ruissellement d’étoiles, je couronne les nouveaux nés.

    La nudité est ma plus belle parure,

    Je suis l’élégance de la simplicité, je suis abondance dans la sobriété, je suis raffinement du sophistiqué.

    Mes larmes sont perles d’eau 

    Je suis rosée du matin, j’enjoue vos joues.

    Fée au tout possible, je suis mains créatrices de tous les demains,

    Je suis joie vivante, beauté sacrée, 

    Je suis monde en éclats de rires et d’humour.

    Reine de Sabah aux milles offrandes épicées, je suis Rose de Damas, nectar des saveurs.

    Hybride de l’amour, je crée des expressions de beauté.

    J’échappe à la mécanique de Chronos, je suis architecte de l’unité.

    Je suis grâce de l’énergie divine, j’enchante le monde, 

    Je suis beauté universelle.

  • J'encadre de mes bras, Sophie

    J'encadre de mes bras puissants la lumière de mon avenir

    je me laisse guider par mon cœur, corolle d'amour

    au centre de moi je transforme la noirceur en chemin de liberté

    je suis facilité déconcertante à cheminer en connexion avec l'univers

    sur ma route je dissous les obstacles, je suis ouverture à ma douceur infaillible

  • Je suis chêne, Didier

    Je suis chêne. J’ai des tonnes de baisers cachés sous mon écorce, des nuages de caresses peints par mes branches. La tendresse est mon quotidien, le calme ma routine. Je suis l’île où elles peuvent se reposer, terre ferme, cocon éternel. Je suis boussole, gouvernail, vent, bouée, phare. Je suis leur présent, leur passé, leur futur. Je suis ombre discrète, chuchotement, fantôme, spectre bienveillant. Je suis immortel, j’ai plusieurs vies. Je suis torrent, ruisseau, fleuve. Je suis pelote de laine, offrant ses files perdus dans le vêtement.

  • Je suis la paix qui frappe aux coeurs, Cécile

    Je suis la paix qui frappe aux cœurs,

    Fenêtre ouverte de leurs demeures.

    Je suis le calme d’un village, le square à peu de passage, un endroit large, un tournant blanc.

    Je suis le silence d’une vacance, la présence dans un quartier qui paraît déserté.

    Je suis la gardienne des lieux, sirène rousse bien protégée. Je veille sur le bien confié, en équilibre.

    Je suis l’accueillante libre, les bras ouverts à ce qui vibre, à qui réconforter, serveuse de café frais.

    Je suis l’araignée dans la cave, de mes pattes longues, je marche sur les vins stockés, sur le passé.

    Je suis conservatrice du meilleur, attentive à laisser mûrir les chais entreposés.

    Je suis Arachné et sa toile, dans des lieux insoupçonnés, je tisse…

    Je me glisse dans les interstices, je découvre les manigances.

    Je suis la ré pareuse des plaies urgentes, je pose sutures aux blessés, je d désinfecte les écorchés.

    Je suis la réveilleuse du Cœur, la veilleuse des jours de guerre, la cave-abri  pour jours de pluie.

    Je suis havre pour bombardés,

    Lieu secret où se cacher,

    Mes bras ouverts pour s’y lover.

    Je suis dans l’odeur du moisi, champignonnière pour aigris, veilleuse tardive,

    Désenvoûteuse de cauchemars d’Autre rive

     

    Je suis passeuse vers l’Autre Là,

    Entre Ciel et Terre tout bas.

    Je suis femme dans toutes mes splendeurs,

    De ma rousseur, je brûle réchauffe, dispose, caresse et ose….

    Je suis fée et sorcière ensemble,

    Je transcende les apparences, je me ressemble, me rassemble,

    Accoucheuse d’âmes et de leurs transes.

    Je suis Puissante, je suis flamme, je suis Femme !

     

  • Si Reine je suis, Cécile

    Si Reine je suis

     

    Je suis la sirène des mers profondes, plongeant dans le cœur du monde que l’eau inonde.

    Je suis belle, rebelle de Poséidon,

    La déesse à la queue longue, emportée par les flots bleus aux reflets argent de mes yeux.

    Je suis l’ondulante douceur, fluide amie, je glisse et luis.

    Je déclenche des Tsunamis sur les rives des gris pays.

    Dessous la vague, j’apparais,

    Écailles bleutées, déesse fluide.

    Je surfe sur les embruns.

    Je porte mes vagues à lame de fond, je les écrase sur la plage.

    De mouse blanche et abondante,

    Les larmes de mon tréfonds se brisent au rivage.

    Je suis sirène patiente,

    De mon isolement,

    Je fais danser l’océan,

    Bouger les fonds ;

    Je perturbe les voiliers sages, je fais voguer de grands voyages…

     

    Moi, en eaux troubles, sereine, je nage….

     

  • Si Reine je suis, Cécile

    Si Reine je suis

     

    Je suis la sirène des mers profondes, plongeant dans le cœur du monde que l’eau inonde.

    Je suis belle, rebelle de Poséidon,

    La déesse à la queue longue, emportée par les flots bleus aux reflets argent de mes yeux.

    Je suis l’ondulante douceur, fluide amie, je glisse et luis.

    Je déclenche des Tsunamis sur les rives des gris pays.

    Dessous la vague, j’apparais,

    Écailles bleutées, déesse fluide.

    Je surfe sur les embruns.

    Je porte mes vagues à lame de fond, je les écrase sur la plage.

    De mouse blanche et abondante,

    Les larmes de mon tréfonds se brisent au rivage.

    Je suis sirène patiente,

    De mon isolement,

    Je fais danser l’océan,

    Bouger les fonds ;

    Je perturbe les voiliers sages, je fais voguer de grands voyages…

     

    Moi, en eaux troubles, sereine, je nage….

     

  • Je suis la fille des fourneaux, Josiane Perramant

    Je suis la fille des fourneaux devenue femme de conscience au service des sens,

    Je suis cuisine des couleurs, et des saveurs les plus élaborées,

    Je suis gastronomie médiévale ici et maintenant,

    Je suis arboulastre aux herbes,

    Je suis herbes frites et purée de racines,

    Je suis banquet et festin divin,

    Je suis tout cela…

    J'invente,

    Je cherche,

    Je puise dans mon histoire et celle de l'humanité les richesses sur lesquelles bâtir à nouveau,

    Je suis invention, du jamais vu, du non connu,

    J'élabore inlassablement des mets d'une finesse rare et d'une saveur gustative inégalée,

    Je suis l'encyclopédie de la cuisine de A à Z, finement et délicieusement intégrée,

    Car oui, je donne naissance et vie à un art subtil au service des sens...

    Je suis mes mains malaxant, touchant, caressant de son épiderme chaque légume, chaque fruit pour que de cette rencontre naisse une recette nouvelle, plus riche, plus colorée, plus vivante, plus mélodieuse …

    Je suis communion extra sensorielle, inspirations colorées, communication subtile,

    Je suis le bonheur des papilles, et de tous les sens,

    Je suis Rollinger et ses épices en provenance de pays choisis, sélectionnés pour les histoires qu'elles racontent,

    Je suis les mots racontés, contés, chantés, dansés,

    Je réinvente ma langue maternelle,

    Je suis ma parole vivante et libre …

  • Amples mouvances, Marie Milis

    Amples mouvances

    Je suis l'ample mouvance de tonnes de souplesse,

    Chant qui monte des abîmes et remplit l'espace,

    licatesse d'un flottement de cargo

    Qu'effleure le bouillonnement de bulles et gouttelettes.

     

    Chaque cellule de ma peau est un sonar

    Qui vibre au rythme de l'univers.

    Chaque neurone de mon cerveau

    Capte l'universel du tout en tous lieux et en tout temps.

     

    Ma pensée englobe le monde

    Et couve nos devenirs d'une attention infinie.

    Mère, je protège aussi bien mon petit que

    Toutes les espaces de notre boule bleue.

     

    J'écoute la musique des astres

    Et révèle la quintessence de la générosité

    Surabondante, nourricière et primitive.

     

     

     

     

  • Autolouange Marie Milis

    Je suis voyage au long cours en terre des origines.

    J’ai posé mon sextant vers le pôle primitif et toujours j’avance.

    Avec mon cœur pour boussole et ma plume en gouvernail

    Je brise les glaces des impossibles fatidiques et poursuis l’exploration de ma naissance.

     

    En chaque île où je me pose, je pérégrine la parole à chaque étape du chapelet de ma destinée.

    Du Nord au Sud et d’Est en Ouest j’apporte l’évidence de la dignité fondatrice.

    En moi tous les paysages : je suis terre volcanique fumante et défi glaciaire,

    Forêts denses et plaines côtières lascives. En mon sein trônent les dieux que j’honore.

     

    Si vaste en on amplitude, indolente, je me laisse explorer sans urgence.

    J’ai dormi plus de vingt siècles. Aujourd’hui j’ébroue mon sommeil et révèle

    Maa puissance. Avec moi, c’est toute l’humanité que je réveille dans un regard neuf.

    Je suis karcher des vieilleries enkylosées, dogmes périmés.

     

    Je rénove l’art du dire en vérité, sans artifice, en pure simplicité.

    Jamais fardée, nullement masquée, mon élégance est spontanée.

    Je suis espièglerie en costume d’apparat, école de vie au plus près de l’enfance.

    Voilée d’arc-en-ciel, j’adoube ceux qui me découvrent. Je suis fontaine de jouvence.

  • Je suis l'archer - Jean-Pierre Atienza

    Je suis l'archer.
    Je ne suis ni l'arc avec sa force et son équilibre,
    ni la flèche, avec sa finesse, son acuité, sa vitesse.
    Je suis l'archer.
    Je prends, je pose, je tends, je vise et je lâche...
    Mon regard voit plus loin que l'arc, plus loin que le fer de ma flèche, 
    plus loin que l'espace et plus loin que la cible.
    Mes muscles tirent vers l'arrière une chose qui ira de l'avant...
    Elle croit que je la retiens, mais je la lâcherai et elle volera loin de moi, vite et libre.
    Je ne lui laisserai de moi que le souvenir de la brève étreinte de mes doigts, du repos impatient sur mon pouce
    et du souffle de ma respiration sur ses plumes.
    Je suis l'archer,
    celui qui reste quand le trait est libéré et se sauve.
    Un peu seul, un peu frustré de ne pas partager l'ivresse du vol.
    Mais heureux et fier d'être à l'origine de l'envol.
    Peu importe que la cible soit proche ou éloignée...
    Parfois je vois le trait toucher son centre, et c'est mon plaisir,
    parfois, je la rate, et c'est ma tristesse,
    parfois, ma flèche la traverse et va bien plus loin, et tous les possibles sont en vol,
    et c'est mon bonheur...
    Je suis l'archer,
    La vie m'apporte les flèches, 
    le temps est mon arc, mes yeux voient l'espace,
    mon souffle est la corde et mes mots sont la vibration...
    Je suis l'archer, 
    Je vise le lointain et atteins le futur.
     
     
     

  • Pascale M.

     

    «  Je suis l’escale bienvenue sur le fleuve de la vie

    J’accueille à bras ouverts les pèlerins de l’eau vive

    Je suis terre d’accueil et aire d’envol

    Hamac géant je recueille en mon sein les rêves les parfums les chagrins

    Je suis le canal de Panama- j’ouvre le passage des terres arides en terre promise

    Je suis passeuse de vie »

     

  • Autolouange d'Annelle à Léonard - Annelle Girard


    Je me pose dans la vie
    Je me pose dans la vie
    Je m'épouse dans la vie
    Je suis l'épouse épousée et posée
    Je suis l'épouse en majesté sur le trône sacré de mon être
    Je me pose, et tourne mon regard vers la clarté
    Je me pose dans la vie, dans le silence qui parle et qui murmure
    Je fais le mort, pour sentir mon germe de vie pénétrer la terre de mes désirs
    Je me pose en ces mains de sage-femme qui m'accueillent, paumes ouvertes, vers mon infinitude
    Je me pose, dans mon bassin, sacrum-sacré, où je suis un lac d'altitude, calme et sans ride
    où je suis réceptacle, coupe débordante d'humanité
    Je me pose dans la vie avec la gravité du grain semé en terre
    J'accepte de descendre dans les profondeurs de ma terre promise
    car en elle, je suis lumière et non ténèbre
    Je me pose dans la vie avec la légèreté de l'oiseau qui écrit dans le ciel des volutes d'amour,
    des trilles de vie et de louange
    Je me pose, mains jointes en cathédrale, car je m'élève et m'aligne au Divin
    Je suis vitrail
    Je suis photophore
    Je suis Théophore
    Je suis Épiphanie
    Je suis l'incandescence de ma divinité
    Je suis souffle
    Et je souffle
    vers le zénith d'un ciel
    Ouvert

    Soumont, 1er novembre 2015

     
  • Je suis l'aube de moi-même - Annelle Girard

    Je suis la lumière douce et dorée du miel

    Je luis dans les ténèbres d'asphalte, boueuses et poisseuses, de toutes les mémoires mortifères

    Mon cœur est un calice d'or en fusion

    Je m'y baigne et m'y ressource comme dans un élixir de paix mordorée et ambrée

    J'invite à m'y rejoindre les escaladeurs d'arc-en-ciel,

    les alpinistes de la légèreté bienfaisante et fertile

    Je suis ce grand visage flottant déjà au-dessus du Tout,

    longue large et lisse caresse

    Je suis l'étincelle du jour et son œil, toujours humide et bienveillant, berceau de l'humanité

    Je suis la cohorte glorieuse de ceux qui m'ont précédée

    Je suis ma vestale, je souffle sur le feu de vie qui m'anime

    j'invente une louange de flammes qui lèchent mes plaies et me guérissent

    Je suis flamme qui s'élève, je danse et chahute dans l'âtre de mon cœur

    Je crépite, et je saute de joie au cou de l'enfant que je suis

    je suis je(u) avec lui

    Je suis la lumière flamboyante qui éclôt du souci

    Je suis soleil en majesté couronné de lumière

    Je suis celle qui m'attend, amoureuse éperdue de moi-même

    Ma clarté féconde mon être tout entier et éclaire le monde

    Je suis ces mains douces et agiles qui viennent m'extraire à la noirceur et m'accouchent à la vie

    Je suis l'aube de moi-même

  • Louange au monde - Annelle Girard

    Je m'aime et j'ai foi en la beauté de ce monde.

    Je suis ce monde, à genou mais debout, géant dressé devant le vide-abîme comme un dieu de l'Olympe.

    Je suis Zaratoustra, Jéhovah, Christ, Bouddha et puis aussi Allah.

    Je suis la force convergente de leur souffle créateur qui féconde le monde de son haleine chaude et fertile.

    Je suis la genèse d'avant l'exil, je suis l'humanité encore enmatriciée, indivise de Celui qui l'a créée.

    Je suis cette flamme à peine germinée, dans les profondeurs de la nuit noire et sanglante.

    J'ondule et je louvoie, je serpente et me fraye un chemin de lueur vers l'autre et vers la vie.

    J'empoigne au passage tous les derviches tourneurs de lumière, tous les illuminés de la terre, toutes les lucioles de l'humanité.

    Je suis cathédrale solidaire, mains de Rodin enlacées, aux racines profondes, je lance ma supplique vers l'aurore boréale du solstice d'Amour.

    Je suis la clameur des vivants, et des âmes montées en une seule colonne de lumière vers l'alpha où tout s'unit.

    Je suis tambour rituel et chamanique, j'entends contre ma peau tendue et douce comme le sein d'une mère le pas de ceux qui sont en marche, vivants, et vibrant déjà de toutes béatitudes.

    Je bats et invite à la danse, sacrée.

    Je suis ce chant sacré qui s'élève et m'élève.

    Je suis la plainte muée en cri de louve ou de lionne, en cri de majesté.

    Je suis l'humanité insoumise et dressée comme un rempart d'amour contre la vague noire du mal.

    Je suis marée puissante de la paix, gonflée de force, déchaînée, invincible.

    Je suis houle d'amour, déferlement fracassant de toutes les tempêtes de l'amour depuis la nuit des temps.

    Je suis amour de force 10, raz de marée d'amour déracinant le mal dans son déferlement de feu liquide.

    Je suis le cœur blessé du monde. De ma plaie coule l'eau claire du renouveau.

    Je suis les pleurs et les larmes de cristal qui lave l'humanité toute entière de ses blessures.

    Je suis colombe de paix au cœur criblé d'épines, au cou perlé de sang. J'ensemence le monde de mes perles de sang : il y pousse des fleurs précieuses.

    Je tisse pour le monde un bijou de rubis. Je couronne le monde de ce diadème et l'invite à monter sur son trône.

    Je suis ce monde, je m'aime et j'ai foi en ma beauté, inaltérable, inaltérée.

  • Avec confiance je m'enfante - Annelle Girard

     

    De ma puissance créatrice sort une féminité douce et indomptée.

     

    Je suis mariage d'oxymores, en moi tous les contraires s'épousent et se fécondent.

     

    Je suis virginité ensemencée, tête et ventre, germe et matrice.

    Je suis madone à la feuille chlorophylle, poumon et cœur de la Création, je porte en moi l'humanité et je l'enfante.

     

    Je suis mariée au ventre rond comme la terre, je porte le monde avec humble fierté.

     

    Je suis métamorphose de l'âme, rigueur et rondeur, rectitude et abandon.

     

    Je suis la lumière, mon mental solaire éclaire l'obscurantisme d'un monde aveugle. 

    Je suis ange-réverbère tombé du ciel, tout autant que feuille virginale réceptacle du tout. Je suis apesanteur aux pieds sur terre.

     

    Je suis guérisseuse fertile, belle plante magique : qui me touche est touché!

     

    Je suis sagesse animale, sagesse ancestrale, fauve bienveillant docteur ès-vie.

    Je suis magicien de la vie, diplômé de l'Université de l'Adventus, j'ai le pouvoir de faire pousser avec détermination et certitude tout le féminin du monde.

     

    Je suis ce féminin, virginal et sacré.

    Je suis promesse d'alliance.

    Je suis ronde de moi.

    Avec confiance, je m'enfante.


     

     


  • La perle dans la boue - Annelle Girard


    Je suis.
    Je suis vague menaçante d'Hokusai, je déferle en houles brunes et mazoutées sur l'enfant chétive et maladive que j'étais, dans le ventre de ma mère, dans le ventre des mémoires mortifères et tueuses, dans le ventre des femmes dont la serrure forcée reste entrebâillée à jamais.
    Cette vague, je l'ai soumise, domptée : j'ai vaincu l'hydre monstrueuse du silence et de toutes le tortures.
    Je suis.
    Je suis la vague de l'âme qui gonfle à chacun de mes pas, je suis la vague bleue d'un ciel d'infinitude, je suis la vague gorgée d'invincibilité, ruisselant de tous les possibles.
    Je suis.
    Je suis la vague joueuse, je souffle le grand large, l'audace majestueuse, l'horizon à genou.
    Je suis la vague juteuse, je ruisselle en un suc, en un nectar glorieux qui désaltère l'humanité.
    Je suis.
    Je suis la vague-main de Dieu, en moi tout est contenu, en moi, tout est donné.
    Je suis la vague -main du Bouddha, protectrice et bénissante, je me penche sur mon berceau de nacre, je bénis qui je suis.
    Je suis le berceau de mon humanité, je suis l'alpha du premier cri, je suis la perle dans la boue.
    Je suis.

     

  • Je suis chant du silence - Annelle Girard

    Je suis rythme d'obliques noirs, tableau de Soulages, noir vibrant de lumière, 

    sillons profonds sur la chair de mon âme, scarifiée de lumière.

    Je suis candélabre alchimique, menorah tendant ses sept bras vers l'Immense.

    Je suis épure, je suis silence structuré. 

    Je suis colonnes de lumière, anges-candélabres.

    Je suis tabernacle qui m'attend à l'orient du chemin. Je suis quête du Graal.

    Je suis mandalas bouddhistes, épousailles du blanc et du noir en gris polyphoniques.

    Je suis rigueur, rectitude, écriture du soi en lignes droites et verticales.

    Je suis l'ombre dont vient la lumière. Je suis fenêtre sur les clartés de l'obscur, je suis rythme de troncs noirs effleurés d'un pinceau de lumière verticale.

    Je suis chemin vertical, ombre et lumière, doux soleil d'argile, matrice intemporelle.

    Je suis lune de bronze, sein de fleurs, incurvations noueuses.

    Je suis futaie vibrante, calice noir capturant les éclats lumineux.

    Je suis bois de cerf paraboles du ciel, odeurs fauves et musquées.

    Je suis graminées légères, perles de pluie et de soleil.

    Je suis apaisement, nuage cotonneux.

    Je suis eaux argentées, pépites d'or tournoyant à profusion.

    Je suis reflets, sources, montagnes et pyramides, calligraphie du dedans et du dehors, de l'obscur et de la clarté.

    Je suis sculpture de Brancusi, douceur du galet.

    Je suis noir et blanc, soleil terreux et lavis noir, je suis colonne de Buren.

    A la claire fontaine, il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai!

    Je suis reconnaissance, intériorité.

     

    Je suis chant du silence.

     

     

     

     .

  • Autolouange à l'autolouange - Annelle Girard

     

    L'autolouange, c'est une étoile céleste tombée en amour de mon cœur.

    Métamorphose, je suis cette métamorphose, fusion de l'éther, et de l'eau matricielle.

    Étoile du firmament, j'épouse les eaux primordiales où mon être a planté ses racines.

    Je deviens étoile de mer, ancrage dans la poche placentaire des origines du monde.

    Je suis ciel firmament et eau berceau de toute humanité.

    Je suis fil de lumière et fil d'Ariane, fil de cordeau de l'âme, qui plombée, lestée du grand Amour, explore enfin l'abysse du grand Alpha, juste au-dedans de moi.

    Je suis comète furtive qui illumine de sa fulminante trajectoire la grande nuit polaire des non-dits.

    Je suis à moi seule aurore boréale, je dévore la ténèbre qui soudain s'embrase, a l'infini des corps à cœurs.

    Je suis l'étoile du matin, je guide le pèlerin, je trace la voix lactée de tous les horizons possibles. Je m'élève en un souffle où l'origine liquide et fœtale de ma mémoire s'envole au firmament des rêves. 

    Je suis étoile émerveillée du tout qui est en moi. 

    Je suis la glorieuse étoile jaune, l'insigne d'une majesté où s'étreignent sans lutte l'humanité contraire enfin réconciliée. 

    Je suis l'étoile aux cinq points cardinaux, qui me prend en boussole chemine au cœur de l'être.

    Je suis l'étoile-âme anthropomorphique: de mes deux jambes, j'arpente les chemins sinueux qui mènent à qui je suis et m'attend. De mes deux bras ouverts, j'étreins la beauté des êtres et du monde, j'embrasse mon humanité. De ma tête haute, conquérante, j'ouvre un chemin vers le zénith où je suis couronnée.

     

    Annelle, autolouange à l'autolouange à partir de l'objet insolite.

    Lundi 16 mai 2016 après-midi.

     

     

    L'autolouange, c'est une étoile céleste tombée en amour de mon cœur.

    Métamorphose, je suis cette métamorphose, fusion de l'éther, et de l'eau matricielle.

    Étoile du firmament, j'épouse les eaux primordiales où mon être a planté ses racines.

    Je deviens étoile de mer, ancrage dans la poche placentaire des origines du monde.

    Je suis ciel firmament et eau berceau de toute humanité.

    Je suis fil de lumière et fil d'Ariane, fil de cordeau de l'âme, qui plombée, lestée du grand Amour, explore enfin l'abysse du grand Alpha, juste au-dedans de moi.

    Je suis comète furtive qui illumine de sa fulminante trajectoire la grande nuit polaire des non-dits.

    Je suis à moi seule aurore boréale, je dévore la ténèbre qui soudain s'embrase, a l'infini des corps à cœurs.

    Je suis l'étoile du matin, je guide le pèlerin, je trace la voix lactée de tous les horizons possibles. Je m'élève en un souffle où l'origine liquide et fœtale de ma mémoire s'envole au firmament des rêves. 

    Je suis étoile émerveillée du tout qui est en moi. 

    Je suis la glorieuse étoile jaune, l'insigne d'une majesté où s'étreignent sans lutte l'humanité contraire enfin réconciliée. 

    Je suis l'étoile aux cinq points cardinaux, qui me prend en boussole chemine au cœur de l'être.

    Je suis l'étoile-âme anthropomorphique: de mes deux jambes, j'arpente les chemins sinueux qui mènent à qui je suis et m'attend. De mes deux bras ouverts, j'étreins la beauté des êtres et du monde, j'embrasse mon humanité. De ma tête haute, conquérante, j'ouvre un chemin vers le zénith où je suis couronnée.

  • Autolouange à Saint-Didier - Annelle Girard

     

    Je suis l'isba joyeuse et rieuse, lovée au creux des bras d'eaux-vives, mes quatre habitants aux yeux d'azur sont lutins joyeux extracteurs de profondeur. 

    À ma croisée, se rencontrent tous les chemins de l'être. Je tisse entre eux une étoffe aux fils de soi.

    Je suis l'humble perdrix enfanteuse de lumière, la couveuse insensée de tous les avènements de l'âme nue et joyeuse. J'apporte à ceux que je porte une chaleur douce et constante, propice à l'éclosion de la singulière universalité qui les habite. J'accueille sous mon aile toutes les naissances de l'âme en un cri de joie!

    Je suis chants d'oiseaux messagers du cantique du soleil, cantique des cantiques, chant d'amour à l'amour.

    Je suis touffeur de plumes où se blottir est bon, terrier matriciel de la conscience.

    En mon architecture de pierres ancestrales humbles et sacrées, voûtes aux arcs boutants à la pointe des cœurs, je suis phare solide vers lequel convergent tous les navigateurs au long cours cherchant leur Atlantide, celle du dedans.

    Je suis jungle de soi dans laquelle on chemine, suivant le canal qui mène à la source.

    Je suis eaux insoumises charriant gaiement les scories du monde.

    Je suis alchimie de verts, bruissement vivant du souffle créateur.

    Je suis odeurs de feu, de bois et fumets des Dieux. De mon ventre-cuisine s'échappent des effluves de paradis...

    J'accueille avec une humble générosité tous les pèlerins cheminant vers le solstice d'été du monde, tous les nomades en quête de sens, tous les réfugiés renonçant aux régions mortiferes de la mémoire.

    Je suis le lieu où se détissent les robes de tristesse, où s'unissent et se tissent les habits de lumière des fiancées du Vivant.